‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 144 sur 284 · Gr-g. ToH., IX · texte numérisé non relu

Gr-g. ToH., IX

7. Sur cette cérémonie de l'onction par le Salnt-Chrème des ariens conrertii TOlr DocBism. Origines du Culte chrétien, p. 313.

8. Saint Léandre était le frère de la première femme de Lécvigilde.

^iO HISTOIRE GÉNÉRALE DE L ÉGLISE

fiOii Institutio virginum. Cet oirvrage de saint Léandre est, aA'cc un magnifique discours prononcé au III* concile de Tolède, tout ce qui nous reste de ses écrits. Il est de nature à nous faire regretter la perte de ses deux livres de polémique contre les ariens et de sa correspondance avec saint Grégoire le Grand. ^.îais son œuvre politique nous est connue. On l'a appelé avec raison le saint Rémi de l'Espagne. Jusqu'à sa mort^ survenue en 596, il soutint de ses conseils le roi Reccarèdev Le troisième C'est Léandre qui fut l'âme de ce grand concile de Tolède, lèd«. troisième dans la série des conciles de ce nom, dans lequel la nation espagnole, représentée par son roi, sa reine, soixantequatre évêques, sept représentants d'évêques et les grands personnages du royaume, prlmores gentis gothicœ, abjura L'E»paj?ne vi- solennellement l'hérésie arienne. Dans une profession de foi îùfe^'^BoVènoei' ^^^ l'assemblée entière souscrivit et que le procès-verbal du

lemert l'aria- concile nous a conservée, le roi Reccarède affirma sa croyance Disme. . . . " .

non seulement à l'égalité des Personnes divmes, mais aussi à

la procession du Saint-Esprit a Pâtre Filioque. Cette nouvelle précision du dogme, exprimée par le mot Filioque, qui devait être l'occasion de tant de disputes, commençait donc à être regardée comme essentielle à la foi '. D'Espagne elle devait passer à la France et s'imposer plus tard à l'Eglise universelle. Ce concile de 589 devait être suivi de quinze autres conciles nationatix de Tolède dont on a pu dire qu'ils ont fait l'Espagne *;

., ^ Les conciles espagnols de Tolède avaient ceci de particulier

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To^d«. qu ils tenaient de 1 assemblée nationale, ou plutôt qu ils étaient,

1 C'est la seconde fois quelle se trouve dans une profession de foi. On la fenconfre dans un concile de Galice, tenu en 447.

2. En Franco il semble que la source principale de la civilisation ait été l'influence personnelle de quelques grands évoques En Allemagne, on remarquerait plutôt l'action bienfaisante de quelques grands monaslères,et en Angleterre on noterait, surlou!,de Bède h. Alcuin, l'influence des éco es. En Espagne, la part prépondérante dans l'œuvre civilisatrice apparlicnt sans contredit h l'œuvre des concile? nationaux. Le iS" et dernier concile de Tolède a été tenu en 701. C'est le seul dout on ait perdu les actes.

l'église chez les peuples barbares 247

en même temps que des conciles, des assemblées nationales. On y traitait ordinairement les questions de dogme et de discipline ecclésiastique pendant les trois premiers jours. Les évêques et les abbés y assistaient alors seuls '. Mais le matin du quatrième jour on ouvrait les portes aux grands officiers, ducs, comtes et juges, et le jugement du peuple, comme on disait, venait se joindre au jugement de Dieu ; après la vox Dei, se faisait entendre la vox populi '.

M. Guizot, dans ses leçons sur L'histoire de la civilisation en Europe, a résumé en quelques traits l'œuvre des conciles de Tolède au point de vue de la civilisation générale. « En Espagne, dit-il, c'est l'Eglise qui essaie de recommencer la civilisation. Au lieu des anciennes assemblées germaines, des mâts de guerriers, l'assemblée qui prévaut en Espagne, c'est le concile de Tolède; et, dans le concile, quoique les laïcs Leur a«lIon «iconsidérables s'y rendent, ce sont les évêques qui dominent. Ouvrez la loi des Visigoths (telle qu'elle a été modifiée par les conciles) ; ce n'est pas une loi barbare. Elle abonde en idées générales, en théories, et en théories pleinement étrangères aux mœurs barbares. Ainsi vous savez que la législation des Barbares était une législation personnelle ; c'est-à-dire que la même loi ne s'appliquait qu'aux hommes de la même race. Eh bien, la législation des Visigoths n'est point personnelle *. Tous les habitants de l'Espagne, Romains ou Visigoths, sont soumis à la même loi. Continuez votre lecture. Chez les Barbares, les hommes avaient, suivant leur situation, une valeur déterminée : le Barbare, le Romain, l'homme libre, le leude, etc., n'étaient pas estimés au même prix ; il j avait un tarif de leurs vies. Le principe de l'égale valeur des hommes devant la loi est établi dans la loi des Visigoths. Regardez au système de procédure ; au lieu du serment, des compurgatores, ou du combat judiciaire, vous trouverez la preuve par témoins, l'examen rationnel du fait tel qu'il peut se faire dans une société civilisée. En un mot, la loi des Visigoths tout entière

1. C'est au 1II« concile de TolMc, en 589, qu'on voit pour la première foi» les abhés siéger dans une assemblée conciliaire.

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