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Mortier, Hist. des maîtres généraux.,., t. I. p

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE 0 II

l'ordre de saint François, dont, n'étant que cardinal, il avait contribué à faire approuver la règle. Mais, en 1280, il eut à intervenir dans des discussions qui divisaient les membres de Tordre. En debors de sa règle, approuvée par Honorius III, saint François avait laissé à sa famille religieuse un testament spirituel, dans lequel il insistait beaucoup sur la pratique d'une parfaite pauvreté. Parmi les Frères mineurs, les uns voulaient mettre ce testament sur la même ligne que la règle ; les autres, soutenus par le nouveau général de l'ordre, Frère Elie, déclaraient que, tout en respectant les derniers * avis de leur Père, ils ne leur reconnaissaient aucune force de loi. Sa bulle Par sa bulle Quoelongati, du 28 septembre 1280, Grégoire IX donna ' (ia3o). raison au Frère Elie et à ses partisans, déclara que le testament de saint François d'Assise n'obligeait pas en conscience, et que la pauvreté pouvait et devait se concilier avec l'usage de l'argent par l'intermédiaire de délégués des bienfaiteurs et avec la construction de monastères adaptés aux besoins d'une grande communauté ^. « Sans aucun doute, dit un historien de l'ordre, c'était s'éloigner de l'idéal de saint François, mais c'était un moindre mal que de compromettre l'existence de l'ordre en imposant à la multitude des religieux des obligations que beaucoup étaient impuissants à observer ^. » Ajoutons que, parmi ceux qui réclamaient ardemment l'observation d'une règle ptus stricte, plusieurs paraissent avoir été animés de cet esprit d'exagération qui devait produire, dans l'ordre franciscain et dans l'Eglise, le schisme des « Spirituels ».

L'esprit de mesure en toutes choses accompagna le pieux pontife jusqu'à ses derniers moments. Il venait d'en (louner de nouvelles preuves à l'égard de Frédéric II en entamant avec lui, en 12^1, des Mort de négociations en vue de la paix 3. L'empereur, mal conseillé par son (al abolit 124 1).

1. De vives discussions ont eu lieu récemment au sujet du rôle de Frère Elie de Cortone. Le D'" Lempp, dans une étude très documentée, mais animée d'un esprit ouvertement hostile à l'Eglise, Frère Elle de Cortone, un vol. in-80, Paris, 1901, avait prétendu montrer <( comment Elie avait réussi à grefTer les desseins de la curie sur le tronc vigoureux de la jeune association franciscaine, pour étouffer en son germe l'œuvre à laquelle son maître avait consacré sa vie ». M. Gh. Guigne- BERT, dans la Revue le Moyen Age, t. XVI (igoS) p 894-399, et M. E. Landry, dans le Bulletin italien, t. II (1903), p. 5-i4, avaient reproduit celle allégation, en renchérissant encore sur son esprit autiromain. Mais le P. Edouard d'Alençon, dans les Etudes franciscaines, t. YIII (1902), p. 643-653, a fait ressortir le caractère conjectural de la plupart des affirmations du D'' Lempp, et le P. Van Ortroy, dans les Analecta Bollandiana, t. XXII (igoS), p. 19/1-202, le> a rcfulcos point par point.

2. P. Edouard d'Alençon, dans le Dict. de théol. de Vacant, t. VI, col. 812,

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