‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 107 sur 336 · Hefelb-Leclercq, IV · texte numérisé non relu

Hefelb-Leclercq, IV

4 Ibid., 1268.

5. Le décret de Grégoire VII sur la vie canoniale a été publié par Dotn Germain MoRiN, Règlements inédits du pape Grégoire Vil pour les chanoines réguliers, dans la Bévue bénédictine, 1901, t. XVIII, p. 177-183. lise trouve reproduit dans Hefele- Lbclbrcq, t. V, p. 94-96. Ce décret, signalé par Montfaucon, dans sa Bibliotheca bibiiothecarum mss., comme une Régula canendi Gregorii papse, avait été considéré comme ayant pour objet une réforme du chant liturgique. La confusion venait de l'interprétation d'un mot abrégé, can, qu'on entendait du chant, et qui doit s'entendre des chanoines. On rattachait aussi ce décret à l'abrogation du rite mozarabique : c'était également à tort. M. Florjïz {Espana sagrada, 2« édit., in-80, Madrid, J754, t. III, p. 3o8-336) a raconté en détail l'histoire de l'abolition de ce rile par Grégoire VII et de son rétablissement au xve siècle. Il rapporte même l'histoire d'un curieux duel liturgique où l'on vit un chevalier de GastilJe et un chevalier de Tolède se battre en champ clos pour la liturgie romaine et la liturgie mozarabique {op. cit., p. 3ii). Cf. Duel judiciaire entre des communautés religieuses, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, i84o, t. I, p 552-564. Après des siècles de luttes et de péripéties diverses, la paix est faite aujourd'hui entre les deux liturgies. Celle de Rome est suivie généralement en Espagne, « mais la vieille liturgie mozarabique, celle qui avait consolé le peuple espagnol durant les longs jours de sa servitude, celle qui avait célébré sa renaissance à la liberté et chanté ses premières victoires, lait encore entendre, avec l'approbation du Saint-Siège, dans la cathédrale de Tolède, ses belles prières et ses antiques mélopées » :Delarc, saint Grégoire VJJ, l. 111. p. 94. Cf. Hbpblb-Lbclercq, V. 284.) « On admet sans difficulté, dit Mgf Duchesne, que la liturgie mozarabique est identique à celle que l'on suivait

L AFFRA^'CIIISSEMENt DE L EGLISE

Grégoire VII n'ignorait pas qu'aucune réforme profonde ne peut s'effectuer par de simples mesures législatives ; il comptait beaucoup, pour la réalisation de son œuvre, sur l'influence bienfaisante que répandaient autour d'eux les monastères bien réglés» en particulier sur l'influence du monastère de Cluny.

Sous le gouvernement de son sixième abbé, Hugues, l'illustre abbaye avait vu sa discipline s'affermir et son influence s'étendre. Les plus purs exemples de sainteté y fleurissaient ; les lettres y étaient cultivées avec éclat ; un art nouveau, baptisé par quelques historiens du nom d'art clunisien, embellissait ses cloîtres et ses églises ; de tous côtés, pauvres et riches, manants et seigneurs, venaient se ranger sous sa loi, les uns pour trouver l'apaisement de leur vie agitée, les autres pour lui demander le secret de s'élever plus haut dans la voie de la contemplation mystique.

Dix mille moines * y pratiquaient ces Coutumes clunisiennes, qui, recueillies en io85 par le moine Udalric ^, et réglant, pour chaque heure de la journée, la vie du religieux, ses prières, ses études, ses fonctions liturgiques, ses repas, son sommeil et ses récréations, trempaient les âmes, les habituaient à ne rien livrer au caprice, les formaient à la constance dans l'effort, et surtout les maintenaient dans une disposition de perpétuelle union à Dieu 2.

Autour de l'abbaye-mère, se groupaient une vingtaine de grandes abbayes. Moissac. Saint-Martial, Uzerches, Saint-Germain-d'Auxerre, Vézelay, Figeac, Montierneuf, Saint-Jean-d'Angély, Saint Berlin, Baume, étaient les principales d'entre elles. De ces abbayes, les unes étaient gouvernées par un abbé nommé directement par Cluny ou avec son assentiment ; d'autres élisaient sans contrôle un pro-abbé ; mais tous ces chefs de monastères, dans une mesure plus ou moins

Influence bienfaisante

des monastères.

Le monastère

de Cluny à l'avènement

de Grégoire Vil.

Les Coutumes clunisiennes.

Rayonnement

de l'influence

de Cluny.

dans le» églises de Gaule avant Charlemagne et à celle qui régnait dans les Iks Britanniques avant les missions romaines du vue siècle. » (Duchesne, les Origines du culte chrétien, a* édit., p. 83.)

Page 1