I . Ordéric Vitm., l. XI
a. P. L., k. GXLIX. p. 781 et s.
3. Voir un tableau résumé de la journée du moine à Cluny dans Ghénon, VOrdre de Cluny et la réforme de l'Eglise [la France chrétienne dans Vhisloire, un vol. in-i3, Paris, 1896, p. 193-197).
Hist. gén. de l'Eglise. — IV
la
La fédération clunisienne.
La pîété, la science et les arts à Cluny.
Grégoire VII
s'appuie
sur fabbaye
de Cluny
pour propager
la réforme.
l-yS HISTOIRE GiÉNÉRALE DE l' ÉGLISE
stricte, rendaient compte à Cluny de leur gestion. La plupart de ces maisons, vassales à Tégard de l'abbaye-mère, étaient suzeraines à leur tour par rapport à des groupes de prieurés. Sous le gouvernement de saint Hugues, qui marqua l'apogée de l'institution, cette vaste hiérarchie, doùt Cluny était le centre, compta plus de deux mille monastères, répartis dans toutes les provinces de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne, de l'Angleterre, de la Pologne; et il faut encore y joindre trois cent quatorze églises, collégiales ou monastères en rapport avec Cluny ^.
De cette puissante métropole, peuplée, vers la fin du xi^ siècle, de quatre cents religieux environ, une vie intense rayonnait. Saint Pierre Damien, le grand ascète, le redoutable adversaire de toutes les corruptions, appelle Cluny un paradis sur terre, le jardin des lis et des roses, l'arène des combats célestes, la moisson du ciel. Saint Grégoire VII, dans un concile romain de 1077, déclare qu'il n'y a pas, dans le monde entier, de monastère qui puisse rivaliser avec Cluny : tous ses abbés, dit-il, ont reçu les honneurs de la canonisation, et l'on ne connaît pas encore un seul de ses religieux qui ait fléchi le genou devant Baal. L'étude y était en honneur ; l'abbaye peuplait de ses professeurs les écoles cathédrales; la philosophie, les mathématiques, la médecine, la musique, y étaient étudiées avec ardeur ; l'architecture, la sculpture et la peinture n'y étaient pas moins en honneur. Viollet-le-Duc, et plusieurs historiens de l'art, après lui, ont même soutenu que Cluny a été, par ses moines-architectes, le centre d'une école nouvelle d'architecture, dont on a relevé les caractères originaux *.
Que les « moines noirs ^ » de Cluny, comme on les appela, aient exercé, sur le mouvement de réforme du xi" siècle, une influence prépondérante, en dehors même des monastères et prieurés qui dépendaient de l'abbaye-mère et des écoles auxquelles ils fournis-