Mansi, XXI, 789 et s
/}. Le mot beneficium pouvait, eu effet, suivant les circonstances, se traduire par bienfait ou par fiej {Lehen).
Entrevue
orageuse entre
Fiédéric P"^
et les légats
du I ape
à ]a diète
de Besançon
jcctcbieii57).
Le pape
explique
le vrai sens
de sa lettre.
Réconciliation momentanée.
L'empereur Lotliaiie y était représenté recevant du pape Ja couronne impériale, et un djslique latin, placé au-dessus du tableau, en expliquait ainsi la signification :
Rex venit ante fores, jurans prîus urbis honores, Post, homo Jit papse , sumit quo dante coronam.
C'est-à-dire : « Le roi se présente à la porte et fait hommage à la >i]lede Rome. Il devient par là l'homme du pape, de qui il tient sa couronne. ï)
A.ussi, quand les légats pontificaux joignirent Tempeieur, vers le milieu d'octobre 1167, dans une diète qui se tenait à Besançon, l'irritation de l'empereur fut-elle violente. Elle s'éleva au dernier degré de la fureur, quand l'un des légats, Roland Bandinelli, le futur Alexandre 111, soit qu'il ne se rendît pas compte du motif de l'exaspéialion du souverain, soit qu'il ne pût retenir un mouvement de vivacité, lui répliqua : « Et de qui donc l'empereur tient-il sa dignité impériale, si ce n'est du pape ? » Le comte Otton de Bavière, à ces mots, leva S9n épée en l'air, pour fendre la tête du légat. 'L'empereur retint le comte, mais, se tournant vers l'envoyé pontifical : « Si nous n'étions pas dans l'église, lui dit-il, tu éprouverais combien sont lourds les glaives allemands. » Les légats eurent l'ordre de quitter immédiatement le territoire de l'Empire par la voie la plus directe, sans visiter aucun évêque ni abbé ^. Peu de temps après, le pape, dans ime lettre pleine de dignité, écrivit à l'empereur : « Tu as traité nos deux excellents frères, les cardinaux Bernard et Roland, d'une manière peu digne de la majesté impériale. ïu t'es ému, paraît-il, du mot benejicium. Nous l'avons pris dans son sens primitif et naturel ; il signifie bienfait et non pas fief. Ceux-là seuls qui veulent troubler la paix entre l'Etat et l'Eglise ont pu l'expliquer en un autre sens. De même, par le mot conferre, nous voulions seulement dire imponere ^. » Cette déclaration, lue et traduite par Otton de Freisingen, calma Frédéric, qui se déclara satisfait. « La réconciliation fut regardée comme conclue entre le pape et l'empereur ; mais il n'y eut plus désormais entre eux d'entente cordiale, et on peut dire que le feu, toujours prêt à éclater, continua à couver sous la cendre ^. «