L.e conflit
est porté
devant le pape.
Exil de
«aint Anselme.
Confiscation
de ses biens
par le roi
(iio4).
Concordat
de Londres
(i" août
consacrer les évêques investis par le roi. Durant Télé de 1 ici , Henri essaya de peser de nouveau sur Anselme. Il le mit en demeure de quitter l'Angleterre, ou de prêter le serment de vassalité et de consacrer les évêques investis. Mais, comme l'archevêque se préparait à la déportation, le roi le pria de surseoir, comptant envoyer une ambassade au pape à ce sujet. Anselme dépêcha à Rome, de son côté, des envoyés chargés de fournir au Saint-Siège les explications nécessaires. Les négociations se poursuivirent au milieu d'incidents plus ou moins dramatiques. Un jour, en iio3, dans une audience publique, l'ambassadeur du roi Henri, voulant essayer de l'intimidation, s'écria fièrement : « Mon maître ne se laissera pas arracher les investitures, dût-il lui en coûter son royaume. — Et moi, reprit le pape, je ne les lui donnerai jamais, dût-il m'en coûter la tête *. » L'entretien se termina sur un ton plus pacifique ; mais le pape ne fléchit pas, et, par une lettre du 23 novembre iio3, informa le roi, en termes pleins de douceur et de bienveillance, qu'il regrettait de ne pouvoir accéder à ses désirs. Anselme, placé dans l'alternative d'obéir à l'ordre royal ou de s'exiler, choisit ce dernier parti. Le roi mit sous séquestre les biens de l'archevêché, et même, vers la fin de 1104, en confisqua tous les revenus.
De nouvelles négociations s'engagèrent entre le Saint-Siège d'une part, le roi et l'archevêque de l'autre. La pieuse reine Mathilde, la comtesse Adèle de Blois, sœur du roi et admiratrice du prélat, s'entremirent auprès de l'un et de l'autre. Bref, le pape Pascal H, par une lettre datée du 28 mars 1106, déclara formellement consentir à tolérer l'hommage de vassalité, à condition que le roi renoncerait à l'investiture, et que désormais la liberté des élections serait rétablie. Sur ces bases, un concordat fut conclu, le i*"" août 1107, entre le roi et l'archevêque, dans une diète qui se tint à Londres et où les barons siégèrent à côté des évêques. Aux termes de cet accord, aucun ecclésiastique ne put désormais recevoir l'investiture par la crosse et l'anneau ; mais, en revanche, aucun élu à un siège ecclésiastique ne put être sacré sans avoir d'abord prêté au roi le serment de vassalité *.
Les fruits de cette paix furent durables. Le monarque, non content d'observer religieusement les clauses du traité, s'appliqua à