‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 89 sur 336 · I. Anonymus benevetensis. dans Watterich, t. I, p · texte numérisé non relu

I. Anonymus benevetensis. dans Watterich, t. I, p

a. E. M.vuTiN, Saint Léon IX. p. 169.

3. Brumo de Sbcni, VitaS. LeonislX, P. L., t. CLXV, col. irig.

L AFFRANCHISSEMENT DE L EGLISE

la renonciation à l'exercice de son droit de patrice de Rome et, par là même, à l'imposition de son propre candidat : telle fut la mission que s'imposa Hildebrand. Il fallut tout le prestige, toute la confiance dont le moine jouissait auprès des Romains, la promesse que le nouveau pape serait proposé par Hildebrand lui-même, et la garantie que l'autoriLé impériale ne pèserait point sur la liberté de leurs votes, pour leur arracher les sacrifices demandés. Henri HT, de son côté, finit par renoncer à l'exercice abusif de son droit de patrice, sous la condition que le pape serait de nationalité germanique. L'habile négociateur lui fit sans doute comprendre qu'une rupture avec Rome, au moment où l'Italie méridionale lui échappait, et où, en Allemagne même, son étoile commençait à pâlir, serait désastreuse pour son autorité personnelle. Mais quand Hildebrand mit en avant son candidat, de nouvelles difficultés surgirent. Celui qu'il proposait n'était autre que le conseiller le plus apprécié de l'empereur, Gebhard, évêque d'Eichstâdt, de la race des comtes bavarois de ToUenstein et d'Hirschberg. C'était un homme à la fleur de l'âge. Vrai homme d'Etat, rompu au maniement des affaires, il s'était, sur plusieurs questions d'intérêt international, trouvé en désaccord avec Léon IX, mais son dévouement absolu à l'Eglise, la parfaite correction de sa vie, ne faisaient doute pour personne. Henri III prétendit qu'il ne pouvait se passer d'un tel conseiller. Gebhard luimême, connaissant plus qu'aucun autre les difficultés redoutables de la charge où on voulait l'élever, résista pendant cinq mois à toutes les sollicitations, et ne céda qu'à la diète des princes tenue à Ratisbonne en mars io55. Henri III dut consentir à son tour aux conditions que lui posa nettement le futur pape. « Je me donne corps et âme à saint Pierre, dit l'évêque d'Eichstâdt à l'empereur, et je m'incline devant vous; mais à la condition que vous aussi vous rendrez à saint Pierre ce qui lui appartient. » « Il faisait certainement allusion, par ces paroles, non seulement aux biens de l'Eglise romaine, mais encore à ses droits et à ses libertés, et surtout à la participation du clergé et du peuple à l'élection du pape *. » Gebhard, après avoir été canoniquement élu par les Romains, fut sacré à Rome le i3 avril io55 sous le nom de Victor II.

De tous les succès diplomatiques remportés par Hildebrand dans sa carrière de moine et de pape, il n'eu est pas de plus carac-

II travaille

à faire élire

Gebhard,

évêque

d'Eichstâdt.

Conditions

posées

par

le futur pape

à l'empereur.

Il est sacré

sous le nom de

Victor II

(i3 avril

io55).

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