‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 186 sur 336 · Règle de saint Benoît, ch, xlviii · texte numérisé non relu

Règle de saint Benoît, ch, xlviii

Renaissance

et nouvelle

expansion de

l'ordre de Gîteaux.

dire de neuf heures à onze heures du matin, et, de plus, pendant l'hiver, l'intervalle qui séparait le repas du soir ou cœna, qui finissait à six heures, de l'office de Vêpres, qui commençait à neuf heures, tout ce temps était réservé à la lectio dlvina ^. Cet exercice était conçu, à Gîteaux, plutôt comme une méditation que comme une simple lecture. Saint Bernard recommandera plus tard, non pas de lire, mais de « ruminer » les psaumes ^. Il faisait allusion à la pratique qu'il avait suivie dans son monastère, pratique que nous révélerait d'ailleurs l'usage qu'il fait dans ses écrits des Livres saints. Au surplus, le geste familier du travail manuel, accompli dans le silence, favorisait encore, en dehors des heures de lecture méditée, la prolongation de cette « rumination » pieuse ; et quand Bernard nous déclarera qu'il n'a jamais eu d'autres maîtres que les hêtres et les chênes ^, voudra-t-il indiquer autre chose, que cette habitude de repasser en son cœur, au milieu des champs et des forêts, les paroles de Dieu ou celles des Pères qui l'avaient plus particulièrement touché dans la lectio dlvina * ?

L arrivée de Bernard et de ses compagnons à Gîteaux, fut le point de départ du mouvement de renaissance et d'expansion qui avait été annoncé à l'abbé Etienne Harding ^. « Quand il fut prouvé aux yeux de tous, dit un chroniqueur, que la règle de Gîteaux, réputée impraticable, était accessible à tous ces jeunes seigneurs, des hommes de tout âge vinrent, de diverses contrées, demander leur admission au monastère ^. » Au mois de juin de iii5, tous les vides étaient comblés. Pour satisfaire aux nouvelles vocations qui s'annonçaient, Gîteaux essaimait. Après les fondations de la Ferté et de Pontigny,

1. Règle de saint Benoît, ch. xlviii ; Coutumes bénédictines, ch. lx et lxxi. Voir Gm- GNARD. les Monuments primitifs de la Règle cistercienne, un vol. in-8°, Dijon, 1878, p. i58-i59, 172-174.

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