Ibid
3. Dans P. L., t. GXGVII. Voir P. Franche, Sainte Hildegarde, un vol in 13, Paris, igoS. — Nous avons, de sainte Hildegarde, des sortes de livrets de tragédie, mis en musique par elle-même. Dom Pothier a publié plusieurs de ses compositions musicales dans la Revue du chant grégorien.
4. A. ViLLiEiT, au mol Gratien, dans le Dict. de théol. de Vacant, t. VI, col. 1728.
5. G'est la conclusion d'une savante étude de M. Paul Fournier, Deux contrO' verses sur les origines du décret de Gratien, parue dans la Rev. d'hist. et de Utt. relig, de mars-juin 1898.
mettait dans sa compilation un ordre plus rigoureux et plus logique, dont il empruntait les grandes divisions au droit romain ; 2* il donnait à son ouvrage un caractère d'exposition et de discussion dogmatiques, se proposant pour but, ainsi que l'indiquait le titre du recueil, de concilier les textes en apparence contraires. L'ouvrage se divise en trois parties. La première s'occupe du droit en général et des personnes ecclésiastiques ; la seconde traite des causes ecclésiastiques, et la troisième des rites. Le Décret de Gralien ne tarda pas à devenir la base de l'enseignement canonique, le texte que les professeurs de droit ecclésiastique commentèrent, comme les professeurs de théologie commentèrent les Sentences de Pierre Lombard. Mais ce Décret n'a jamais eu d'autorité légale comme col- Son autorité, lection. L'approbation même que le pape Grégoire XIII donnera à l'édition corrigée par ses soins, ne lui conférera pas un caractère officiel. Les textes qu'il contient n'auront jamais d'autre valeur que celle des documents divers dont ils sont extraits^.
Le Décret de Gratien exerça dans l'Eglise une double influence. II amena d'abord une division dans la science théologique. « Jusqu'alors la discipline de l'Eglise n'était pas séparée de la théologie proprement dite ; on les étudiait ensemble, et le même professeur les enseignait toutes les deux. Mais cette vaste collection fit sentir les Origine besoins de cours spéciaux. On les inaugura naturellement à Bologne, d'e dr"lt * ^^ ^^^ professait le droit romain. En France, Orléans d'abord, Paris canonique, ensuite, virent s'élever des chaires de droit canonique, lesquelles furent d*abord, en même temps, chaires de droit civil. La capitale delà France put s'enorgueillir, dans ce nouveau professorat, avant la fin du XII* siècle, des Gérard la Pucelle, des Mathieu d'Angers et des Anselme de Paris -. » Le second résultat, conséquence du premier, fut de donner au gouvernement de l'Eglise un caractère plus juridique, de consolider, par une jurisprudence plus ferme et plus raisonnée, les progrès faits dans le sens de la centralisation de l'autorité autour du Saint-Siège, de l'uniformité de législation et de coutumes dans l'Eglise et de l'organisation de la hiérarchie ^,
1. Telle est la doctrine exposée avee une grande précision par Benoit XIV, Dé synodo, 1, Vil, cap. xv, n. 6.
3. P. Féret, la Faculté de Paris, le Moyen Age, t. I, p. xv. — La théologie et le droit canonique continuèrent cependant à exercer l'un sur l'autre une influence réciproque. Voir J. de Ghellincr, la Théologie chez les glossateurs du Décret, dans le Dict. de théol. de Vacant, t, VI, col, 178 1- 1751.
3. Ces résultats ne paraissent pas contestables. Mais dire, avec Harnagk. {Précis
L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE
Quand, dans son traité De consideralionc , saint Bernard reconnaissait « une nécessité providentielle * », dans l'immense pouvoir que s'était acquis la papauté, et lui demandait seulement d'en rester parfaitement digne, « il était vraiment l'incarnation de la conscience chrétienne 2». « Assurées sur la réorganisation de l'Eglise et la puissance de la papauté, les âmes renaissaient à la vie**.» Les grandes institutions monastiques formaient les centres de cette vie. Cluny et Glairvaux en étaient toujours les principaux foyers. Sans doute, bien des désordres s'y étaient manifestés. Les moines de Glairvaux reprochaient à ceux de Cluny le luxe de leurs églises, et mettaient dans leurs reproches une acrimonie qui était à son tour repréhensible. Saint Bernard dut réprimer à la fois les excès des uns et le phaiisaïsme des autres*. On le vit stimuler le zèle de presque toutes les maisons bénédictines du nord de la France. Ses rapports avec la Grande-Chartreuse, l'abbaye de Saint-Victor de Paris et celle de Prémontré, furent pour ces monastères une occasion de rénovation. Il exerça une action décisive sur la réforme des Templiers, parmi lesquels plusieurs abus s'étaient glissés ^.
Les abus n'existaient pas seulement dans les monastères. Ils se rencontraient parmi les évêques, et l'abbé de Glairvaux les leur dénonce dans son traité De moribas et ojjficio episcoporum ; ils se trouvaient dans le clergé inférieur, à qui Bernard dut adresser son véhément discours De conversione . A prendre à la lettre le De laude novse mîliliœ, ils s'affichaient impudemment dans la chevalerie séculière. Nous avons vu que la cour des rois en était trop souvent le théâtre. Une papauté puissante pou\ait seule, soit par elle-même, soit par des instruments dociles sous sa main, exercer, contre de tels
La vie
moDaslique.
Le clergé séculier.
de l'hist. des dogmes, trad Clioisy, iSgS, n. SaS), que le xii® siècle se caractérise par « le parfait amalgame du dogme et du droit », que la « form« dogmatique s'efiace complètement derrière celle du droit », c'est méconnaître absolument les nuancef que comporte 1 histoire; c'est, par une adiimalion massive, fausser complètement les faits historiques.