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l'église dans son centre 21
pour nous ; il renferme mille renseif^nements sm la situation respective des Barbares et des Romains dans la partie orientale de l'Empire. On peut l'utiliser pour l'histoire de l'Italie et de la Gaule à condition de raisonner par analogie '. » Le récit de la vie de Séverin le montre en relations avec les Ru>^es, les Goths, les Suèves, les Hérules, les Alamans, les Turcilin^es. ^^* baiharei Ses vertus, sa science, ses lumières surnaturelles, ses miracles, nuBcepiiMes lui obtiennent le respect des plus farouches. Sur une parole nuQuence «la du saint, des chefs barbares se détournent de leur route, met- '** ^j"''.'.* ','': tent fin à un pillasse, épar^rnent un monastère. On le voit inter- i«ire« à uu-i venir dans les conthts qu ont les barbares entre eux. Dieu lui géiUaiiou «i révèle parfois leur avenir. « Un jour, raconte son biographe, ^*hrèiièua«!* il vit entrer dans sa cabane, sous un vêtement des plus grossiers, un jeune homme de très haute stature. Comme le jeune barbare, de peur de heurter le toit de la pauvre hutte, se tenait incliné devant le saint. Dieu révéla à celui-ci les destinées glorieuses de l'étranger. Après s'être entretenu un moment avec lui : « Va, lui dit-il, dirige-toi vers l'Italie ; toi qui portes aujourd'hui ces humbles vêtements de peaux de bêtes, tu feras un jour des largesses aux plus grands » *. Ce barbare était Odoacre. Le vainqueur de Romulus Augustule garda toujours de cette entrevue avec le saint du Norique un respect religieux pour les choses saintes. Il voua à Séverin une particulière estime. Lorsque, après la mort de l'apôtre, il transporta en Italie les populations du Norique, Odoacre voulut respecter un désir suprême de son saint ami, qui lui avait demandé que ses restes ne fussent jamais séparés de son peuple. Le corps vénéré de saint Séverin fut déposé dans une villa d'Italie, Mons Feletus, qu'on n'a pu identifier exactement, puis, de là, quelques années plus tard, dans cette villa même de Lucullus, où, relevé par Odoacre, venait de mourir le dernier empereur romain, Romulus Augustule*.
1. Augnste Moli.iiir, Manuel de bibliographie historique, les sources rf» l'histoire de France, Paris, 1901, t. I, p. 410. M. Hermauu Sauppe a pablii en 1877, dans les Monumenta Germanix historica, aucl. antifjui^s., t. L une nouvelle édition critique de la ' ila Severini. Elle diffère d'ailleur». très peu de l'édition des Bollandistes {Acla Sanclorum, VIII januariil. ainsi que le déclare le oavant éditeur, M. G. II., t. I, p. xv. Celte vie •trouve aussi dans Mic»g P. L , t. LXIl, col. 1167-1199.
2 Mi6«i. P. L . t. LXII. col. 1176.
8. Lm disciples de S. Séverin translormèrenk en couvent la yIU* de
22 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGUSE
Mais les barbares ne se montraient pas toiijours aussi reconnaissants. On ne dit pas du reste que saint Séverin en ait converti un seul •. Telle coutume idolâ trique qui semblait à jamais extirpée, renaissait même parmi les chrétiens * ; tel prince barbare, qui avait promis de respecter les chose* saintes, était surpris pillant les biens des pauvres et des captifs '. « Un Ruge croit avoir perdu sa journée, a écrit un auteur ancien qui les connaissait bien, s'il n'a commis quelque mauvais coup ». « Véritables enfants, capricieux, cruels, pleins d'orgueil, dominateurs et fantasques, ces bai bares s'irritaient pour un rien et poussaient la fureur jusqu'aux dernières extrémités. Impressionnables à l'excès, ils tremblaient aussi soudainement qu'ils avaient menacé. On les voyait passer sans transition de l'injure aux prières, astucieux et dissimulés, sachant cacher sous des dehors doucereux les plus noirs desseins. Non qu'ils fussent toujours de mauvaise foi quand ils prenaient un engagement, mais incapables de résister à une tentation ; immanquablement la convoitise était la plus forte *. » Le biographe de saint Séverin nous raconte l'histoire d'un certain roi des Ruges, Fava, et de sa femme Gisa, à qui le saint arrachait les plus belles promesses et qu^ ne les tenaient presque jamais ». C'est la mission qu'aura souvent à remplir la Papauté à l'égard des Barbares. Il faudra des siècles avant que les peuples nouveaux donnent au monde un saint Louis, roi de France, une sainte Elisabeth, reine de Hongrie, une sainte Adélaïde, impératrice d'Allemagne.
;>ifflcult*8 du Les grands obstacles que rencontrait l'Eglise dans la civilirorieau sation décadente du peuple romain se doublaient donc de»
Luciillus. C'est le Pi/zofa!cono actuel. « Le Saint et ses moines héritiers du liue et de lu mo^uifieeiice le Luoullus, s'écrie le P <:rit>ar, voilà bien ua tableau di^^ne de celui dn <>a-ni Kenolt prenant pùsse^^ion de la ville de NéroQ et de celui de saint (^olombun s élnbhsaaut sur les thermes de Luxeuill » (fJisi. d»s Papes, t. I, 2' partie, p. tJà).