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A. RAMBAnD, Histoire de la Russie, p

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Le mouvement s'opéra, brusque et complet, du moms en apparence, sous Vladimir, en 998. Une crise religieuse travaillait la Russie. Du mélange du culte des dieux slaves avec celui des dieux Scandinaves était né un scepticisme pratique, contre lequel l'âme profondément religieuse des Slaves protestait. Où trouver la vraie relij^fion? Vladimir lit une encjuête. Le tableau que lui firent ses députés de la majesté religieuse des ollices de Sainte-Sophie et le souvenir de son aïeule Olga triomphèrent de ses doutes. Il résolut de se l'aire chrétien. Buj>t«nie dn Mais le fier Varègue ne voulait pas, dit-on, « mendier le ea 988. baptême ». 11 résolut de le conquérir. Il envoya déclarer aux empereurs grecs, Basile et Constantin, que s'ils ne lui accordaient pas la main de leur sœur Anne, il marcherait sur Gonstantinople. Les empereurs, ayant mis pour condition queVIafiimir se ferait baptiser. Vladimir reçut le baptême et ramena de Constantinople, avec son épouse, des prêtres chrétiens, des reliques de saints et des ornements d'église, comme on ramène des captifs, comme on rapporte un butin après une victoire. Puis, il fit fouetter publiquement et précipiter dans le fleuve l'idole de Péroun.

Il est diflicile de juger, à travers les vieux récits recueillis par Nestor et peut-être déjà altérés par l'imagination populaire, quel fut le vrai caractère de celui qu'on appelle le Clovis Le Cloviid«l« de la Russie. Gomme notre Glovis, il ne parait pas avoir du premier coup dépouillé le barbare. Une fois chrétien, il crut pouvoir commander le baptême à son peuple, ainsi qu'il aurait commandé une évolution militaire à son armée. « On ConTerrion d« vit, sur l'ordre du prince, disent les vieilles annales, les * °" Kiéviens se plonger dans les ondes du fleuve, tandis que les prêtres grecs, rangés autour de Vladimir, debout sur le rivage, lisaient sur eux les promesses du baptême *. »

Au milieu de cette scène, où des prêtres grecs baptisent pa^ ordre un peuple qui défile au commandement, on regrette de »e pas apercevoir, dans l'entourage du nouveau Glovis, un saint Rémi, une sainte Glotilde et une sainte Geneviève, modèles vivants des plus pures et des plus douces vertus chrétiennes.

i. ▲. Rambaud, p. 58. I

Uiil. géD. de rEglise. il

La grâce paraît avoir cependant opéré, plus tard, des merveilles dans l'âme du roi converti. Nestor est en admira- Daractère de tion devant cette transformation intime. On vit le monarque distribuer ses biens aux églises et aux pauvres ; il fut fidèle à sa femme grecque, il n'aima plus la guerre. Il hésitait à sévir, même pour punir les criminels, et les évêques furent obligés de lui rappeler ses devoirs envers la justice. « Il en est souvent du caractère russe, dit M. Anatole Leroy-Beaulieu, comme du climat de la Russie : tous deux sont outrés, tous Sm réformes, deux vont aisément d'un extrême à l'autre *. » Vladimir fonda des écoles où les enfants du peuple vinrent étudier les Livres Saints dans la traduction slavonne de saint Cyrille et de saint Méthode. Mais il fallait les y traîner. Les parents les en détournaient, regardant l'écriture comme une espèce de sorcellerie. La croyance aux devins et aux sorciers persista en effet longtemps dans le peuple. Au xii^ siècle, on la trouvait encore mêlée aux pratiques de la foi chrétienne. L« CSiarlema- Le Charlemagne russe, laroslaf le Grand, devait, au com gie, mencement du xi* siècle, compléter l'œuvre du Clovis russe-

Gread. L'œuvre législative de laroslaf est remarquable. Il rédigea le premier code de sa nation, la Rouskaïa Pravda (le droit ou la ueVi^e russe) . On y remarque partout l'empreinte Scandinave. Cette législation consacre le jugement de Dieu, le duel judiciaire, la composition pécuniaire ou icerjheld, que les Russes appellent uiVa. L'œuvre politique d'Iaroslaf est plus importante encore. Il fit entrer sa dynastie dans la famille des princes chrétiens. Il maria sa sœur à Casimir, roi de Pologne, et ses trois filles à Harold le Brave, roi de Norvège, à Henri I", roi de France et à André l", roi de Hongrie. Causa* de la La Russie cependant devait rester isolée de l'Occident. La l'égliae russe : christianisme et la civilisation lui étaient venus de Byzance ^'consunti-^ non de Rome. Ce fut sa faiblesse. C'est de Byzance qu'elle mople. reçut sa culture intellectuelle. « Les nombreuses écoles établies par Vladimir et laroslaf furent fondées par des Grecs sur le type byzantin. Ce fut ce qu'un des écrivains de la Russie appelle le premier de ses servages intellectuels '. » C'est aus» de Byzance qu'elle reçut le type de son Organisation sociale.

l. A. Lmot-Beauliec, L'empire des tsars, t. I, p- 174.

t. M. Kavélinej cité par A. Lbbot-Bbadliio, L'empire isi tsars, l^ 23i.

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« C'était le bas empire et l'autocratie, un Etat sans droits politiques, régi par l'omnipotence impériale à l'aide d'une hiérarchie de fonctinnnaires '. «C'est de Byzance enfin qu'elle reçut la forme de son Fjlise. Le premier personnel de son sacerdoce et de son épiscopat furent grecs. Or, dans l'Fglise byzantine, la tendance au schisme était partout. Le jour où le schisme sera ouvertement déclaré, l'Eglise russe s'y laissera entraîner comme d'elle-même.

Bien différentes furent les circonstances qui amenèrent 1* t. p j conversion de la Pologne. Le lent travail d'évangélisation que des Moraves exilés y avaient commencé parmi les classes populaires n'aboutit à de réels progrès qu'à la fin du x^ siècle, à la suite du mariage du duc Micczyslas ou Miesko, en 965, avec ime jeune princesse bohème, Dombrowka. Elle était fille r j j,^ du roi Boleslas, et nièce de saint Wenceslas '. Dombrowka, L'ouibrowk*. ou Dubrawka (la Bonne), fut l'ange bienfaiteur de la Pologne. C'est elle qui, par sa douceur et par une conde.scendauce infatigable, parvint à toucher le cœur de son mari, encore engagé dans les erreurs du paganisme. Le plus ancien et le plus imporiant témoin de ces événements, Ditmar de Meresbourg •, raconte qu'ayant commencé par faire des pénitences très austères pour obtenir la conversion de son mari, et voyant que la vie qu'elle menait n'avait fait qu'épouvanter son époux et lui rendre odieux le christianisme, la pieuse princesse changea de tactique. Elle résolut de le vaincre par la bonté, cédant aimablement à toutes ses demandes toutes les fois que sa conscience le lui permettait. Or, un jour, il sembla qu'elle était allée vraiment trop loin. Elle avait consenti à manger de la viande un jour de jeûne. « Tu viens d'apprendre sa faute, ô lecteur î s'écrie ici le bon chroniqueur. Apprends maintenant le fruit

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