DiRRAS, Hist. gin. de l'Ej'lse, t. XX, pp
Ilist. géu. de l'Eglise. — IV fl
ii4
Les scandales
de
fa vie privée
et de son
gouvernement.
Le caractère
irréprochable
de sa doctrine
officielle.
Mesures
bienfaisantes
prises
par
Benoit IX.
prétation du savant cardinal Baronius. « L'univers chrétien, dit-il, en reconnaissant la juridiction de ce pape, lui conféra après coup une autorité qu'il n*avait pas dans le principe. Tant était grande, à cette époque, la vénération du monde catholique pour l'Eglise romaine î II suffisait qu'un titulaire quelconque fût promu sur le trône de saint Pierre, pour qu'on honorât dans sa personne le Prince des apôtres qu'il représentait *. n
Le pouvoir suprême ne changea pas les mœurs du nouvel élu. Dans sa vie privée, la poursuite des plaisirs, l'amour des richesses, restèrent ses grandes passions ; dans sa vie publique, il se fit l'instrument docile des convoitises de sa famille et du despotisme de l'empereur. Mais, il faut le reconnaître, pas plus que Jean XU, • Benoît [K ae chercha jamais à légitimer doctrinalemeat sa conduite. Son enseignement officiel fut la condamnation de sa vie. Dieu, qui, pour faire toucher du doigt sans doute les funestes conséquences de l'immixtion des pouvoirs civils dans le choix de ses pontifes, laissa la corruption monter jusqu'au trône de saint Pierre en la personne d'un pape indigne, ne permit pas que l'Église eût à rougir d'une seule ligne de son bullaire. La bulle rédigée par Benoît IX pour décerner les honneurs de la canonisation au Bienheureux reclus Siméon de Trêves, « est écrite, dit Papebroch, en un style vraiment apostolique ^ ». L'acte par lequel il étendit la juridiction de l'archevêque de Hambourg, Adalbert, sur les régions septentrionales de l'Europe, le Danemark, la Suède, la Norvège, l'Islande et les îles voisines 3, avait pour but et eut pour heureux effet de faciliter l'évangélisation des peuples du Nord. La décision qui plaça toutes les Eglises de Pologne sous la dépendance de l'évêque de Cracovie * fut inspirée par un souci intelligent des besoins religieux de ce pays. La dispense des vœux de religion accordée au fils de Miécislas II, Casimir, pour permettre à ce prince de sauver la Pologne de l'anarchie en acceptant la couronne royale, ne dépassait pas le droit de la chaire apostolique ; elle répondait à des vœux dont saint Odilon de Gluny s'était fait l'interprète, et aboutit à de bienfaisants résultats : Casimir P"" garda sur le trône les vertus qui l'avaient fait aimer de saint Odilon, et mérita 1 honneur de voir son