MoNTvLEMBERT, les MoiTies d'Occident, t. VII, p
5. BBRNfiiED, Vita Greg. VU, loi, P. L., t. GXLVIII, col. 94.
l'affranchissement de l'église
Le biographe de saint Grégoire Vïl fait sans doute allusion, par ces mots, à la campagne menée par Victor III contre l'antipape Guibert, à sa sentence de condamnation portée contre Henri IV et à ses essais de croisade.
Huit jours s'étaient à peine écoulés depuis le sacre de Victor III, que les partisans de Guibert tentaient une violente offensive contre Rome, et parvenaient par surprise à s'emparer d'une notable partie de la ville ; mais Victor, puissamment aidé par les troupes de la comtesse Malhilde, les en chassa bientôt. Dans un synode tenu, au mois d'août, à Bénévent, il excommunia le faux Clément III. Il publia ensuite deux décrets, dont l'un prohibait l'investiture laïque et la simonie, et dont l'autre interdisait de recevoir la pénitence ou la communion d'un prêtre non catholique, car « mieux vaut, disait-il, s'abstenir de la communion visible que la recevoir d'un prêtre hérétique * . »
En même temps qu'il faisait face à son malheureux compétiteur, Victor III avait notifié son élection au roi de Germanie, et avait renouvelé la sentence d'excommunication portée contre lui par Grégoire VII. Henri IV était alors absorbé par sa lutte contre les grands seigneurs de son empire. Battu par les troupes d'Hermann ei de Guelfe de Bavière sous les murs de VN^iirzbourg, il essaya de mettre fin à la guerre par un compromis dans une diète générale qui s'ouvrit à Spire le i" août 1087. Tous les princes du royaume s'y rendirent ; mais leur premier acte, fut de sommer le roi excommunié de se faire relever de l'anathème encouru sous Grégoire VII et renouvelé par Victor III ; à cette condition seulement les princes lui promettaient leur appui pour lui faire recouvrer ses Etats. Le roi Henri persista dans son obstination. Les fidèles Saxons jurèrent alors de n'avoir plus aucun rapport avec lui ; et les ambassadeurs du roi de Hongrie, Ladislas, présents à la diète, ajoutèrent que leur maître était prêt à venir, à la tête de vingt mille cavaliers, combattre les schismatiques. A quoi le roi de Germanie répondit qu'il irait lui-même leur rendre visite, à la tête de ses troupes, à la prochaine fête de saint Michel. La diète se sépara sur ce défi mutuel.
Confident des idées de Grégoire VII, Victor III ne pouvait oublier, au milieu même des combats qui s'attaquaient à son propre
Les principales
œuvres de son pontificat.
Il repousse
les attaques
de ranti[)ape
Guibert.
Il renouvelle l'excommunication portée par Grégoire \ Il contre Henri I\ ,
n organise une expédition
contre les Sarrasini.