P. G„ Cil, 724 et i
pereur, et dresser ainsi, en face de l'empire et du patriarcat byzantins, l'empire et le patriarcat bulgares. Mais le pape Nicolas ne s'était point prêté à la réalisation de ce rêve ambi tieux et avait brusquement mis fin à la mission de Formose en Bulçrarie '. De là était né un refroidissement entre le roi des Bulgares et la cour de Rome. La politique de Constantinople en profita. Elle avait invité à assister au concile les légats de Bulgarie, envoyés par le roi Michel. Trois jours après la clôture des travaux, eut lieu, au palais impérial, entre l'empereur, le patriarche Ignace, les délégués des patriarcats orientaux, les députés Bulgares et les légats du Pape, une réunion qui fut comme la revanche de la cour byzantine et de Photius contre la victoire de la cause romaine au Concile. L'empereur, les représentants de l'église orientale, le pa- Photioa fait triarche Ignace lui-même, qui fut peut-être trop complaisant uue assetcbiéo en la circonstance, j soutinrent que la Bulgarie, ayant autre- â^ent'de^'î'é"fois appartenu à l'empire grec et ayant reçu sa première évan- g'i^e bulgare gélisation de prêtres grecs, devait relever uniquement du pa- de Coosiantitriarcat de Constantinople. En vain les légats objectèrent-ils Q0P«que la Bulgarie s'était donnée librement à l'Eglise romaine, qu'elle faisait partie des provinces illyriennes, dépendance de Rome de temps immémorial, que sa conversion définitive avait été l'œuvre des missionnÊures latins et qu'enfin le Pape, chef suprême de l'Eglise, ne pouvait subordonner ses décisions à des considérations de pure politique ; la conférence décida que la Bulgarie serait désormais rattachée au diocèse de Constantinople, et le procès-verbal de cette décision fut indûment annexé aux actes du Concile œcuménique *. Ce ne fut pas tout. Les légats du Pape, pendant leur retour, furent assaillis et dévalisés par des pirates slaves. Les Falsificatioa partisans de Photius en profitèrent pour mettre en circulation des actes falsifiés du Concile, dont ils croyaient être seuls à posséder les pièces. Mais le fin politique Anastase, qui avait assisté à l'assemblée en qualité de légat de Lotus II, avait pris la précaution de copier pour son compte personnel les vrais documents. C'est par lui que les actes authentiques du Concile œcuménique de 869 nous sont parvenus,