‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 6 sur 284 · Boiland., 8]aarl«r, p. i'y · texte numérisé non relu

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4J''ficuUés qu'elle aurait à attendre de la barbarie brutale des /aces nouvelles. Ils se compliquaient aussi des conflits interminables, que rOiient, fécond eu subterfuges suscitait, tantôt pour prolonger les subtiles ramifications des hérésies chi istologic^ues, tantôt pour dresser, en face de la Rome ancienne, découronnée de son empereur, les prétentions de la nouvelle Rome et de son fastueux Basileus *.

En vain le concile de Chalcédoine avait-il, en 451, proclamé la nécessité de confesser un seul Seigneur en deux natures, condamnant ainsi les deux erreurs de Nestorius et d'Eutvchès ; l'esprit de schisme et de révolte ne s'était pas tenu pour vaincu. En 481, l'astucieux Acace, patriarche de ConsLantinople, sous prétexte de cimenter la paix, avait rédigé, de concert avec Pierre Monge, patriarche d'Alexandrie, un nouveau symbole, dans lequel, tout en réprouvant Eutychès et Nestorius, on prétendait abroger le concile de Chalcédoine. En 482, l'intervention hautaine de l'empereur Zenon vint appuyer la révolte des deux patriarches. A la définition du IV* concile œcuménicjue, l'iiutocrate byzantin opposait son fameux Hénoticon (décret d'union), donnant force de loi à la confession d' Acace. L'édit impérial, loin d'apaiser les dissensions religieuses, ne fit que les accroître. Tandis que le Pape protestait contre l'abrogation du concile de Chalcédoine en excommuniant le patriarche de Constantinople, les partisans les plus ardents d'Eutychès aimaient mieux se séparer de leur chef Pierre Monge que de renier leur doctrine monophysite et prenaient le nom d'acéphales (sans tête), en attendant de se subdiviser en sectes multiples et insaisissables. Ce fut l'origne du schisme ax:acien. Même après la disparition de l'intrigant prélat, mort en 489, son nom devait servir de signe de ralliement à tous les ennemis de la foi catholique en Orient, jusqu'au célèbre Formulaire du pape Hormisdas qui, en 519, prononça contre Acace et ses partisans im solennel anathème.

Les Papes que la Providence amena à gouverner l'Eglise à O^intop'*' cette époque se rendirent compte de la gravité de la situation, "^pape" :^* Parer aux plus pressants dangers, préserver le peuple chrétien f- Purifier

1. C'mI lo litn que se donnaient les emperecn de Conetantinoïkp

derniAra ^^^ périls qui lui venaient de la corruption romaine, des incurrewtf* .lu jia- sions barbares et des empiétements bvzantins, telle fut la preîiiioii (j.;.-< mière tâche, en quelque sorte défensive, des pontifes qui se ^ succédèrent depuis la chute de l'empire romain jusqu'à l'avè-

nement de saint Gélase. L'on vit ensuite quatra grands pontifes réaliser une œuvre plus positive : ce furent saint Gélase, saint Symmaque, saint Hormisdas et Pelage I"". Par l'abolition 2. Faire pré- ^^^ Lupercales et par ses institutions liturgiques, saint Gé-

vfiioir leur j^se porta le dernier coup aux coutumes païennes et renouvela

*;ipénorUé : . .

<i.*cij>iinaire la vie chrétienne ; dans le fameux concile de la Palme, samt

Paime). Symmaque vit sa suprématie disciplinaire xiniversellement re-

3. AÉfermir connue ; par la formule célèbre connue depuis sous le nom de

leur autorité j^ormule d'Hormisdas, le Pape de ce nom affirma devant l'Orient

(Formulaire comme devant l'Occident son autorité dogmatique suprême ; et d'Hormisdas). -^ . ^ ,, • ,• ,-i i . • • .•r«

4 Orff niser "^^^S® **') P"^^ ^ organisation qu il donna au patrimoine pontiti-

radmiuistra- cal, traça les règles que ses successeurs devaient suivre dans uioiue poniifi- l'administration du domaine temporel du Saint-Siège. En même do Buini^Svml ^^'^P^ ^^® ^^^ grands événements s'accomplissaient, Dieu maque). préparait, autour du Saint-Siège, comme une armée d'auxi- 5. S'entourer liaires pacifiques et courageux, par la fondation des moines

de aouvenux d'Occident. Mais avant de raconter ces cinq glorieux épisodes 'luxdiaires . .

a;.o*toiiques de l'histoire de la Papauté, il nous faut faire le récit des pad Oocideai). tieûts elforts qui les rendirent possibles.

s. Simpiicius SiMPi.icius *, qui occupa le siège apostolique de 468 à 483,

(468-483). et qui vit la chute de l'empire, paraît avoir uni à un grand

sens pratique beaucoup de fermeté. 11 se préoccupa avant tout

d'organiser le service ecclc'siasticjue, que les a tumultes » *

barbares avaient si souvent troublé.

'J rôorcanise -^^ ^* siècle, le service religieux était célébré à Rome dans

*.« service des vingt-ciiKj églises, dites preshyléraies. C'était ce qu'on appe-

».Mirf-> et des lait des « titres » tiluli, auxquels des prêtres étaient spcciale-

hiisiliques.

1. Il étaîl onginairei de Tibur et fil? df» r^sfin. dit lo fJJjer Ponlif., I,

2. On sait que los Roinaiiis appclaii^nt tumulte l'i-lul de siôgo déclaré à l'oooxA^on d«B attaques soudaines qui oieltaieut l'Etat en péril.

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ment attach«5s. Ce nombre de 2o ^/7u/f devait rester fixe jusqu'à l'an mille.

Mais, autour de ces églises titulaires, s'élevaient, soit à l'intérieur de Rome, soit dans la campagne ro; laioe, un nombre considérable de bâtiments cultuels, de chapelles funéraires, de monuments élevés en l'honneur des martyrs. C'est lu que les chrétiens aimaient à aller demander la force de pratiquer, au milieu des scandales de la Rome païenne, les préceptes évangéliques.

C'était à Rome aussi qu'on venait, de tous les points du inonde chrétien, vénérer les grands souvenirs que renfermaient les basiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul et de Saint-Laurent *. On y accourait d'Afrique, avec saint Fulgence, d'Italie avec saint Paulin de Noie *, des Gaules avec saint llilaire*, d'Irlande avec saint Magniscius, disciple de saint Patrice *. C'est là qu'on venait puiser, comme à sa source, l'esprit chrétien *. Or, les fréquentes incursions des barbares avaient amené des perturbations dans l'exercice du culte. Les catacombes, si vénérées du peuple chrétien, qui leur avait donné le nom de « cimetières des martyrs » ', avaient été gravement endommagées par l'ennemi ; l'insécurité des environs de Rome avait interrompu çà et là le culte liturgique traditionnel sur ces hypogées vénérables. D'ailleurs le clei'v,é romain, qui ne comptait alors que des p^'étres de paroisse, appelés prêtres titulaires ou cardinaux V, ne pouvait suffire au service de ces catacombes et des cimetières en plein air qu'on

1. Ce sont les trois basiliques que mcntionue le Liber Pontifioalis, dans la vie de saial Simplicius (468-483). Lib. Pontificalis, éd. Ducliesue, t. I, p. 249.

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