P. L, CIX
b P I. , CI.Y, 1129.
6. GossRLiii, p. s. 8. Pouvoir des Papes au Moyen Age, 2« édition, p 404 et a.
414 HISTOIRE GÉiNÉRALE DE l'ÉGUSE
Boris, notivellement converti, s'était adressé au pape Nicolas, j pour mettre sa législation en rapport avec les lois et les tra-
ditions de l'Eglise. La réponse du Souverain Pontife touche aux questions les plus variées '. On y trouve, par exemple, l'énumération des fêtes qu'on doit chômer, des indications précises sur la manière d'observer le jeûne, l'aumône et Doctrine de le repos du dimanche. Le Pape insiste encore sur la liberté saint Nicolas absolue qui doit être laissée aux jeunes gens, soit pour entrer dans un monastère, soit pour s'établir dans l'état du mariage. Il y rappelle que le mariage est indissoluble. Il . défend l'union conjugale entre tous parents, à quelque degré que ce soit, du moment que la parenté est constatée ^. Cependant, en un autre endroit, il fixe au septième degré la prohibition du mariage pour cause de parenté ; preuve évidente n condamne que le droit n'était pas encore bien fixé sur ce point. L'aveu )& torture ju- ^j'^j^ homme accusé d'un crime doit être libre, dit le Pape ; c'est une injustice de le soumettre à la question, qui ne produit qu'une confession forcée et qui souvent porte même un pauvre malheureux à se déclarer coupable, quoique innocent. Il n'y a ni loi humaine ni loi divine, dit-il, qui puisse permettre ime telle pratique '.
Bes œavr38 On ne s'étonne pas de voir un Pontife si plein de sollici- *iiAfiialjleb, ^^^Q pour les malheureux, professer pour les pauvres un amour de prédilection. « Il avait fait dresser, dit son biographe, une liste de tous les aveugles, boiteux, paralytiques auxquels leurs infirmités ne permettaient point de se rendre aux divers établissements oii se faisait la distribution des vivres et des aumônes. Des personnes désignées par le Pape leur portaient des secours à domicile *... La pieuse attention du Pontife B'étendait sur toutes les églises de l'univers, protégeant partout les faibles, défendant les opprimés, soulageant toutes les H m«nit de misères. La ville d'Ostie ne semblait pas assez fortifiée ; on fortific^UonB pouvait craindre quelque surprise de la part des Sarrasins ; le grand Pape la munit de fortifications et d'engins de guerre l
, 1. P. L.. CTX, 978 et 1.
i 2. P. L., CIX, 994.
' 3. Quam rem iiec divina lex, neo humana prorsus admittit, quum non
invita aed spontanf,<i oeheat esse confesnio. P. L., CIX, 1010. 4. Lib. Ponttf., 11, ICI.
en sorte que la cité devint pour toute la contrée voisine un refuge assuré contre toutes les attaques ennemies *, »
Saint Nicolas 1"" n'oublia pas, au milieu des préoccupations n protège les politiques de son pontificat, de protéger les progrès des ^^^'^^^p^* ** sciences et des arts, a II est certain, dit un historien allemand, que Nicolas consen^a cet amour pour les arts et la science, qu'il tenait de son père. Comme en Grèce, on s'occupait sous son règne à enluminer et à orner de peintures d'or les magnifiques exemplaires des Saintes Ecritures. On peut citer im abbé du Mont-Cassin, Berthaire, qui a laissé des ouvrages sur l'Ancien et le Nouveau Testament, sur la grammaire et la médecine '. » Saint Berthaire, né, dit-on, de race royale, mourut martyr, tué par les Sarrasins, en 884. Il fut une des lumières de son siècle, mais nous avons peu de détails sur sa vie. Plus illustres furent Hincmar de Reims, Ratramne Grands
de Corbie, Paschase Radbert et Scot Eriffène. Saint Paschase bommes de
r ectte éooqsê.
Radbert précéda de deux années saint Nicolas dans la tombe.
Hincmar, Ratramne et Scot Erigène lui survécurent quelque
temps. Par eux la Renaissance carolingienne se raviva.
Nous avons déjà rencontré Hincmar de Reims. D'abord Hincmar de
moine de Saint-Denis, puis élu archevêque de Reims en 844, R'''"'^» défeu-
' ^ * ' seur <)e la tra-
il fut pendant près de quarante ans comme l'arbitre intellec- diUo».
tuel de l'Eglise de France. On l'a comparé à Bossuet. Moins grand par le génie, il se fait, comme l'évêque de Meaux, le défenseur perpétuel de la tradition. La défense infatigable de la tradition sous toutes ses formes, est peut-être ce qui caractérise le mieux toute la vie et toute l'œuvre d'Hincmar. Qu'il découvre dans la doctrine d'im moine allemand, Gottescalc, ime doctrine empreinte d'un esprit de nouveauté, il poursuivra la doctrine et l'homme avec ime ardeur parfois excessive, mais toujours sincère. Placé sur le siège de Reims, qui conserve
i. Lib. Pontif., II, 154.
2. Baxmu»», Die Politih der Pâptte von Oregor J blê Gregor VTI, p. i.
416 HiSTOinc géiM'';a.lk pi-: i/l:.:.!.-.e
le souvenir de l'onction royale de Clovis par saint Rémi et du couronnement de Pépin et de Charlemagne par deux Papes, il voudra perpétuer les traditions de son siège épiscopal en se faisant en quelque sorte le tuteur de la royauté franque. Ainsi s'explique-t-on qu'il soit tantôt, en face du Pape, le défenseur de l'Eglise, de France groupée autour de son roi, tantôt, en face du roi, le pasteur chargé de lui adresser des admonestations salutaires au nom de l'Eglise. Il écrit à Louis III : « L'empereur Louis n'a pas tant vécu que son père Charles ; Charlemagne votre aïeul n'a pas vécu autant d'années que son père ; votre père a moins vécu que votre aïeul ; quand vous serez dans l'état où votre père et votre aïeul ont été à Compiègne, inclinez vos yeux vers la place où est couché votre père. Vous et les vôtres disparaîtrez bientôt ; et la sainte Eglise, avec ses chefs, continuera d'exister sous le gouvernement du Christ, conformément à sa pro- Hincmar messe ». C'est par amour de la tradition qu'Hincmar défend 'îense de la ^^ pénitence publique, en dépit des mœurs qui l'abandonneut,
pénitence pn- et cherche à justifier les ordalies contre saint Affobard de bhque, de» or- • j-x z • • .. ^ ^
dtiiea et des Lyon, qm maudit ces épreuves sangiimaires comme étant la
trôpolitain. " contradiction vivante de l'Évangile. C'est sans doute encore par un culte mal entendu de la tradition qu'Hincmar fait valoir contre le Pape les prétendus droits des évêques métropolitains ; mais c'est par un zèle louable en faveur des coutumes traditionnelles de l'Eglise qu'il réagit contre la décadence de la vie ecclésiastique. Il nous reste cinq capitulaires de l'archevêque de Reims. Ils ont ceci de particulier, qu'ils ont été promulgués après enquêtes et réunions de synodes. Hincmar passe à bon droit pour être l'auteur ou du moins le premier promulgateur des lois synodales en France *, Hincmar ré- ^.e renouvellement des éludes, la réforme des mœurs, la formateur de décence du culte, tels sont les objets principaux des règlements •iasUqae. synodaux de l'archevêque de Reims, et son esprit éminemment pratique entre dans de tels détails, qu'il serait possible, à l'aide de ces règlements, de reconstituer la vie journalière d'un prêtre à cette époque.
Chaque matin, après les Laudes, les prêtres, qui vivent