‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 167 sur 336 · EïKÉHARD, loc. cit., P. L., GLIV · texte numérisé non relu

EïKÉHARD, loc. cit., P. L., GLIV

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Henri V

ail synode do Nordhausen.

saux pour la rémission de vos péchés et comme un moyen de gagner le Jérusalem céleste ^. » Le pape s'efforçait, en même temps, de détourner de la cause d'Henri IV plusieurs seigneurs, ecclésiastiques ou laïques, qui s'étaient ralliés à lui, entre autres les ducs Guelfe de Bavière etBerlholdde Zâhringen 2.

Mais un coup de théâtre vint tout à coup changer la situation politique de l'Empire, et, sembla-t-il, la situation religieuse ellemême de toute la chrétienté. Au mois de décembre iio/^, le propre fdsde l'empereur, Henri V, celui-là même qu'il avait naguère élevé à la royauté et à qui il se déclarait prêt à remettre la couronne impériale, quitta subitement le camp impérial, se retira à Ratisbonne, et, de là, écrivit à son père qu'il lui refusait l'obéissance. Réunissant autour de lui ses amis, il leur déclara qu'il ne pouvait servir plus longtemps la cause d'un excommunié. Puis, manifestant une délicatesse de sentiments religieux qu'on ne lui avait pàS connue jusqu'alors, il écrivit au pape, pour le prier de le relever d'un serment, qu'il avait fait autrefois, de ne jamais aspirer à l'empire sans la permission de son père. Au fond, Henri V n'avait nul besoin d'être relevé de son serment ; Henri IV, depuis son excommunication solennelle par Grégoire VÏI, n'était plus, aux yeux de l'Eglise, un souverain légitime. Mais Henri V avait besoin d'être absous de l'excommunication qu'il avait encourue pour avoir gardé des relations avec son père excommunié. Le pape accueillit favorablement son recours au Saint-Siège. Il s'était méfié du vieux roi ; il crut à la sincérité du jeune prince, 3 et lui déclara que Dieu lui pardonnerait ses fautes passées, s'il voulait être un roi juste et un fidèle défenseur de l'Eglise.

Fort de cette approbation, Henri V recruta de nombreux adhérents à sa cause. La Thuringe et la Saxe lui fournirent de puissants renforts. Durant l'été de i io5, il assista à un concile tenu à Nordhausen, en Thuringe, où son extérieur modeste, son attitude discrète, lui gagnèrent les sympathies du monde ecclésiastique. Il prit à témoins Dieu et la cour céleste qu'il n'ambitionnait point le pouvoir, qu'il ne désirait que le rétabhssement de la paix religieuse, si funestement

i.Cf. Hefele-Leclercq, t. V, p. ^TQ-âSo: k. Gauchie, la Querelle des investitures dans les diocèses de Liège ei de Cambrai, 2» partie, un vol, in-80. Pans, 1890; Dom G. MoRiN, Un épisode inédit da passage de V empereur Henri IV à Liège en U03, dans la Rev. bénéd., 1910, t. LXXVII, p. 4i2-/ii5.

2. Jaffé, n. 5970, 5971, 5972, 5973 . P. L., t. GLXIII, col. loS-iai.

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