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l'exil dispersèrent le groupe, et des lettres fameuses (î<?noncèrent au monde chrétien les crimes inouïs qui se conunettaient dans ce monde de factieux '.Ils devaient revenir un jour en faveur, après la mort de Jean VIII, et profiter de leur crédit auprès de Marin P"" pour déchirer les registres pontificaux qui contenaient la trace de leurs forfaits. Si des copies de ces lettres ne nous étaient point parvenues d'autre part, par la voie de leurs destinataires, nous n'oserions pas croire que le Saint- Siège eut été assailli par un tel Ilot de corruption et de méchanceté.
Quand il se tournait du côté de la noblessse des provinces italiennes, le vieux Pape ne trouvait guère plus de consolâtes învasîons tions. Pour se défendre des incursions sarrasines, l'Italie ne •arrasmes. pouvait compter que sur elle-même. A Charles le Chauve Impuissance avait succédé le faible Louis le Bègue. En 879, Jean VIII empire, g'^j-j^jj résigné à reconnaître comme roi l'incapable Charles le Gros. Le Pape essaya de former avec les ducs de Bénévent, de Salerne, de Capoue, de Naples et d'Amalû une ligue contre l'ennemi commun. Mais au lieu d'appuis, il rencontra souvent ilatjai?08 dis- la défection et la trahison. Le duc Lambert de Spolète et
positions des ^^^(Jalbert de Toscane se déclarèrent ouvertement les ennemis princes ita-
kens. du Pape. Le prince évêque de Naples, Athanase, qui s'était allié avec les musulmans, dut être excommunié. Accablé par l'âge et par les infirmités, Jean VIII se multipliait partout ou l'Italie était en péril. Il avait plus d'ime fois, au début de son pontificat, pris le commandement d'une flotte et commandé JeanVllleom- l'attaque contre les Sarrasins *. Il se contentait maintenant de
Slète les forti- compléter les fortifications de Rome. 11 appela de son nom catious de la ^ . ...
Tille de Rome, l'enceinte qu'il fît construire Johannipolis. Mais partout il ne
rencontra que misères, infidélités et désastres. Sa suprême
humiliation tut de se résoudre à accepter, en février 881, le
roi Charles le Gros comme empereur. Le 15 décembre 882,
après une vie d'efforts et de sacrifices, qui ne furent presque
jamais couronnés de succès, il rendit son âme à Dieu, victime
Jean TIIl ^'^'^^ horrible attentat. « Des conjurés, parmi lesquels se trou-
»eurt victime yaient de ses proches parents, disent les Annales de Fulda,
d un horrible '^ r ' »
•Uaaut (882,. co.ivoilaient son argent et sa place. Ils lui firent administrer
1. P. L , (:V?\VI, (17:.- Ti) ; .\^fvi:, :0U. S. i'dr c\ciu^ld en luvntsr 815. i^ti, 3003.
LE SAINT EMPIUE ROMAIW 447
du poison ; puis, comme le poison n'agissait pas assez vite au gré de leurs désirs, il lui assénèrent des coups de marteau jusqu'à ce qu'il expirât '. »
Dans une lettre adressée au début de son pontificat, à l'impératrice Engelberge, Jean VIII avait écrit ces mots : « Lorsque viendra le Juge suprême, il nous demandera à tous deux si nous avons laissé son Eglise en état meilleur que nous ne l'avions reçue, plus libre, plus tranquille, plus prospère * ». Dans les tristes temps où la Providence l'avait placé, était-il possible d'espérer pouvoir se donner à soi-même devant Dieu un meilleur témoignage? Jean VIII eut sans doute le droit de se le rendre en paraissant devant le Juge suprême.
Après la mort de Jeam VIII, trois Papes se succédèrent en neuf ans, de 882 à 891. Ils n'eurent pas le temps, il n'eurent peut-être pas le courage ou le pouvoir d'entreprendre de grandes œuvres. On les voit tous débuter par des actes de fermeté ; mais on dirait que bientôt, accablés sous le poids de charges effrayantes, contrecarrés par des oppositions formidables, ils se lassent et fléchissent. IMarin l", élu le 23 dé- MaKi !•'
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cembre 882, était ce clairvoyant et courageux prélat qui avait, à Constantinople, démasqué et dénoncé les fourberies de Photius. On voulut, dit-on, en l'élevant à la Papauté, le Sas q«alité«. dédommager des injures qu'il avait reçues à cette occasion. Ancien disciple du grand Pape saint Nicolas, sacré évêque àe Gaeré par Jean VIII, son élection fut le premier exemple de kl translation d'un évêque au siège de Rome. Ses lettres le montrent en relations intimes avec le grand roi d'Angleterre, Alfred, qu'il encouragea dans son œuvre de civilisation chrétienne. Il renouvela les condamnations de son prédécesseur •outre Photius. Mais parvint-on à le convaincre que la condamnation du patriaiche usurpateur devait avoir pour conséquence la réhabilitation de sou plus ardent adversaire, For-
1. Anrtalfrit do Fulda, ann. 883. ili>t. d<v <''a>'les. Vil-, 47-44. i. Jaf.-é, iOZi.
mose? Se laissa-t-il séduire à son tour par le prestige d'austère vertu de l'évêque de Porto? Céda-t-il à un mouve- II laisee se re- ment de réaction de l'opinion publique ? Formose fut relevé parti des f^^r- de ses censures et rétabli dans son évêché. Quand Marin I" mosiens. mourut, le 24 février 884, le parti des formosiens triomphait.
Hadrien III Hadrien III, romain de naissance, élu le l®' mars de la même ^ '' année, ne fut pas sans énergie. C'est lui qui fit crever les yeux
au conspirateur Georges d'Aventino et fit fustiger honteuse- Le parti de ment ime de ses complices '. Mais c'est sous son pontificat que lève. Photius écrivit un mémoire des plus habiles, plein d'érudition, contre le dogme de la procession du Saint-Esprit ', et que l'empereur Basile, dans ime lettre écrite sans doute sous la dictée de Photius, releva très vivement la prétendue violation des lois de l'Église dans l'élection du pape Marin, irrégulièrement transféré, disait-il, d'un évêché à un autre.
Éiienne V Etienne V, issu d'une noble famille romaine, élu six jours
seulement après le décès de son prédécesseur, le 15 juillet 885,
fut consacré évêque par Formose lui-même, dont la situation Léon le Sape grandissait. Par ses négociations, il obtint de l'empereur Léon BOQ Biè^e Pho- le Sage, qui venait de succéder à Basile, l'expulsion de Pho- ^^"* lius du siège de Constantinople. Mais le sacre qu'il dut faire,
Etienne V à son corps défendant, du duc Guy de Spolète comme empepe'reurGuyde reur, en 891, ouvrit une ère de tribulations nouvelles pour la Spolète (891). Papauté. 11 mourut en août ou septembre 891, au moment Mort de Pho même OÙ Photius expirait dans le couvent arménien de tiuB ( ;. gQj.(j-^ après cinq ans de silencieuse retraite qu'on voudrait croire cinq ans de repentir.
La malBon de La maison de Spolète, qui arrivait à Tempire à la fin du IX® siècle, se iialtait d égaler la race carolingienne par la noblesse et l'antiquité de ses origines. Son chef, Guy, que ses contemporains avaient surnommé Guy-la-Bage, Wido RabieSy à cause de la vivacité de ses colères, avait épousé la fameuse Agiltrude, fille de cet Adalgis de Bénévent qui se vantait d'avoir souffieté l'empereur Louis 11. Prépondérante eu Italie, alliée aux maisons de Toscane et de Bénévent, la maison de Spolète avait, à la mort de Charles le Gros, en 8o8, posé sa