‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 161 sur 284 · E. Dima, dans L'Hist. Gén., l · texte numérisé non relu

E. Dima, dans L'Hist. Gén., l

t. À. FoDiLLii, Esquisse psychologique des peuples européens, p. 421.

Un peuple de race toute différente, celui-là même qui, en

s 'emparant de la Moravie et en poussant ses incursions da

tous côtés, avait séparé le monde slave en plusieurs tronçon»

dont la Russie et la Pologne étaient les deux principaux, les

Hongrois ou Magyars, entrèrent dans l'Eglise catholique en Les Honfroii

même temps que les Polonais, à la fin du x® siècle. Nul peuple ° •87*"-

ne fut plus terrible dans les batailles ; nul ne devait professer

envers la Sainte Vierge une dévotion plus tendre, envers le

Souverain Pontife un plus chevaleresque dévouement.

Le duc mao^var crui, à la fin du ix* siècle, descendit des Kar- Invasion de la

. ... PaanoDie par

pathes pour envahir la Pannonie, se disait issu du noble et fa- le doc AUnos,

rouche Attila '. Cinq siècles auparavant, racontait-on, tandis ,j, siècle. qu'Attila, non content du vaste empire qu'il s'était taillé avec son épée dans l'Europe orientale, se dirigeait vers la Ville Eternelle, un ange du ciel lui était apparu et lui avait dit : « Ecoute ce que le Seigneur Jésus-Christ te commande : N'entre pas dans la Gté sainte où reposent les corps de mes apôtres. Retourne sur tes pas, et un jour, à Rome même, pour prix de ton obéissance, je donnerai à l'un de tes descendants la couronne d'un royaume qui durera éternellement ». C'est cette couronne que venait chercher le duc Almos, avec ses 20.000 guerriers, sur la terre que son ancêtre Attila avait jadis conquise. Le pays qu'occupèrent les Magyars du duc Almos prit dès lors le nom de Magyarie ou de Hongrie. Ils y apportèrent Raligtoa dat la religion de leurs ancêtres, le culte du dieu Isten, qu'ils ««!•"• appelaient plus spécialement le dieu des Magyars, et de plusieurs divinités secondaires, dont la principale était celle de la guerre, Hadur, la croyance aux fées, la pratique de la divination et de la sorcellerie. En temps de paix, chaque tribu était indépendante. Au moment de la guerre, on élisait un chef. Autour d'une coupe sacrée, les chefs des sept tribus, le braA gauche tendu en avant, s'ouvraient une veine avec leur poi-

1. Les Honirroi!», dnns leurs traditions, donnent h Attila un caractère

noble et très gcu'jreux.

gnard, et tandis que leur sang coulait dans la coupe, ils prêtaient un serment terrible : « Qu'ainsi coule jusqu'à la dernière goutte le sang de quiconque se révoltera contre le chef choisi par les tribus ! Qu'ainsi coule le sang du chef s'il viole les conditions de notre pacte I » Ensuite le chef élu, debout sur son cheval, brandissait son sabre vers les quatre points cardinaux, signifiant ainsi qu'il défendrait son pays de quelque côté qu'on l'attaquât *,

Or, un siècle après l'occupation de la Hongrie par les

BtjM^me du troupes magyares, au four de Noël de l'an 973, le duc Geiza, éoc Geiza, «n , . , , , . , , , • ,

578. descendant du duc Alraos, recevait le baptême des mains de

saint Adalbert de Prague, avec 5.000 de ses guerriers. Cette

conversion était surtout l'œuvre de sa femme Sarolta, fille du

duc de Transylvanie Gyula, lequel, s'étant fait baptiser à

Constantinople, avait élevé sa fille dans la religion chrétienne.

Lft duchesse ^* ^^^ ^^ Christ n'avait en rien éteint les énergies natives et Sarolu. un peu sauvages de la jeune princesse. Les Hongrois aimaient à la voir, amazone intrépide, « dompter sans frein et sans selle les hcA'aux les plus rétifs, vider les coupes écumantes et se jeter dans la bataille, où sa vaillance égalait celle du plus brave des guerriers ' ». Elle eut sur son peuple et sur son époux une influence considérable '. Le duc, saisi lui-même par la grandeur des dogmes et de la morale du christianisme, laissait sa femme bâtir des églises et appeler en Hongrie des missionnaires chrétiens. Un saint, à l'âme tendre et pieTise, acheva l'œuvre que la vaillante amazone avait commencée.

^Bt Adalbert Saint Adalbert de Prague, qui devait mourir martyr de la foi, d« Prague, près de Kœnigsberg, en 997, tué à coups de lance par un prêtre idolâtre, était fils d'im magnat de Bohême. H avait été, dès son enfance, consacré d'une manière spéciale à la Vierge Marie. Elevé sur le siège de Prague à vingt-sept ans, doué d'un zèle ardent pour la gloire de Dieu, mais pénétré d'ime grande défiance de lui-même, il avait cru devoir cédera un auxiliaire son siège épiscopal, ne se croyant pas capable de

1. Ottta Hungarorum, VI. Cité par Howi, Saint Etienne de Hongrie, p. 12 et 13 La coutume de brandir l'épée vers les quatre pointa cardinaux s'est conservée dans le cérémonial du sacre des rois de Hongrie.

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