‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 315 sur 336 · Lacordaire, Vie de saint Dominique, ch. xvi · texte numérisé non relu

Lacordaire, Vie de saint Dominique, ch. xvi

4. Quo tempore christianae sapientix vis illa et divina virtus in leges, inslituta moresque populorum.... penetraverat. ~~—

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que nous avons trop souvent rencontrés au cours des trois siècles que nous venons d'étudier. Mais s'en scandaliser serait méconnaître que la conduite des hommes les plus vertueux n'atteint jamaisl'idéal dont ils s'inspirent ; à plus forte raison en est-il de même de la conduite d'une société tout entière. Ce qui est incontestable, c'est qu'un idéal de vie et de perfection chrétienne a régi le Moyen Age ; c'est que, du xi** au xiii* siècle, il n'a cessé de grandir ; c'est qu'il a pénétré de plus en plus les lois, les institutions et les mœurs, et qu'il y a produit des merveilles. Le siècle de saint François d'Assise et de saint Louis, le siècle des cathédrales gothiques et des corporations chrétiennes, de la chevalerie el des ordres mendiants, est vraiment un siècle de foi et de charité. Montalembert écrivait dans l'Introduction de son Histoire de. sainte Elisabeth : a. Nous ne savons que trop tout ce qu'il y avait de souffrances, de plaintes, de crimes, dans les siècles que nous avons étudiés. Mais nous croyons qu'il y avait, entre les maux de ces siècles et ceux du nôtre, deux incalculables différences. D'abord l'énergie du mal rencontrait partout une énergie du bien, qu'elle semblait augmenter en la provoquant au combat. Puis, ces maux, dont le monde souffrait, étaient plutôt matériels que moraux. Une immense santé morale neutralisait toutes les maladies du corps social. La foi, qui avait pénétré le monde, qui réclamait tous les hommes sans exception, s'était infiltrée dans tous les pores de la société comme une sève bienfaisante ^. )) Le jour où le monde moderne, pour parler encore comme Montalembert, « demandera à sortir du désert qu'on lui a fait, -^oudra qu'on lui répète les chants de sa jeunesse ^ », il se souv'iendra sans doute que le monde gréco-romain lui a donné une philosophie et une science du gouvernement, dont l'Eglise catholique n'a eu qu'à purifier les éléments pour les faire concourir à son oeuvre civilisatrice, mais il aura besoin, plus encore, de se tourner vers cet âge rayonnant de foi

Où tous nos monuments et toutes nos croyances Portaient le manteau blanc de leur virginité, Où, sous la main du Christ, tout venait de renaître. Où le palais du prince et la maison du prêtre, Portant la 'même croix sur leur front radieux, Sortaient de la montagne en regardant les cieux \

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