P. L.,t. GKLIII, col
5. Bruno de Sbgni, VitaS. Leonis IX, P. L,, t, GLXV, col. 11 16,
Les Normands
font
un serment
de fidélité
au pape.
Mort de
saint Léon IX
(19 avril
brigandages, mais rengagement même, qu'ils prirent par serment, de lui rester fidèles, de remplacer auprès de lui les soldats qu'il venait de perdre * . « De tels retours n'étaient point rares en ces siècles de violents contrastes. La dignité de Léon IX dans son épreuve, sa fermeté tempérée de mansuétude, son intrépidité calme de père et de pontife, lui avaient ainsi procuré, pour le Saint-Siège, plus qu'il ne pouvait espérer d'un succès ; à la place d'ennemis insaisissables, toujours prêts à la révolte, c'étaient des vassaux qui venaient à lui spontanément *. » Il paraît cependant que le saint pape garda, de la défaite de ses troupes à Civitella, une profonde tristesse. Il s'y mêlait sans doute une amertume à l'égard de l'empereur, qui l'avait si rnal servi, et quelques doutes aussi sur la persévérance de ceux qui venaient de se donner à lui. Peu de jours après ces événements, (K>mme si le grand effort physique et moral qu'il venait de faire l'avait brisé, il se sentit frappé à mort.
Il voulut revoir Rome, et s'y rendit péniblement. Le 19 avril, après avoir renouvelé sa confession, entendu la messe et reçu la sainte communion, il remit saintement son âme à Dieu^.
Situation
critique
du Saint-Siège
après la mort
de saint Léon IX.
Habiles
négociations
d'Hildebrand.
A la première nouvelle de la mort de Léon IX, Hildebrand, qui était alors à Tours, revint à Rome. Il avait un rôle important à y remplir. Il devenait de jour en jour plus évident que, si l'aide de l'empereur pouvait rendre des services réels à l'action des papes, son ingérence abusive dans leur élection était de nature à les placer àson égard dans un état de dépendance humiliante pour l'Eglise, nuisible à la légitime liberté de leur mission spirituelle. Les Romains le sentaient si bien, que leur idée était de nommer, cette fois, en se passant de tout recours à l'empereur, un pape de nationalité italienne. Le nom d'Hildebrand était sur toutes les lèvres. D'autre part, il était incontestable qu'un tel procédé irriterait au plus haut point Henri III. Apaiser les deux susceptibilités rivales : d'un coté, obtenir du clergé et du peuple de Rome le recours à l'empereur et l'abandon d'un candidat national ; de l'autre, obtenir de l'empereur