‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 86 sur 336 · Baroî»ius, Annales, ad^on. io5o, n. i · texte numérisé non relu

Baroî»ius, Annales, ad^on. io5o, n. i

Ilist. géc. de l'Eglise. — IV

Progrès du royaume de Hongrie.

Béatrice^

duchesse

de Toscane.

Malgré Tappuî

du roi

de France,

un archidiacre

simoniaque

de Mende

est déposé

par Léon IX.

Traité de Worms,

conclu entre le pape et l'empereur

(io5a).

sur l'issue de cette affaire. Tandis qu'Hermann Gontract prétend que le roi André refusa d'adhérer aux conditions de paix proposées par le Saint-Père S Wibert affirme que le royaume de Hongrie reconquit son autonomie ^. Ce qui est certain, c'est que u la Hongrie se développa dans la voie que saint Etienne avait ouverte, et que, lorsque, en 1077, il trouva dans Ladislas le Saint un successeur digne de lui, une période de puissance et de progrès s'ouvrit pour l'Etat magyar ^. »

Ce n'était point un roi qui gouvernait la Toscane; c'était une duchesse, une simple femme ; mais Béatrice, duchesse de Toscane et de Mantoue, la digne mère de la comtesse Mathilde, avait l'âme noble "et virile à l'égal des plus grands rois. En io53, au concile de Mantoue, un certain nombre de prélats de Lombardie, ceux que l'histoire a stigmatisés sous le nom de « taureaux lombards », enhardis par la mort du duc Boniface, et craignant une réforme qui les aurait obligés de changer complètement leur vie, avaient envahi l'assemblée et y avaient déterminé une rixe sanglante. Béatrice n'était pas femme à laisser compromettre l'autorité ducale ni celle de l'Eglise. Elle se préparait à châtier les coupables ; mais elle voulut d'abord prendre l'avis du pape. Léon IX demanda et obtint pour les coupables une amnistie complète. C'est contre son autorité personnelle que la manifestation avait été principalement dirigée ; il voulut pardonner.

En revanche, il fut inflexible dans la solution d'un litige où la justice lui parut manifestement lésée. Un archidiacre de Mende, Bertrand, prêtre simoniaque, 'mais puissamment soutenu par le comte de Toulouse et par le roi de France Henri I", disputait la crosse à Pierre, évêque légitimement élu du Puy-en-Velay. Le pape n'hésita pas à se prononcer contre le protégé du roi de France, pour celui qui avait en sa faveur le droit *.

Aux fêtes de Noël de l'année io52, Léon IX avait conclu à Worms avec l'empereur un traité important au point de vue du développement du pouvoir temporel du Saint-Siège. En retour de l'abandon consenti par le pape des droits qui lui revenaient, par fondation, sur l'évêché de Bamberg et le monastère de Fulda, l'empereur aban-

I. H. C0STRA.CT, Chron., ad ann. io52, M. G., SS., t. V, p. i3i. a. WiDERT, Vita Leonis ÏX, 1. II, ch. viit.

3 Ernest Denis, dans \ Hial gén. de LavissE et Rambaud^ t. I, p. 72a. 4. E. M4.RTIM, op. cit , p. 164.

L AFFRANCHISSEMENT DE L EGLISE

donnait au domaine de saint Pierre, Bénévent et les autres possessions de la couronne de Germanie situées au sud de Rome *. En outre, l'empereur s'engageait, pour garantir la tranquille possession de ces domaines, à mettre un contingent de troupes à la disposition du pape *.

Outre les grands avantages que ce traité assurait à la papauté pour l'avenir, il permettait au pape de réprimer aussitôt, dans l'Italie méridionale, les incursions tumultueuses des Normands. La nation normande, qui devait, dans la suite, rendre au Saint-Siège d'éminents services, — services intermittents, il est vrai, entrecoupés de bien des tracasseries et des révoltes, — n'avait pas cessé, depuis ses établissements sur la côte italienne en 996, de s'y fortifier et de s'y agrandir 3. Tout bouillants encore d'une sève barbare mal comprimée, les guerriers normands se livraient fréquemment à des scènes de pillage et de dévastation. Léon IX s'en attristait ; mais ne croyant pas qu'il fût dans son rôle d'entreprendre, sans y être poussé à bout, une expédition guerrière, il compta longtemps sur l'intervention des troupes grecques pour la répression de ces excès *. Mais les scènes de pillage se multipliaient. Au rapport de Bruno de Segni, des habitants de l'Apulie venaient à Rome, les yeux crevés, le nez coupé, les pieds ou les mains mutilés, témoins lamentables d'une barbarie sans nom 5. Aux derniers jours de mai de Tannée io53, Léon IX jugea que le moment était venu de prendre lui-même la direction d'une expédition contre les Normands.

Malheureusement les troupes que l'empereur mit à sa disposition furent intentionnellement composées d'aventuriers, de gens sans aveu, qui ne virent, dans la campagne où on les engageait, qu'une occasion de lucre. A la première grande bataille, qui fut livrée près de Civitella, les troupes pontificales cédèrent. Du moins le pontife, se présentant, après la défaite, aux terribles vainqueurs, sut leur imposer le prestige de sa majesté. Il fit appel à leur loyauté, et obtint d'eux, dit un témoin, non seulement la promesse de cesser leurs

Importanc<^ de ce traivS

au

point de vue

de l'avenir

de l'Etat

pontifical .

Dévastations des Normands

dans la Basse Italie.

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