Mawsi, XX, 799 ; Suppl., II, i3i
6. GoiSBuv, Pouvoir du pape au Moyen Agé ^ Paris, i845, p. hiQ . Cf. Gratieu, /)«er«tum, pars II, eau». i5, quœst. 6, can. i et 5 ; Décrétai., 1. V, tit. 37, cap. Cravem, 10 Grégoire VII avait adouci cette peine, en permettant d'abord à la femme, aux enfants et aux domestiques de l'excommunié de communiquer avec lui, puis en étendant cette permission à tous ceux dont la présence n'était pas propre à entretenir l'excommunié dans ses mauvaises dispositions. (Labbk, Concilia, t. X, p. 371.)
L AFFRAXGMISSEMENT DE L EGLISE 229
public s'interrompait incontinent 5 aux clochers des églises, des couvents, les cloches cessaient de sonner. A son approche, les chœurs des moines se taisaient. Un silence de mort l'accompagnait partout. Les sonneries joyeuses et les chants ne reprenaient qu'à mesure qu'il s'éloignait d'une ville, d'une abbaye, ou même d'un châteaufort. Guillaume de Malmesbury raconte qu'un soir, comme le roi Philippe sortait d'une ville en compagnie de Bertrade, el que les cloches se remettaient à sonner à grande volée, il s'écria, en se tournant vers sa compagne : c Bertrade, entends-tu comme ces gens-là nous chassent * ? n A partir du jour où l'analhème pesa sur sa tête, Philippe ne revctit plus les insignes de la royauté. « Pendant près de quinze années -, dit Ordéric Vital, le roi Philippe ne porta plus jamais la couronne, ne revêtit plus la pourpre, ne figura en souverain dans aucune fête ^. » On lui permit cependant de garder un chapelain dans sa demeure, et d'y entendre la messe, sans aucune solennité, avec sa famille *. Urbain II se montra d'ailleurs disposé à l'indulgence, fit savoir au roi qu'il renvoyait la conclusion de l'afi'aire à un prochain concile, qui devait se tenir à Plaisance^, puis, à Plaisance, il accorda au roi un nouveau délai ^. Mais le roi de France et l'épouse adultère se montrèrent sourds à ces avances, comme aux anathèmes que renouvelèrent contre eux les conciles de Glermont en 1095 et de Tours en 1096. Philippe I" et Bertrade ne se soumirent aux lois de l'Eglise que le 2 décembre iio4» en présence d'un légat du pape Pascal II.
Urbain II n'eut pas lieu de fulminer contre le roi d'Angleterre, Urbain II comme il l'avait fait contre les rois de Germanie el de France, une ^t
sentence d'excommunication ; mais les oppositions qu'il rencontra, °'* "** de la part du souverain de la Grande-Bretagne, furent très sensibles à son cœur de père.
I. Guillaume db Malmesburt, Gesta reg. angl., 1. V, n. 4o4, P. L., t. GLXXIX. col. i36o.
a. Exactement douze années.
3. Ordéric Vital, 1. VIII, ad ann. 109a, P. L., i. CLXXXVIII, col. 617.