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l'église chez les peuples barbares 181
vie parlementaire mieux réglée •. Les lois d'Alfred le Grand, à la fin du X* siècle, devaient parfaire cette législation et la mettre d'accord avec l'esprit chrétien '.
Mais ce qu'il faut remarquer, c'est que ce mouvement social eut son origine dans l'évangélisation chrétienne commencée par saint Augustin et inspirée par saint Grégoire le Grand. M. Miofnet a pu écrire que l'Angleterre doit à cette évangélisa- Artion da |« tion son respect des droits de la famille et des droits de 1 mdi- civilisation vidu *. et un historien plus récent n'a pas craint d'affirmer l'AonieUrM. que les lettres de saint Grégoire à saint Augustin mériteraient d'être placées dans les archives nationales de la Grande- Bretagne, avant la Déclaration des droits et avant la Grande Charte *. La grande île, dont la réputation de barbarie avait fait reculer d'effroi, à la fin du vi* siècle, les compagnons de saint Augustin et où persistaient tant de coutumes païennes produisait des fruits merveilleux de sainteté. La Grande-Bretagne devenait l'Ile des saints. Ces Anglo-Saxons et ces Bretons, si jaloux de leur indépendance, se pénétraient peu à peu de reconnaissance pour ce monde latin, pour cette religion chrétienne, pour cette Rome, d'où leur était venu le bienfait de la civilisation. Un jour vint où, ainsi que le constate un historien, « tous les yeux furent tournés vers la capitale du monde. Chaque année de nombreux pèlerins anglo-saxons se Dévonem^nt mettaient en route, religieux et religieuses, prêtres, eveques r£/!i<e .«?et nobles. Arrivés en vue de la ville sainte, ils s'arrêtaient pour contempler et s'agenouiller. Leur première visite était pour le tombeau de saint Pierre. L'attraction devint si forte que les rois eux-mêmes y cédèrent. En 689, le roi saxon Kadwal se rendit à Rome avec l'intention de finir ses jours dans un monastère. Vingt ans après la mort de Kadwal, Conrad de Mercie et Otto d'Essex suivaient son exemple. Ainsi des rois estimaient que c'était une gloire suprême que d'aller mourir sous la robe monacale là où cent ans auparavant un moine romain avait rencontré de jeunes Anglo-Saxons sur le marché aux esclaves. Un siècle avait suffi pour que la Bretagne, con-