‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 1 sur 284 · MONDE BARBARE · texte numérisé non relu

MONDE BARBARE

NoiumU* édition revtte et corrigée

PARIS LlBRÂiniE BLOUD ET GAY

3, nUE GARANGlÈnB, 3

fUit>iv<lucllu>B «l iraUiuMloa interdit**.

ocT 1 la-»»

La période historique qm s'étend de la chute de l'Empire, romain d'Occident, eu 476, à la prise de Constantinople par les Turcs, en 1433, a reçu le nom de Moyen Age. On a ainsi voulu désigner la transition entre l'âge antique et l'âge mn- Q^.ggj.ç^ derne. le Moyeu A^je?

Cette importante période de l'iiistoire a été successivement l'objet d'un dédain, d'un dénigrement et d'un engouement excessifs.

Les purs lettrés de la Renaissance ne virent d'abord, dans

cette phase de dix siècles où l'on parlait si mal le latin, qu'une ,

.. . , . L'idée «î^

époque d ignorance et de grossièreté. C'était pour eux comme Moyeu Ac»

une longue nmt de mille ans entre deux époques de lumière : manistM. l'époque de l'antiquité païenne, dont ils ne considéraient que la littérature à son âge 4 or, et celle de la Renaissance de l'antiquité, qu'ils saluaient de leurs espérances enthousiastes '.

Le xvui* siècle passa du dédain à la haine. Pour les philosophes de l'Encyclopédie, le Moyen Age commence à iincendie de la bibliothèque d'Alexandrie, qui détruit le patrimoine ciopèdisiëji intellectuel de l'humanité et se clôt aux bûchers de 1 Inquisi-

1. Le nom de Moyen Age paraît avoir été emprunté par 1 histoire h !a phiIoloî;ie de3 humaaistea. La période qui s'étend du v* au xvi» siècle e-t, en effet, celle dout du Cau^e étudie la langue dans son Glosxarium iiiini.fi et infimoe latniitatU. La première bisloir; u Moyen Age est celle de l'allemand Christophe Kellcr (.Gollariusj Ilstiria medii œvi, léaa, 1 88 E nployér ea passant par Vol'uire. rexpie3'«ion n'est devenue courante qu'au début da XIX" àièclo Les romantiques la luiiv.ul à la mode Les prOr,i'i"-ine>i olficifl^ da la Restauration la consacrèretit ec l'Acadéiuie l'admit dans ta sixième éditioQ de son l»i tionaaire, ea lîi3j ((il. G. KoaiB- Qu'est-ce que le Moyen Ags, Paria, Bloud).

Ui»t gén. de l'EglIsa. i

2 INTUODUCTION

tion. qui brûl'^nt ceux qui travaillent à reconstituer ce patrimoine. A leurs yeux, le Moyen Age, c'est la période maudite de la tyrannie ecclésiastique, de l'ignorai-ice et de la pure barbarie.

Les études d'bstoire nationale que le patriotisme allemand <fbei les Ro- su'^cita vers la fin du xviii® siècle et le début du xix^, firent naître le Romantisme et, avec lui, l'i culte du Moyen Age.

Né de l'autre côté du Bhin, ae l'œuvre de Wackenroder, le Romantisme se propagea en Angleterre avec Walter Scott et en France avec Chateaubriand. Dès lors, on ne rêva plus que de cathédrales gothiques, de guerriers à cottes de mailles, et de dames à grand hennin. Les plus libres « enfants du siècle » furent hantés par les visions des Moines et des Chevaliers.

Que j'aime à voir, près de l'austère

Monastère, Au seuil du baron feudataire, La croix blanche et le bénitier I

chantait Alfred de Musset en 1828.

Les sévères méthodes historiques, que les travaux de notre ïhozlesBa- Ecole des Chartes et des universités allemandes firent préva- ^'"joura. "°^ l^oi^ dans le cours du xix^ siècle, amenèrent peu à peu les historiens à une vue plus juste de l'époque médiévale. Aujourd'hui, aux yeux des savants les plus réputés, le Moyen Age apparaît, suivant les expressions de l'un d'entre eux, comme « lune des périodes les plus fécondes de l'histoire, la période où se forment les nations de l'Europe nouvelle, où se crée une civilisation très diiîérente de la civilisation gréco-romaine, mais qui, à certains égards, ne lui est pas inférieure »*. Plus explicitement, on peut dire qu'une science mieux infor-

^, L*TiBsi etRAMBAUD. nîttnire générale, tome I, p. 1. Poar Auguste Comte, le Moyen \ae est « IVpoque où le monde a été le mieux organisé », c est « l'enipire romain rcviv.uil spirituelli'mcnl, grouiianl les âmes européennes en un s'Mil fni^ro/m et suscif int les seules grandes choses qui se soient faites alors ». f.f K, FiBcrr, l'oUti'j'i^it e.t min-alis'es <iu xix' siMe ; 2* série Auguste Comte. BiiURifTiiitt», La ch^inim de la. cioy^ncc : l'utUaaiion du posi» tivisme.

mée que celle des Humanistes, plus juste que coll > Vs 'ncvclopéJistes et plus profonde ([ue celle des Ronianliques, con(,oit, de nos jours, la période qui s'est écoulée ilcpuis le V* sii'cle jusqu'au xiv*, comme une époque d'activité intellectuclie et politique des plus intenses, qui. sous la direction de l'Eglise romaine, a eu pour résultats la formation de l'Europe moderne et sa pénétration profonde par l'esprit catholique.

Le déchilTrement d'un grand nombre de chartes anciennes, Activité lutc*; ia publication d'une multitude de monographies, nous ont permis d'abord de reconstituer ce prodigieux développement d'activité intellectuelle qui remplit le Moyen Age, On connaît mieux qu'autrefois ces écoles monastiques, épiscopales et palatine, que créa l'activité de Charlemagne. On est plus documenté sur ces controverses du ix® siècle, où s'illustrèrent un Scot Erigène et un Ilincmar de Reims, sur l'œuvre immense d'un Pierre Lombard, sur ce foyer de science, de mysticisme et de poésie que fut le monastère de Saint- Victor. On a fuit revivre cette grande Université de Paris qui, au xm® siècle, groupa tant de jeunes étudiants, réunis en corps de nations. On ne nie plus l'existence d'un mouvement intellectuel qui va de Charlemagne à Pétrarque, et l'on n'hésite plus à le rattacher à la brillante Renaissance du xvi® siècle.

L'incomparable activité politique et sociale de cette époque Activité polia été pareillement mise en évidence par les travaux du der- gocUO». nier siècle.

Tant de lois barbares, où l'Eglise s'efforça de faire entrer l'esprit chrétien, tant d'assemblées nationales et de conciles où la vie parlementaire s'ébaucha, tant de négociations politiques entre jirises par les Papes pour assurer la bonne harmonie des peuples chrétiens et pour les prémunir contre les infidèles, tant d'énergie dépensée à garantir les libertés communales et les franchises corporatives, tant d'elîorts persévérants employés à maintenir cette distinction du spirituel et du temporel que l'ajitiquité païenne n'avait pas connue, ne nous autorisent-ils pas à considérer le Moyen Age comme la féconde périoc' d'incubation des temps modernes?

ÔQX 7 7

4 KS'TRODUCTIOR

« Le Moyen Age, dit M. E. Lavisse, a ébauché les nations qui se sont achevées au cours de notre siècle. Le Moyen Age et notre siècle sont les deux époques les plus importantes dans l'histoire de l'Europe, j'entends l'histoire politique proprement dite '. »

« L'histoire de l'Europe, dit le même historien, aurait été toute différente, nos ancêtres auraient trouvé d'autres conceptions politiques, comme d'autres sentiments et d'autres passions, si l'Eglise et la Papauté ne leur avaient proposé un idéal qui les a dominés... Supprimez la Papauté : du même coup disparaissent la communauté de la civilisation ecclésiastique et chrétienne où les peuples sont demeurés longtemps confondus... L'histoire du monde ancien est oubliée : Charlemagne n'est point le successeur des Césars, Otton ne fonde pas le Saint-Empire. La querelle du spirituel et du temporel, qui fut la grande guerre civile du Moyen Age, n'a pas de raison d'être nn«; plus que l'accord du monde chrétien contre l'Infidèle : l'épée du chevalier n'est pas bénite par le prêtre et l'histoire ne racontera pas le poème des croisades *. »

Pendant cette période de dix siècles, l'Eglise chercha sur- Influence p'-é- tout kpénétrer le monde barbare de son esprit. « Fiffurez-vous, pondérante ... i o

de l'Eglise dit à ce sujet un de nos critiques les plus délicats, figurezvous ce que serait notre littérature moderne, notre pensée moderne, si l'on en retranchait l'histoire de ces conciles, de ces ordres religieux et de ces Papes qui, pendant mille ans, ont gouverné par des bulles ce monde, que les vieux Romains ne retenaient qu'à peine sous le joug avec leurs empereurs et leurs légions *. »

Sans doute, il y eut, dans ce mouvement, des heurts pénibles, des mouvements de recul et de lamentables défaillances. Les hommes de ce temps péchèrent gravement, tantôt par une

1. E. Lavisse, Vue générale sur l'histoire politique de f Europe, arani* propos, p. vil.

2. nevue des Deux-Mondes, 15 décembre 1886. L'entrée en scène de Im papauté par E. Lavissb, p. 843.

3. SavgsTUB DB Sact, Prélace aux Lettres de saint François de Sales, p, Ji-a. Paris, 1805.

exubérance de fougue passionnée, tantôt par un idéalisme Vicfis de cett naïf et par un imprudent oubli des droits de la criticjue. Au- tn^l, tncBu tour de saint François d'Assise et de saint Louis, il semble bien "^rwro» qu'on cherche encore trop à trancher les questions intellectuelles par l'autorité d'Aristote et les questions politiques et religieuses par la peur du bûcher. Mais se plaindre que la transformation n'ait pas été plus rapide, serait méconnaître les lois du développement des idées et des institutions humaines.

Ce que 1 histoire de nos jours a pleinement révélé, c'est que l'Eglise ne cessa jamais de veiller sur ces abus et de les réprimer avec une patience invincible. En des pages brillantes, Comment M. Taine a décrit ce rôle de l'Eglise éducatrice du monde bar- ccmire ce» bare. « Pendant plus de cinq cents ans, l'Eglise sauve ce qu'on ^èiuq iiècles. peut encore sauver de la culture humaine. Elle va au-devant des barbares ou les gagne aussitôt après leur entrée... Devant l'évêque en chape dorée, devant le moine vêtu de peaux, le Germain converti a peur : ladivination vague d'un au-delà mystérieux et grandiose, le sentiment obscur d'une justice inconnue, le rudiment de conscience qu'il avait déjà dans ses forêts d'Outre-Rhin, se réveille en lui par des alarmes subites, en demi-visions menaçantes. Au moment de violer un sanctuaire, il se demande s'il ne va pas tomber sur le seuil, frappé de vertige ; il s'arrête, épargne la terre, le village, la cité qui vit sous la sauvegarde du prêtre. D'autre part, parmi les chefs de guerre aux longs cheveux, à côté des rois vêtus de fourrures, l'évêque mitre et l'abbé au front tondu siègent aux assemblées ; ils sont les seuls qui tiennent la plume, qui sachent discourir. Secrétaires, conseillers, théologiens, ils participent aux édits, ils ont la main dans le gouvernement, ils travaillent par son entremise à mettre un peu d'ordre dans le désordre immense, à rendre la loi plus raisonnable et plus humaine, à rétablir ou à maintenir la piété, l'instruction, la justice, la propriété et surtout le mariage... Dans ses églises et dans ses couvents, l'Eglise conserve les anciennes acquisitions du genre humain, la langue latine, la litti'-rature et la théologie chrétiennes, une portion de la litti-rdure et des sciences

païennes, rarchitecture, la sculpture, la peinture, les arts et les industries qui servent au culte, les industries plus précieuses qui donnent à l'homme le pain, le vêtement et l'ha^i talion, surtout la meilleure de toutes les acquisitions humâmes et la plus contraire à l'humeur vagabonde du barbare pillard et paresseux, je veux dire l'habitude et le goût du travail. Au pain du corps ajoutez celui de l'âme, non moins nécessaire ; car, avec les aliments, il fallait encore donner à l'homme la volonté de vivre, ou tout au moins la résignation qui lui fît tolérer la vie. Jusqu'au milieu du xiii* siècle, le clergé s'est trouvé presque seul à la fournir. Par ses innombrables légendes de saints, par ses cathédrales et leur structure, par ses statues et leur expression, par ses offices et leur sens encore transparent, il a rendu sensible « le royaume de Dieu », et dressé le monde idéal au bout du monde réel, comme un magnifique pavillon d'or au bout d'un enclos fangeux,.. Pendant plus de douze siècles, le clergé a nourri les hommes de cet idéal, et, par la grandeur de sa récompense, on peut estimer la profondeur de leur gratitude. Ses Papes ont été pendant deux cents ans les dictateurs de l'Europe. Ne «.roj-ons pas que l'homme soit reconnaissant à faux et donne sans motif valable ; il est trw|î égoïste et trop envieux pour cela. Quel que soit l'établis* sèment, ecclésiastique ou séculier, quel que soit le clergé, les contemporains qui l'observent pendant quarante générations ne sont pas de mauvais juges : ils ne lui livrent leurs volontés et leurs biens qu'à proportion de ses services, et l'excès de leur dévouement peut mesurer rimmensité de son bienfait'. »

Le présent volume n'aura pas à raconter le plein triomphe de l'esprit chrétien sur le monde barbare. Les cinq siècles qui feront l'objet de notre étude ne nous montreront que l'élaboration patiente, douloureuse, et parfois tragique, de cet idéal de la Chrétienté, que l'Eglise poursuivit à travers tant de vicissitudes.

î n. Tiixi, Les t,ii</ines de la FiMica conttni-.yoraint , Vancûn riff\m.$t

DÎTRODUCTION 7

Trois sortes d'ouvriers travaillèrent à cette œuvre : des Tro'» «ories

. . d'ouvrier» col-

Papes, des Evoques et des Princes chrétiens. làborentà

T, . • • 1 t -n lîT- 1- 1 . l'édiBce du

Il s agissait avant tout de lorlilier 1 Lglise dans son centre : .Moyen Age:

ce fut la première lâche. Elle s'imposa aux préoccupations des les Pape»,

Papes, en particulier de saint Grégoire le Grand *.

La puissance du Saint-Siège une fois solidement établie, l'Eglise put sans péril rayonner, par ses missionnaires, dans le monde barbare. Ce fut la mission de ces grands Evêques ^*" évêquee, qui, non seulement « firent la France », comme on l'a dit, mais aussi l'Angleterre, l'Allemagne et les autres nations « ainsi que des abeilles font leur ruche » '. Le type de ces évêques missionnaires est l'apôtre de la Germanie, saint Bonifacc.

Quand les peuples barbares furent convertis, l'Eglise s'appliqua à grouper les nations chrétiennes en une vaste et puissante Fédération, qui s'appela la République chrétienne ou la Chré- 'es princ»»

, r^ , c- chrétiens,

lienté. Dans cette œuvre, les Papes et les évêques furent secondés par les princes chrétiens, dont le plus grand fut Charlemagne.

Au moment où ces trois œuvres paraissaient définitivement accomplies, le démembrement de l'empire carolingien et les bouleversements politiques et sociaux qui s'ensuivirent au cours des ix* et x* siècles, amenèrent une crise religieuse dont la Papauté eut beaucoup à soulTrir. Mais Dieu n'abandonna pas La crise èe* son. Eglise. Aux heures les plus sombres de cette crise, on vit et lo S^iuise dresser la haute et majestueuse figure du Pape saint Nico- ""?"■•• las I", qui affirma les droits du Saint Siège avec une autorité souveraine ; et c'est sous le plus humilié des pontificats que fut restaurée la grande œuvre de Gharlemagne : l'indigne Jean XII

1. Cet affermissement do ITglise en son cpnfre, cet accrois?ement de puis» fance tcrapoiolle de la Papiiïitô fut plutôt le résultat d'événements providi-ntielf» que d un dessein prémédilé dr-s Papes. Saint Grégoire lo-Grnml, en ai ordant le souverain pontificat, est effrayé de la responsabilité ijui lui incoiiihe et ^<on premier raouvenn-nt est d'en érarler le fanl'-nn.

2. ''ettfl parf)le « ce <ont les év.Viocs qui ont f;iit ia France comme !ea abeilles font leur ruche» est souvent attribuée ?i 1 liistoricn proleslant Giblmn. n n on a écrit que la promiôre p u-tie : « co sont les évAques qui ont fait \n France ». G est Joseph <Ie Mai.-tre qui a ajouté « comme Ifs nbcilles fout leur niche f. Cf. GiEBOT. IJi^t. di !a 'icuadiiicti cl de la chute de l'ou/iirc l'Oinoi.', tff.. uiwit. VII, 1'./. D« .Miivrr.», rrindiiet iic.itr.àes ccuitit loll' , LXV.

devint lui-même l'instrument de la Providence en rétablissant le Saint-Empire en la personne d'Otton P'. Cette puissante institution, en ressoudant l'alliance du Pape, des évêques et des princes chrétiens, devait, malgré bien des luttes pénibles, sauvegarder, en somme, pendant plusieurs siècles, l'unité politique de l'Occident, et, dans une certaine mesure, l'idéa! de la Chrétienté.

flUR LES l'UiN.irAix iii)i:i:mk.nts irr ui vkac.es cousit a és

I. — Le LiBBR PoNTiFfCAUs cst un recueil de b!o^;raphieg des Papes, depuis saint Pierre jusqu'à Etienne V (-1-8OI). Au point de vue de l'autorité historique, on peut le diviser en deux parties. La plus ancienne, qui va jusqu'en 5.'{(), est l'œuvre d'un clerc de Rome contemporain de Boniface II (530-532) : elle est peu sûre et con tient beaucoup d'anachronismes et de détails de pure invention. Ce travail a été complété à partir du vi' siècle par des auteurs inconnus, qui ont écrit généralement à des dates très rapprochées de la mort du pontife dont ils donnent la biographie. Quelques rédacteurs, en complétant la collection, se permettaient de remanier les biographies antérieures. Malgré tout, celte seconde partie constitue un document historique de premier ordre. Deux éditions savantes du Liber Pontificalis ont été données. Celle de Théodore M( mmsen, qui fait partie des Monumenla Germaniac hislorica, ne va que jusqu'au Pape Constantin (-{-715) ; elle est faite à un point de vue purement et exclusivement critique. Celle de Mgr Duchesne (2 vol. iu-A", Paris, Thorin, 1886-1892) est complète et enrichie d'une Introduc^lion et de nombreux éclaircissements historiques.

H. — Les Regesta fontikiclm romanorum (4 vol. in-4°, Berlin, 1874-1888), entrepris par Ph. JalTé et A. Potthast, lorsque ces deux savants se séparèrent de la société des Monumenla Germanise à la mite de difTicullcs avec Pertz, donnent, année par année et jour par jour, les extraits les plus importants des actes de la chancellerie pontificale, critiqués et annotés, avec références aux collectioni qui contiennent les documents en entier.

III. — L'ouvrage de .Mansi, Sacrorum coxciuorum nova et a»!* fUssiMA coLLECTio (31 vol. in-f°, Florence et Venise, 1759-1798) est,

10 NOTICE BIBLIOGRAniIQLE

mal'Té ses défauts, ses répétitions et quelque désordre dans la disposition des pièces, la collection la plus riche que nous possédions sur les Conciles. Mais elle ne va que jusqu'en 1439 et n'a pas de table des matières. Une réédition, entreprise par l'éditeur Weller, au moyen du procédé anastatique, comprendra 10 à 12 volumes de Continuation et Tables. Les autres coUectiocj de Conciles sont celles de Labbe et d'Hardouin.

IV. — Les MoNUMENTA Germani^b nisToniCA, entrepris en 1824, sous la direction de C.-H. Pertz, hanovrien, et dont la publication se poursuit, comprennent six sections : 1 Scriptores, 2 Leges, 3 Diplomata, 4 Epistolœ, 5 Anliquitates, 6 Auctores antiqulssimi. L'information et l'habileté technique des éditeurs des Monumenta Cermaniae laissent peu à désirer.

V. — La Pathologie latine et la Pathologie grecque de l'abbé Migne, « un des polygraphes et des compilateurs les plus extraordinaires que mentionne l'histoire de l'érudition » (Ch.-V. Langloie, Manael de bibliographie historique, p. 399), ne comprennent pas seulement des textes de Pères, mais la réimpression de tièa nombreux documents de toutes sortes, lettres, diplômes, annales, histoires, etc., ordinairement empruntés aux éditions des Bénédictins. La Patrologie latine comprend 221 vol. in-4°, dont quatre volumes de tables. La Patrologie grecque a 161 tomes en 166 volumes. Une table en a été donnée par D. Schoîarios (Athènes, 1883, in-4°).

VL — Les AcTA Saxctorum, entrepris par le P. Rossweydc et poursuivis par le P. Jean Bolland au xvii* siècle, comprennent acluellemeut 64 volumes in-f°. Le monde savant est unanime à reconnaître les mérites de ce recueil m de critique aussi hai-die et honnête que possible » (Langlois, Manuel, p. 292). Les éditeurs onl recueilli, à titre de matériaux, toutes les légendes qu'ils ont rencontrées, de telle sorte que le Président actuel des BoIIandistes, !• P. de Smedt, a pu dire: « Si les BoIIandistes croyaient positivement à tous les miracles et à toutes les révélations qu'ils publient, l n'y aurait pas d'hommes d'une crédulité p'u» robuste » '. La publication des Acla sanclorum est complétée par la revu» t^imeS' Vielle Analccla LoUandiana.

^ 'L — Le Rei:;:eil des historiens des Gauixs et de la France,

t. Ca. 01 S«»OT, Des dei-oirt des ^.crivaina catholiques. tniieUc», p. llu

NOTICE BinMOGnAPUIQUK

entrepris nu xvm» sièrle pnr Dom Aîarlin Boiiqnel, religieux bi^ndditlin de Sniiil-Mnur, qui en publia les huit premiers volumes (1737-1752), fui continué jusqu'au tome XIII par des religieux de son Ordre. L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en poursuit la puMicalion. '23 vol. in-f**.

V'ill. — L'HiSTotnB irrrÉHAiRH db i^ FnvNCB, commencée par Dom nivet au xvui" siècle, a également passé du patrimoine des B néùiclins à celui de l'Inslilut, Il existe une table géncralo doà treize premiers volumes par C. Rivaia, Paris, Palmé, 1875, in-i^

IX. — I.Ci' C viMTiLARiA nEfît'M FHANCoRt'M (addîtfB 8unt Mnrculfî roonachi et ali<'>runi forraul;»'), 2 vcl. in-f" d'Eugène Baluzo (Paris, l(>77), doivent être complétés et contrôlés par les Capitrr' Uiria regn'n frnncorum de Borelius, Hanovre, 1881, et par Ijs Formai:.' de Zeumer, Hanovre, 1882.

X. — Les ^^r;uiTo.sEs rerl'm italicarum de ^furntorî, « le père Jo la critique bisU>rique iUilienne >», en 27 vol. in-f» (Milan, 1723-1751) constituent, puivaiil M. Langlois, « le plus beau et le plus homogène des reiHieils nationaux du même genre » [Manuel de Lihli, hist., p. 328).

XL — Le Cnnpr-s srniPxnRrM insTORi.E byzantin.*, édité à Bonn, de 1828 à I8y7,er 50 vol. in-8'',est connu sous le nom de Byzantine de Bonn ou de Byzantine de Niebuhr, Mais le grand historien n'a fait que surveiller pendant les dernières années de sa vie les premiers volumes de cette collection, qui n'a pas remplacé la Byzantine da Louvre [Byzantinx hislorise scriplores varii, 47 vol. in-f* avec Introduction de Labbe, Paris, 1648-171 1).

XII. Le GlOSSARIUM ADSCRIPTORES MEDI^ ETINFIMOEr,ATIMTATIS,do

du Cange ^Pans, 1678,3 vol. in-l°. Edition Eavre, Paris, 1883-1887, 10 voL )«i-4'), n'est pas, en dépit de son titre, un travail Icxicographique -ur le latin du Moyen Age ; « c'est une encyclopédie des choses «lu Moyen Age, suivant l'ordre alphabétique des mots latins qui servent à les désigner » (Langlois, op. cit., 306).

XIII. — L'Oriens CHRisTiANUS de Le Quien (3 vol. in-f°,Paris, 1740), et la BiBLioTMECA ORiENTAUS,de Simon Assemani (1 vol. in-f", Rome, 1719-1728) sont pleins de renseignements précieux sur l'histoire et les institutions religieuses de l'Orient.

XIV. — L'Ancienne bt nouvelle discipline db l'Eglise, du P. Thomasîin, de l'Oratoire (Paria, 1678), reste, malgré beaucoup de ira-

12 NOTioE BIBLIOGRAPHIQUB

vaux récents sur le même sujet, le plus précieux travail d'ensemble sur la question.

XV. — La BiBLioTUBCA MBDii iBvi DE PoTTHAST (2 vol. in-S", Berlin, 1895-1896) donne la liste méthodique et alphabétique de toute; les collections de Chroniques du Moyen Age, avec indication dei manuscrits, des éditions, des traductions et des commentaires

Pour les ouvrages et articles de Revue sur des personnages ou sur des questions spéciales,, on ne peut que s'en référer à l'important travail de M. l'abbé Ulysse Chevalier, Répertoire des sources HISTORIQUES DU MoYEN Age. La première partie, ou Bio-bibliogra' phie (Paris, 1903, 2® édition) renseigne sur les hommes; la seconde partie, ou Topo-bibliographie, renseigne sur les lieux, les événements et les institutions (Paris, 1894-1906). Une troisième partie aura pour titre : Dictionnaire des auteurs du Moyen Age.

On trouvera au bas des pages l'indication des ouvrages plus spéciaux qui ont été utilises dans le présent volume.

mSTOIRE GÉNÉRALE DE L'ÉGLISE

Page 1