I. Gregorovius, Geschichte der Stadi Rom, t. IV, p. Sgo
2 De mediocri plèbe comiiatus Bononiensium, bene tamen lUleraios, dit le Liber pontijîcalb, édit. Dlchesne, t. 1, p. 327.
Les
Frangipaai
et les Pierleoni
Scènes tuoQultueusM
fomentées par les factioRS
romaines
à propos it
l'élection
pontificale.
Honorius It (21 décemUre
Iia4-i4 février 1 1^0).
n prévoit les troubles
que va
provoquer
l'élection dm.
roi de Germa»»*
et essayv de les prévenir.
Hist.
gen.
de l'Euliae.
Puissance et
prétentions
de
}'aristocratie
féodale
en Allemagne.
Rivalité
de Frédéric
de Souabe
et de Lotbaire
•-le Saie.
qu'il avait été chargé de poursuivre en Allemagne relativement à la querelle des investitures. Son premier soin, en apprenant la mort d'Henri V, fut d'envoyer en Allemagne un légat, pour y suivre de près les événements qu'il redoutait.
Les craintes qu'Henri IV et Henri V avaient souvent manifestées, au cours de leur lutte contre Rome, à propos des prétentions de l'aristocratie germanique, n'avaient rien d'exagéré. Tandis que les empereurs étaient absorbés par leurs conflits avec le Saint-Siège, l'Allemagne féodale se constituait à peu près telle qu'elle devait se maintenir jusqu'aux temps modernes. « Tous les fiefs y étaient devenus héréditaires. La juridiction de la couronne y était moins étendue. L'idée que la partie véritablement essentielle de l'Efnpire n'était pas son chef suprême, mais bien l'association de ses princes et de ses barons, commençait à gagner du terrain ^. » Pendant un siècle la maison impériale de Saxe, et pendant un autre siècle la maison impériale de Franconie, avaient travaillé à rendre l'Empire héréditaire, par la désignation, que faisait le souverain régnant, de son fils, en l'associant à l'Empire ou en l'indiquant au choix des électeurs. Mais les grands seigneurs étaient désormais décidés à faire triompher dans toute sa plénitude le principe électif 2. En vain Henri V, avant sa mort, avait-il convoqué, devant tous les princes présents à sa cour, sa femme Mathilde et son neveu Frédéric de Hohenstaufen, confiant à ce dernier le soin de protéger la princesse et de veiller sur son héritage. Ce choix implicite, si discret fût-il, avait plutôt indisposé les seigneurs contre le duc Frédéric qu'elle ne les avait gagnés à sa cause.
Jeune encore, ne comptant pas plus de trente-cinq ans, Frédéric le Borgne, duc de Souabe, descendant de Ja noble famille des Hohenstaufen, était doué de grandes qualités. Mais les seigneurs, tant ecclésiastiques que laïques, dans une assemblée que présida l'archevêque de Mayence Adelbert, et à laquelle prit part le légat pontifical Gérard, lui préférèrent un homme d'âge plus mûr, Lothaire de Supplimbourg, duc de Saxe, margrave de Misnie et de Lusace. Aux seigneurs ecclésiastiques, ce candidat offrait la garantie d un dévouement au Saipt-Siège, sinon plus sincère, du moins plus éprouvé que celui du duc de Souabe ; les princes laïques appré-
1. James B^ycti, le Sainl-Empire romçin germanique^ irad. Domergue, un Yol.in-8% Paris, 1890, p. ai 3.