‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 257 sur 336 · PoTTHAST, Rcgesta pontijîcum romanorum, t. I, n · texte numérisé non relu

PoTTHAST, Rcgesta pontijîcum romanorum, t. I, n

3. Hermant, Hisl. des ordres de chevalerie, p. 1776! s. Voir surtout Hurter, Tableau des inslitntions, t. Il, p. 495-5o2.

[\ Voir le détail de ces bienfaits et de ces réformes dans Luchaire, Innocenl III, Rome et l'Italie, p. 98-102.

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

vcrent d'affermir à la fois sa popularité et son pouvoir. Il se montra d'ailleurs aussi terrible aux puissants insoumis, que charitable et bon envers les faibles. Un ancien favori d'Henri VI, Markwald, sénéchal d'empire, se vit forcé par l'excommunication à abandonner les biens qu'il possédait indûment dans l'Italie centrale ^ De même Conrad de Uerslingen, chevalier souabe, dut renoncer au duché de Spolète, que l'empereur lui avait donné 2. Celui qui se montrait un si redoutable justicier à l'égard des seigneurs laïques, n'était pas moins impitoyable à regard des abus de sa propre cour. Il en renvoya les pages nobles. Il supprima les officines clandestines où se fabriquaient de fausses bulles ^. Défense fut faite à tout membre de la curie d'exiger ou de solliciter une rétribution, à l'exception des scribes ou expéditionnaires des bulles, qui étaient payés à un taux fixe *. On vit le pape donner lui-même l'exemple d'une austère simplicité à sa table, dans son service, dans toute sa vie, et, afin que ses ordres ne restassent point lettre morte, donner trois fois par semaine une audience publique, pour entendre les réclamations de son peuple ou de ses officiers 5.

La soustraction complète de l'Italie à la domination allemande fut la seconde préoccupation d'Innocent III. Il fut soutenu dans cette entreprise par l'impératrice Constance, la veuve d'Henri VI, qui, sicilienne de naissance, s'était retirée, après la mort de son mari, dans le royaume des Deux-Siciles, et avait associé à son gouvernement son fils Frédéric. Pour affermir sa situation, elle renouvela le serment de vassalité qui reliait ce royaume au Saint-Siège, en renonçant aux privilèges que le roi Guillaume avait, en juin ii56, extorqués à Adrien IV par le traité de Bénévent. Puis, d'accord avec le pape, elle travailla à éloigner du royaume les Allemands détestés. Mais l'un et l'autre rencontrèrent bientôt un terrible adversaire dans ce Markwald qui, chassé de l'Italie centrale, se prétendait autorisé par un testament d'Henri VI à prendre la tutelle du prince Frédéric et la régence du royaume de Sicile. Le péril fut d'autant plus grand que le chancelier du royaume, W^alter, conspirait avec Markwald. Une seconde excommunication, lancée par Innocent III contre

Il réforme

les abus de la curie.

Innocent III travaille

à soustraire

l'Italie

à la

domination

allemande.

Son

intervention

en Sicile.

1. J. Matr, Markwald von Anweiler, un vol, in-8°, Innsbrûck, 1876, cf. P. L,, CGXV, 54i.

Page 1