‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 200 sur 336 · DEUXIÈME CROISADE. SALNT BERNARD · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CROISADE. SALNT BERNARD

(lI24-Il52.)

Vue générale Entre la m Oïl du dernier empereur franconien, Henii V, en ii25,

sur

cette période, ^l 1 avènement du plus célèbre des Hohenstaufen, Frédéric Barbe- Rôle rousse, en 1162, cinq papes se succèdent sur le trône de saint

^ ' çjg Pierre ; un concile général est célébré ; une croisade est entreprise ;

â«.int Bernard. Jes hérétiques et des schismatiques troublent l'Eglise, tandis que des savants l'instruisent et que de grands saints l'édifient ; et il est difficile, au premier abord, de trouver quelque unité dans cette péiiode de transition. Mais l'unité de cette époque se trouve au moins dans l'action du grand moine qui la domine de son génie et la pénètre de son inspiration, Bernard de Glairvaux. Conseiller des papes, lumière des conciles, prédicateur de la croisade, adversaire le plus redoutable des hérésies et représentant le plus éminent des sciences sacrées, Bernard accomplit l'œuvre providentielle : il assure à l'Eglise les fruits de sa victoire sur les empereurs franconiens, et il la prépare à soutenir la lutte contre la nouvelle dynastie des Hohenstaufen.

Presque coup sur coup, l'Eglise eut à élire un pape, et l'Allemagne un empereur. Celte double élection se produisit au milieu de circonstances particulièrement difficiles. Un des fâcheux résultats de la querelle des investitures, avait été de favoriser, à Rome

Puissance et intrigues .lo

le quelques comme en Germanie, un accroissement excessif de la puissance grandes aristocratique. Pour gagner les seigneurs à leur cause ou pour les romaines. y retenir, les papes et les empereurs avaient été amenés à multiplier

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

leurs privilèges, à tolérer leurs empiétements. Mais ces générosités et ces tolérances avaient abouti à constituer, à côté du pouvoir pontifical et du pouvoir impérial, des maisons puissantes, avec lesquelles il fallait compter.

A Rome, deux grandes maisons rivales, celle des Frangipani et celle des Pierleoni, comptaient bien, chacune de son côté, imposer à l'Eglise un pape de son choix. Les Frangipani semblent avoir eu des sympathies pour la politique germanique, tandis que les Pierleoni incarnaient plutôt le parti populaire et national ^ Les premier» avaient pour candidat le cardinal Lambert, évêque d'Ostie, négociateur du concordat de Worms ; les seconds mettaient en avant un des légats pontificaux à Worms, le cardinal Saxo. Les cardinaux, pour éviter le danger de l'élection d'un antipape, écartèrent les deux candidats, et choisirent à l'unanimité le cardinal Théobald, qui prit le nom de Gélestin IL On entonne le Te Deum. Lambert d'Ostie mêle sa voix à celle de l'assemblée. Mais le chant d'actions de grâces est à peine commencé, que Robert Frangipani, environné d'une troupe de ses partisans, acclame tout à coup Lambert, et fait jeter sur ses épaules le manteau pontifical. L'évêque d'Ostie résiste, refuse de se prêter à une élection si peu régulière. Le désordre, fomenté par les deux partis hostiles, dure cinq jours. La sagesse des cardinaux y met fin. Gélestin II, pour assurer la paix, abdique, et les électeurs se rangent à Lambert, qui, dans ces nouvelles conditions, accepte la tiare. Il est canoniquement. proclamé pape, le 21 décembre 11 24, sous le nom d'HoNORius II, et reconnu immédiatement par tous. Le nouveau pape était issu de parents peu fortunés et de condition obscure du comté de Bologne, et s'était élevé, par les seules forces de son talent, aux situations les plus considérées dans l'Eglise 2. Il devait rester fidèle toute la vie à l'esprit de sagesse et de modération dont il venait de faire preuve au moment de son élection.

Non content d'avoir ainsi mis fin aux pénibles conflits soulevés à Rome à propos de l'élection pontificale, Houorius II fit tout pour parer aux luttes dont il prévoyait l'éclat à propos de l'élection impériale. De plus âpres convoitises y étaient engagées. Honorius II avait eu de fréquentes occasions de les connaître au cours des négociations

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