Mansi, XX, 686 ; Jaffé, n
Concile d'Autun.
Le roi
de France
est
excommunié.
Conséquences
de cette excommunication.
divorce royal ? On ne peut guère le soutenir, puisque les documents font défaut. Tout ce que l'on peut dire, c'est qu'ils usèrent d'une grande modération. Mais le concile d'Autun allait, un mois plus tard, revenir sur cette affaire *. »
Ce dernier concile se réunit le 26 octobre 109 4, sous la présidence d'Hugues de Lyon, nommé, à la demande d'Yves de Chartres, légat pontiûcal pour la France. L'ancien évêque de Die, autrefois si ardent pour la défense des droits du Saint-Siège, avait eu, sous Victor III, un fléchissement passager, qui l'avait fait écarter des affaires * ; mais Yves de Chartres était maintenant à côté de lui pour stimuler son zèle. Il lui écrivait : « Ne soyez pas de ces médecins timorés qui aiment leur tranquillité plus que le salut des malades... Quand même Hérodiade danserait devant Hérode, demanderait la tête de Jean et l'obtiendrait de l'infâme, c'est à Jean de crier : Non licet^ I » Hugues ne resta pas sourd à ces conseils. En présence de trente-deux évêques et de nombreux hauts personnages assemblés *, il renouvela l'anathème porté contre Henri IV et Guibert, et prononça l'excommunication contre le roi de France, coupable de s*être remarié du vivant de sa femme 5.
L'émoi fut grand dans les Gaules. A la fin du xi® siècle, le terme d'excommunication n'avait pas encore le sens précis, qu'il acquit vers le xii* et le xiii* siècle, de censure particulière, bien distincte de la suspense et de l'interdit. Quand elle était prononcée d'une manière très solennelle, en matière grave, et sans restriction, elle dépouillait l'excommunié de toute dignité, même temporelle, et déliait ses sujets de toute obligation d'obéissance et de fidélité envers lui, jusqu'à ce qu'il eût satisfait à l'Eglise en se faisant absoudre ^. Désormais, partout où le roi de France passait, l'office