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l'église chez les peuples barbares 205
l'église pillée et cliangée en écurie ; Charles, qui se trouvait en Italie, accourt, et son arrivée subite déconcerte les Saxons qui demandent à négocier.
Le roi des Francs voulut que ces négociations se fissent dans un appareil de solennité qui en imposât aux barbares. II fixa l'audience au moment du champ de mai de 777, qu'il tint cette année à Paderborn, en Westphalie. L'assemblée fut de'p^j"^^ marquée par un déploiement inouï de cérémonies grandioses. Le roi voulut y recevoir, aux jeux des Saxons, les députés des Sarrasins d'Espagne, qui venaient lui demander secours. Puis il donna la parole au moine Sturm, le priant d'exposer aux païens la doctrine de la foi catholique. Sturm, abbé de ^^î"* ^^"'"1"' Fulda, issu dune noble famille de Bavière, avait été un des plus ciiers disciples et des plus précieux auxiliaires de saint Boniface. D'un s austérité de vie qui s'alliait en lui à une extrême douceur de caractère, formé à la vie monastique par un long séjour au Mont-Gassin, où il était allé puiser à sa source l'esprit de saint Benoît, frère par la race de ces hommes qu'il évangéliaait, Sturm leur parla avec cette éloquence qui est toujours persuasive lorsque la vie et le caractère de l'orateur plaident pour lui autant que sa parole K La plupart des chefs saxons vinrent jurer fidélité à Charlemagne et beaucoup demandèrent le baptême, qu'ils reçurent dans les rivières, disent les chroniqueurs, revêtus de blanches tuniques *.
Tous les chefs saxons n'étaient point venus. « Au champ de Paderborn, disent les Annales de Lorsch ', vinrent tous les Saxons, à l'exception de Widukind, qui demeura rebelle avec quelques autres et se réfugia dans la Normandie avec ses compagnons. » Ce Widukind, dont le nom apparaît ici poui Widukind.