‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 240 sur 284 · I)e corp. et .>a>,y.. 1, 1 et 3. F. L., CXX, i2G · texte numérisé non relu

I)e corp. et .>a>,y.. 1, 1 et 3. F. L., CXX, i2G

R. !:pistola ad Ueherardum, .". L., CXIl, 15.04.

6. 0 après un ouvrage perflu ciLi" par LkuAHCifK, De saaa causa ad^e «* Lanf' aiici'm. UAiirroL, loc. ci'., \i. r!47

7. Paiiis e: il.iuui ni/ni habeut in te ^eiinutulum, Ue corp. et Atf..y. i4. P. L., CXXI, 133.

422 mSTOlUE GLNÉC.ALE DE l'ÉGI.ISE

surviennent et ils persistent on sn!)stancfi, mais spiritaliter^ OMliinede tandis que le pain et le vin v ii\\\>i^\%\.G\\icorpornl'U.o.r. Ratramne invoque des textes de sanit AugusLin, qu il interprète avec une logique trop étroite. El il en vient à admettre que ce corps impalpable et invisible n'est pas le corps historique du Christ ; qu'autre chose est ce qu'on voit et autre chose ce quon croit, tafervention C'est alors un noiiveau scandale. « Eh quoi ! » s'écrie le défenseur de la tradition, le savant Ilincniar, dont la spéculation n'est pas le fort, mais qui tient à conserver toute la doctrine traditionnelle, celle de saint. x\mbroise comme celle de saint Augustin, sans bien voir comment ces deux doctrines s'accordent; « eh quoi! si ce qu-on voit n'est pas ce qu'on croit, ce qu'on voit n'est donc qu'une figure, qu'un souvenir commémora tif du corps et du sang, et non plus le sang et le corps du Christ ! * »

•oncliision à^- Finalement les esprits se rangèrent du côté de Paschase tacouiroverip. Radbert, mais la langue théologique n'avait pas atteint sa perfection. Plus tard, une doctrine plus fiche vée de la transsubslantiaLion, la distinction de l'identité quoad esseniiarn et de l'idenlité qvoad speciem, l'admissicin d'une présence sacrameiUelle, qui tient le milieu entre la présence simplement naturelle et la présence purement symbolique, — sans expliquer un mystère qui reste au-dessus de toute compréhension humaine, — feront disparaître les scandales provoqués j)ar les aflirniatioas trop téméraires d'une théologie à ses débuts.

Pendant que la controverse eucharistique préoccupait les esprits, un débat plus passionnant encore se poursuivait au milieu de péripéties tragiques. Mktt théolo- Vers le milieu du ix« siècle, le bruit se répandit qu'un moine '•réîfei'uiJ' saxon, à la parole enflammée, jetait le trouble dans diverses *•■• contrées de l'Allemagne et de l'Italie, ne craignant pas de soulever devant le peuple les problèmes les plus redoutables de la prédestination, du libre arbitre et de la grâce, et les résolvant par les affirmations les plus désespérantes. « Nous savons, écrivait le savaul abbé de l'ulvlu, llabun Muur, au comte de

i. HincMAK D« prœdestinatione, c uxi.

Vérone, Hébérard, nous savons qu'un certain demi-savant (sciolum), du nom de Gottescalc, s'est arrêté chez vous et y Ooit«s<MJe. dogmatise, soutenant que la prédestination divine est tellement nécessitante, que celui-là même qui veut être sauvé et sa doctiio*. qui travaille par une foi droite et par ses bonnes œuvres à obtenir la ^^e éternelle avec l'aide de la grâce de Dieu, perd son temps et sa peine, si Dieu ne l'a pas prédestiné à la vie : comme si Dieu pouvait prédestiner des hommes à la mort éternelle, lui qui est l'auteur de notre salut et non de notre perte ! ' »

Les protestants et les jansénistes ont invoqué Gottescalc Caractère d» comme un ancêtre. Jansénius, Guizot, Ampère et Michelet ''^"® docirii» l'ont représenté comme un martyr, victime de l'inflexible rigueur d'Hincmar de Reims ^. Parmi les catholiques, tandis que les Bénédictins de saint Maur ', le cardinal Noris ♦ et le savant théologien Berti *, prétendent disculper le célèbre moine de toute erreur consciente, d'autres théologiens et critiques, tels que Sirmond ^, Petau \ Noël Alexandre ' et Tournely ', s'efforcent de démontrer qu'il a réellement professé l'hérésie prédestinatienne.

Il faut bien reconnaître que les doctrines et la vie de Gottescalc ne sont pas sans analogie avec celles de Luther. Fils du comte saxon Bernon, voué dès son enfance k la vie monastique dans l'abbaye de Fulda, Gottescalc, devenu homme, supporte avec peine le joug du monastère, qu'il n'avait peutêtre pas reçu par vocation. 11 attaque et fait annuler ses vœux par le concile de Mayence en 829. Mais son abbé Raban Maur le contraint, avec l'appui de Louis le Débonnaire, à demeurer moine **, en le faisant seulement changer de couvent. Il se retire en France, dans l'abbaye d'Orbois, au diocèse de Soissons. Ardent à l'étude, il s'adonne alors à la lecture des

t. P. L, cxtr. 1554.

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