Hefeli-Leclercq, V, 4oo-^oi
2. « Le monde chrétien, a écrit Gabriel Monod, n'a fait que se défendre, en cherchant à reprendre les lieux qui avaient pour lui le caractère le plus sacré et qui lui avaient été enlevés. » (Gabriel Monod, dans VEncycl. des se. relig., t. III, p. 4oi- 483, 486.)
3. M. l'abbé Grégut {op. cit., p. i23) a identifié cette place. Elle se trouvait entre la place Delille actuelle, Montferrand et le quartier de la gare.
ie veut ! »
L AFFRANCHISSEMENT DE L ÉGLISE 2Z|9
arrachez la Terre Sainte à ce peuple abominable ^ » Le pape n'avait pas achevé son discours que le peuple criait déjà : a Dieu le veut I Dieu le veut^ I »
Levant les yeux au ciel, le pape fit signe qu'il voulait ajouter «Dieu quelques mots. « Ces paroles : Dieu le veut ! Dieu le veut ! seront votre cri de ralliement dans les batailles. Du reste, je ne désire pas que les vieillards, les infirmes, tes femmes, prennent part à l'expédition. Celles-ci devront être accompagnées de leurs maris ou de leurs frères ; sinon, elles seraient plus nuisibles qu'utiles. De même, aucun clerc ne doit partir sans la permission de son évêque. Les laïques ne doivent pas commencer l'expédition sans la bénédiction d'un prêtre. Quiconque a l'intention de s'offrir à Dieu de cette manière doit porter sur sa poitrine le signe de la croix ^. »)
Baudry de Bourgueil, témoin oculaire, rapporte qu'A^dhémar de Monteil, évêque du Puy, homme d'une grande réputation, d'un extérieur imposant et d'un noble caractère, s'approcha alors du pape, et, s'étant mis à genoux, lui demanda la permission de faire partie de la sainte entreprise. A sa suite, sur un signe du cardinal Grégoire, le futur Innocent II, le peuple entier s'agenouilla. Le cardinal, au nom de tous, récita une confession publique des péchés, et le papo donna à tous ceux qui se disposaient à partir l'absolution apostolique *.
1. Robert Le Moiwb, Historia Hierosoîymitana, 1. T, aon. logS, dans Bongirs, Gesla Dei per Francos, t. I, p. 3i. Il est aujourd'hui démontré que l'auteur de cette histoire n'est pas Robert le Moine, mais Albert, chanoine d'Aix-la-Chapelle, mort en 1130. lequel s'est servi de chroniques lorraines originales (Hefele-Leclercq, V, 420). Le discours d'Urbain II a été reproduit en des termes différents, mais d'une manière identique pour le fond, par Baudrj de Bourgueil, Guillaume de Tyr, Guibert de ISogent, Guillaume de Malmesbury et plusieurs autres. Le pape, pour mieux être compris de la foule, s'était exprimé en langue romane. Chaque chronique a traduit ses paroles, d'une façon plus ou moins libre, en langue latine.
2. En langue d'oïl : Diex li volt ; en langue d'oc : Dio 10 volt.