M. G., SS., t. m. p
5. Ekiéhard, Chronic, ad ann. 1102, P. L., t. GLIV, col. 986; Jaffé, n. 663o.
L AFFRAXCHISSEMENT DE L EGLISE
Le devoir du pape était tracé. Pascal convoqua au Lalran, pour le carême de 1102, un grand concile. De nombreux évêques de la Campanie, de la Toscane, de la Sicile, de l'Apulie, et de presque toutes les régions de l'Italie, s'y rendirent. Plusieurs évêques d'au delà des Alpes s'y firent représenter. L'assemblée s'occupa du schisme, qu'elle déclara « la plus détestable des hérésies », et dressa le formulaire suivant, que chacun des assistants dut signer : « J'anathématise toute hérésie, en particulier celle qui trouble actuellement l'Eglise et qui déclare sans valeur l'anathème et les peines ecclésiastiques. Je promets obéissance au pape Pascal et à ses successeurs, acceptant ou rejetant ce que la sainte Eglise universelle accepte ou rejette *. » Henri IV fut, de nouveau, personnellement anathématisé ; mais on ne s'occupa point de l'antipape. Albert, trois mois après son élection, avait été livré au Saint-Siège par un de ses amis, et enfermé au monastère de Saint-Laurent d'A versa 2.
Un revirement subit s'opéra alors dans l'attitude de Tempereur. Il revint à ses protestations de paix et de fidélité au Saint-Siège. Dans une diète de TEmpire tenue à Mayence, au début de l'année 1 jo3, il déclara vouloir abdiquer en faveur de son fils Henri V, et, après s'être réconcilié avec le pape, entreprendre une croisade ^ pour l'expiation de ses péchés. Il écrivit à Hugues de Gluny, son parrain, pour le prier de se faire l'intermédiaire de ses intentions auprès du Saint Père. Dans cette même diète de Mayence, Henri fit jurer à ses seigneurs une paix perpétuelle, dans laquelle on s'engageait à respecter et à protéger, non seulement les moines, les enfants, les femmes et les vieillards, mais aussi les juifs, alors persécutés par les croisés en Palestine *.
Beaucoup de clercs et de laïques se laissèrent toucher par ces déclarations, et prirent la croix pour accompagner l'empereur en Terre Sainte °. Mais le pape, loin de croire à la sincérité de l'empereur, fît tout pour détourner les fidèles d'un pareil projet. Il écrivit au comte de Flandre : « Il est un plus grand objet, que nous signalons à votre piété. Poursuivez partout, selon vos forces, Henri, chef des hérétiques. Nous ordonnons cette entreprise à vous et à vos vas-
SynoJe
du Lalran
Les évêques
y promettent
une obéissance
absolue
au
Saint-Siège.
Dîète de Mayence
(iio3).
Henri IV
manifeste
des désirs de
réconciliation
et d'apaisement.
Le pape
ne se laisse pas
convaincre
par ces
protestations
hypocrites.