‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 110 sur 284 · W G n., /bid., I, 3.J · texte numérisé non relu

W G n., /bid., I, 3.J

le nom de sauveur de l'Eglise de France et de Germanie : que serait-il advenu s'il n'avait arrêté l'invasion de l'islamisme au midi et les incursiaus des païens au nord ? ^lais ce qui n'est pas moins avéré que ses services, c'est sa mainmise brutale sur les biews et sur les personnes d'église, c'est l'influence corruptrice de sa cour sur les prélats et sur les prêtres qu'il y attirait, Boniface ne tarda pas à s'en rendre compte par lui-même. Reçu à la cour du prince, il fut épouvanté des libres propos et des scandales de toutes sortes dont il était le témoin. Dans une lettre à Daniel, il se demande s'il lui est permis de remettre les pieds en ce mauvais heu *. Son pieux conseiller le mit en garde contre ce second excès '. Dans la mesure discrète où elle fut sollicitée ou acceptée par Boniface, la protection de Charles Martel fut utile à l'Eglise. Un ancien évêque du pays, qui n'avait rien fait avant l'arrivée du nouveau missionnaire, cherchait maintenant à profiter de ses travaux et lui disputait sa juridiction : Charles Martel mit son autorité au service du droit et fit triompher Boniface'. Ce fut aussi grâce au prestige que lui donnait le patronage de Charles Martel que le saint put, dès le début de sa mission dans la Hesse, frapper un llabatlecbêue grand coup, faire abattre un arbre sacré, cher aux païens, le de Geigmar. ^j^^j^g jg Geismar. Lui et ses compagnons auraient peut-être payé cher leur audace, sans le sauf-conduit du maire d'Austrasie, qui fit trembler les païens \

Jamais d'ailleurs le saint missionnaire ne voulut employer la force du prince franc pour déterminer les conversions. Son Fondation de procédé habituel fut la fondation pacifique de monastères, dont BOD)i« leb. j^^ religieux défrichaient les terres, ouvraient des écoles, assistaient les pauvres, les malades et les voyageurs, donnaient du travail aux habitants des environs. Peu à peu la population se groupait d'elle-même autour du couvent. Un village, ime ville étaient fondés.

Tel fut le plan d'évangélisation poursuivi par Boniface au cours de sa seconde mission. Mais pour le réaliser il lui fallait un personnel nombreux de collaborateurs. Il le demanda à

1. P. L., t. LXXXIX, col. 700, 701, 702. M. G. H.. Epist. Dûmmler, I, 329.

2. P. L.. t. LXXXIX, col 703 et s. M. G. H., Epist. l, 331, 332.

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