‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 22 sur 336 · P.L., t. CXXXVIl.col. 36o · texte numérisé non relu

P.L., t. CXXXVIl.col. 36o

2. Thietmar, Chronico7if 1. 111, n. i5 ; P. L., t. GXXXIX, col. la^i ; M. G., SS., m, 767.

LE PROTECTORAT IMPERIAL

Thietmar, archevêque de Prague, nous apprend, eu effet, qu'aussitôt après la morl de l'empereur, l'ambitieux Henri de Bavière, emprisonné pour avoir deux fois attenté à la couronne, se fît mettre en liberté par l'évcque d'Utrecht, prit possession de la régence, et s'empara du jeune Olton III ^ Bientôt l'Allemagne, séparée en deux camps ennemis, fut en feu. Le contre-coup de ces agitations se fit sentir en Italie. De l'abbaye de Bobbio, qu'il gouvernait alors, Gerbert écrivait à Jean XIV ; « De quel côté tournerai-je mes pas, père très pieux ? J'ai beau en appeler au siège apostolique : les ennemis en armes occupent toutes les routes 2. » Le moment était propice à l'antipape Boniface pour exécuter ses criminels desseins Les Grecs, ses protecteurs, rendus maîtres de l'Italie méridionale par la victoire L'antipape de Tarente, favorisèrent ses projets. Au mois d'avril 984, Boniface, rentre *à^ Rom» accompagné de Grescentius et escorté par une escouade de soldats (avril 984). byzantins, fît son entrée dans Rome. Le pape, aussitôt arrêté, fut emprisonné au château Saint-Ange, où « pendant quatre mois, dit \e Liber ponlificalis , il souffrit atrocement de la maladie et de la faim, Emprisonneet oij enfin, s'il faut en croire ce qu'on rapporte, il mourut assas- ermort sine. 3 » Le triomphe de Boniface fut insolent. Un de ses premiers de Jean XIV actes fut de donner en location, à un riche particulier, pour une somme '^° *°" 9 ^)' annuelle de dix 50//J/ d'or, un grand domaine de l'Etat pontifical *. Cette rapacité, d'autres défauts encore, dont il donna le sacrilège spectacle pendant un an, soulevèrent contre lui l'indignation popu- Mort

laire. Il mourut subitement en juillet 985. « Les Romains l'avaient ruiii^eTJIss'* en telle haine, dit l'annaliste pontifical, qu'ils se jetèrent sur son cadavre, le percèrent à coups de lance, et, l'ayant mis à nu, le traînèrent par les pieds jusqu'au cheval de Constantin, c'est-à-dire jusqu'à la statue équestre de Marc-Aurèle. Le lendemain, des clercs vinrent recueillir ses restes affreusement mutilés, et les ensevelirent ^. »

I. Thietmar, Chronicon, 1. III, n. i5. P. L.» t. GXXXIX, col. ia4i-ia4a. 3. P.L., t. CXXXl.X, col. 2o5.

Page 1