‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 134 sur 284 · TI8SB, V, I · texte numérisé non relu

TI8SB, V, I

4. Paul Orosb, Hist., 1. VII, c xxiii, P. L., XXXI, col. 1144. Ainsi les chi'étiens des Astnries qui, regagnant pied à pied le terrain envahi par les musulmans, construisaient des châteaux forts pour assurer leurs coufv'^tes, eu reçurent le nom de Castillans. Ainsi la race guerrière chargée de défendre les hliords de rAllcmagne y gagna le nom de Habsbourg.

LÉGUSE CHEZ LES PEUPLES BAilBARES 235

Der le sud-est de la Gaule est obscure. Ils y furent probable- "^ ^ fixant au

r • » r« A 8Uil est de w

ment amenés par les gallo-romains et s y fixèrent. « Autant Gaule.

qu'on peut en juger, écrit M. Bayet, le royaume burgonde étuit limité du côté des Francs par le plateau de Langres ; du côté des Alamans par la trouée de Belfort, l'Aar et le Jura septentrional ; du côté des Ostrogoths par les Alpes ; à l'ouest, par une partie du cours inférieur du Rhône, le cours supérieur de la Loire, les monts du Morvan et la Côte d'Or ; au sud, la Durance le séparait de la Provence gothique, mais à diverses reprises les Burgondesla franchirent » •. Les Burgondes furent de bonne heure convertis à la foi catholique. Leur conversion Lear «omyerdoit dater de l'époque de leur séjour aux environs de Trêves, catkoUqae. où ils se trouvèrent en contact avec les premiers missionnaires de la Germanie *. Leur arianisme leur vint de leurs rapports avec les Visigoths. 11 atteignit surtout la haute classe de la société. Mais il y eut toujours en Burgondie une partie II» •«■! papnéi notable de la population très attachée à la foi catholique. C'est ^,, la burgonde Clotilde qui convertit le roi des Francs à la fin du V* siècle ; cent ans plus tard le chapelain de la reine Berthe, l'évêque Luidhard, qui contribua à la conversion du roi d'Angleterre Ethelbert, était burgonde. Nous savons que saint Gésaire était originaire de Burgondie. Le roi Contran de Burgondie est honoré du titre de saint '. C'est uniquement par Miis U fol ©apeur de ses sujets, dit Grégoire de Tours, que le roi Gonde- e'iJte''dieE^H«

baud n'abiura pas l'arianisme *. Son fils Sijrismond fut con- '-"? nombre ... ... eu BargeaAe.

verti [)ar saint Avit, mais, esprit faible, il se laissa conduire

par le romain Avitus, et le roi franc Clodomir le fit périr

avec sa famille en 524. Le royaume des Burgondes était dès

1. TTi*t de Fr. de Latissb, t If, l""» partie, p. 87. C'est à tort que des historien:» tels que Dora Pitra affirment, d'après saint Grégoire de Tours, que lei Burg'inde> se sont emparés de la Provence. Au concile d'Agde, en 506. siègent |p« -vé'jiies d'Aix, d'Arles, de Digne et de Fréjns Or, Agde était certain ment 8<)nmi.-c aux Visigoths, et comme il est inouï à cette époque que des évèqnea soient sortis de leur royaume pour prendre part à un concîlo, il est certain qu'Aix, Arlîs. Digne et Fréjus étaient en pays visigoth et non burgonde Les tenues des concile» donnent ainsi les meilleures indications géographiques

2 fo'-i.entia Dei, dit Paul Orosi en 417, omnes (Burgundii) modo facti «otholica fide. P. L., XXXI, col. 1144

3 Sur ce roi Contran, voir Grég. di Tours, 1. IX, c. xx, xxr.

4. Gréo 01 Tours, 1 11. c. ixxiv. On sait que le prétendu colloque '■'•:;ani-'! à Lyon par dondebaud entre catholiques et ariens n'est pas ai llieiili-jiK?, C'est noe invention de Jérôme Vignier. Julien Havet, liibl. de l'Ec. da tin^ 1885, t. XLVl, p. 233-250.

236 HISTOIRE GflNÉRALE DE l'ÉGLISE

lors condamné. En vain le frère de Sigismond, Gondemar,

Fin du royau- essaya-t-il de relever la cause de son pays par les armes. Il

die. ^ ' ^^t battu en 534 par les rois francs Clotaire et Childebert.

C'était la fin de la Burgondie. Ce royaume n'avait guère vécu

plus d'un siècle, de 413 à 534.

Ce n'est donc point par la durée de sa vie nationale ni par la gloire de ses armes que ce peuple s'est acquis un renom dans l'histoire, c'est plutôt par l'éclat de sa vie intellectuelle. Une race qui a donné aux vi® et vu® siècles leurs meilleurs historiens, qui a possédé les plus célèbres écoles de rhétorique de la Gaule, qui a inspiré et sans doute ébauché l'épopée des Niebelungen, qui a su comprendre les hautes pensées • d'un saint Avit et qui a exprimé sa vie et ses mœurs dans la

loi Gombette, était un apport précieux pour la Chrétienté. L'historien Né dans le pays d'Autun vers 530, mort en 593, le chronivenche ^' ^^^^ Marins d'Avenche « se tient au courant des menus faits de la politique grecque, interroge les pèlerins, les marchands de passage » et nous laisse « une œuvre sèche, concise, mais Les auteurs de de haute valeur ' ». C'est à la Burgondie qu'appartiennent dUe^d'e^Frédé- également les trois auteurs de la Chronique dite de Frédégaire, gaire. écrite de 584 à 642, et qui, dans im latin extraordinairement barbare, renferme, au dire d'un juge compétent, « presque autant de renseignements utiles que de mots * ». Les écoles de La Burgondie a ses écoles de rhéteurs. La plus célèbre est Burgondie" celle que Viventiolus tient à Lyon. Celle de Valence, dirigée par Sabaudus, que loue Sidoine Apollinaire, a probablement formé à l'éloquence saint Avit.

Le pseudo-Frédégaire déclare qu'il écrit ses mémoires ab illustra viro Niebelungo *. C'est le nom qui donnera son titre à l'épopée allemande du xii* siècle. Les Niebelungen, récit épique des gestes de Burgondie, ont été composés sur des chants populaires dont l'antiquité remonte probablement jusqu'à l'époque qui suivit immédiatement la ruine du royaume burgonde. 8a!nt Atïi de ^^^^^ le grand poète du royaume fut l'évêque de ^'ienne, Vieune. saint Avit ', Alcinius Ecdicius Avitus, né probablement à

! A. Moi.niKB. Les sources de l'Ilist. de France, I, 170, V, page VIIL

t'. A Moi.iMBR, Ilid.. 1, 63.

?,. l'isi de. la On» le, 11. 4r)6 P. 7... LXXIl. C83.

4. l.cb OMiMos» de saint Avit po trou \ cal au ;uuio LIX fl« la I'nirn,'o--;ie de

l'éguse chez les peuples barbares 237

Vienne vers 450, mort vers o20, n'est pas seulement le clairvoyant homme d'Etat qui, dans ses lettres à Clovis, augure avec tant de précision le rôle futur de la monarchie franque, l'évèque plein d'initiative qui devient l'âme du concile d'Epaone, le défenseur du Saint-Siège dont la protestation vigoureuse se fait entendre au milieu de la lutte de l'antipape Laurent contre Symmaque : saint Avit, c'est le poète éloquent dont l'œuvre remarquable. De spiritalis historix Gestis, forme, dit Guizot, « comme un Paradis perdu qm mérite l'honneur d'être comparé de près à celui de Milton » ' ; c'est le théologien de valeur, qui défend la procession du Saint-Esprit a Pâtre et Filio *, et qui affirme avec tant de précision la divinité de Jésus-Christ, qu'Agobard de Lyon se réclamera de lui pour combattre l'adoptianisme de Félix d'Urgel ' ; c'est le canoniste éclairé qui gémit de l'ingérence abusive des séculiers dans les élections épiscopales *, qui ne veut pas que les clercs dépendent de la justice laïque *, et qui lutte pour faire abolir les ordalies •.

La vie d'un peuple ne se révèle pas seulement par ses grands hommes ; elle se manifeste aussi par ses institutions juridiques.

L'historien Socrate nous dit que les Burgondes étaient des La législntion hommes d'esprit sage et de bonne humeur '. Paul Orose nous ^"""gonde.

Higne Une édition critique a été publiée dans le M. 0. H., Script, antiquîxs.^ t. VI. M. le chanoine Ulysse Chevalier semble en avoir donné l'édition définitive. U. CuivALiBr., OEucres cotyiptAt';x de S. Avit, Lyon, 1890.

1 GcizoT. m- 1. de la ci'-il. en France, II, 2* élition, p fiSetsniv M Guizot, après avoir cité la description de l'Iiden faite par saint Avit et celle da Milton, njoute : =• La description de saint Avit est pluôl sup-'-rieur . La description des beautés de la nature m'y parait à la fois plus variée et plus sini le ».

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