‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 141 sur 284 · Explication du ps. XXXVI de la Vulgate · texte numérisé non relu

Explication du ps. XXXVI de la Vulgate

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attaché à saint Augustin et à saint Prosper, écrit Bossuet, que saint Fulgence, évoque de Ruspe, a été si célèbre parmi les prédicateurs de la grâce. Ses réponses étaient respectées. Quand il revint de l'exil, qu'il avait souffert pour la foi de la Trinité, toute l'Afrique crut voir en lui un autre Augustin, et chaque église le recevait comme son propre pasteur *. » Via d« la do- La paix était en efl'et revenue avec le fils de Thrasimond, "dalVan wT" Hildéric. Mais peu de temps après, en 534, une expédition de Bélisaire mettait fin à la domination vandale, qui avait duré cent ans ^. Elle avait eu un moment l'apparence d un grand empire. Dans l'intervalle des persécutions, les rois vandales avaient développé prodigieusement leur marine. Ce peuple qui avait été en Espagne un peuple agriculteur de premier ordre, était sur le point de devenir en Afrique une puissance maritime redoutable. 11 tomba sous le poids de ses fautes, de la rivalité des Maures d'Afrique, des représailles des Romains et \é^ sans doute de la Justice divine. Il avait été, lui aussi, « le fléau

^ de Dieu » à sa manière. Les résultats purificateurs de cette

terrible mission providentielle, les œuvres théologiques de saint Fulgence de Ruspe, les dramatiques récits du chroniqueur Victor de Vite, le poème de Dracontius et une trace du nom vandale laissé en Espagne dans la province d'Andalousie, c'est tout ce qui nous reste de la domination de ce peuple barbare, qui fut doué d'une si puissante vitalité.

L«a Visleoths ^® passage des Vandales en Afrique semblait devoir per-

d'Bspagae. mettre aux Visigoths de s'établir plus fortement en Espagne.

Mais des vices intérieurs ne cessèrent de troubler ce dernier

royaume. De la mort d'Alaric II, en 507, à l'avènement de

1. BoBSUFT, Défense de la Tradition, 1. "V, ch. xii. Une autre victime de la persécution (ut le poète Dracontius qui. dans sa captivité, compos/i ua poème en trois chants, Carmen de Deo, lequel, dit M. Cjasion Boissier, « soutient la comparaison avec le poème de saint Arit. il a meuie par moments plus d'éclat et un sentiment plus vif des beautés de la nature. » G. Boissiia, L'Afrique romaine, Paris, li)Oi, p. 30y et a.

2. L'Eglise d'Afrique appela celte période « la CAf tivité de cent annéea •• Labbe, Concil,, IV, 1755.

l'ég ise chez les peuples barbares

tiquea.

Récarède, en 086, presque tous ses rois moururent poignardés La plupart d'entre eux, avant de mourir si tristement, avaient tristement vécu. Le successeur immédiat d'Ala- Troublai poliric, Gisaldic, fils naturel du roi, était, selon saint Isidore, a aussi odieux par sa lâcheté que vil par sa naisrance* » ; un autre roi, Theudiscle,fut assailli et massacré au milieu d'un festin par les grands du royaume dont il avait déshonoré les fojers *.

« Les Goths, dit à ce propos Grégoire de Tours, avaient cette détestable habitude de poignarder les rois qui ne leur convenaient pas pour les remplacer par ceux qui leur convenaient ^ » Quand on pense que ces monarques, en vertu de l'organisation des Eglises ariennes, étaient les chefs de l'épiscopat et du clergé, on n'a pas de peine à s'expliquer le désordre intérieur du royaume.

Cependant, à côté du peuple hérétique, de nombreux catholiques,fruits de l'ancienne évangélisation romaine, lui faisaient contraste par l'ardeur de leur foi. En 5i2, dans une guerre contre les Francs, les catholiques avaient sauvé Saragosse par l'intercession de saint Vincent *. Quelques années plus tard était arrivé en Galice un saint missionnaire de Pannonie appelé Martin, comme son illustre compatriote l'évéque de Tours. Saint Grégoire de Tours vante sa science et sa sainteté. Peu de temps après, le roi des Suèves, Théodomir P' ou Carraric % à la suite de la guérison miraculeuse de son fils par une relique de saint Martin de Tours •, abjurait l'arianisme et nommait saint Martin archevêque de Braga, où se tenait en 612 un concile ^ La conversion du chef de ce royaume éphémère des Suèves, qui devait disparaître moins d'im demi-siècle plus tard, n'avait point par elle-même une gi-ande influence sur les destinées de l'Eglise en Espagne. Mais le mouvement était donné. Après saint Martin de Braga, un moine, Donat,

vtiat Martia de Br&ga.

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