Jean DrACRE, IV
5. On a parfois à celte occasion accusé saint Grégoire de flatterie et dd iervilité à 1 égard de lempereur. Comment, dit-on, u:i lape a-t il pu ftMiciter de Bon élévation un souverain parvenu au Iro.'ie pur ras.*us.<!iiMf T ('>5l précilément le ca-^actère odieux d un tel acte qui uo doit pas uouâ permettre da
Si, sur la question de la suprématie pontificale, la politique de ^f^i^t Grépoire Grégoire l" prépara celle de Grégoire VII, elle posa les prin- siou des hérécipes dont s'inspira Innocent III dans la répression des hérésies. Nul n'a plus nettement allirmé que saint Grégoire le droit que possède l'Eglise de juger les hérétiques, et le devoir qui s'impose à l'Etat de les réprimer comme perturbateurs de l'ordre social '. Elle est de saint Grégoire celte parole, dont il serait facile à une religion mal comprise d'abuser, et que le Moyen Age inséra dans le Decreium Gratiani, « que la torture du corps doit servir au moins à procurer la santé de l'âme ' ». Il veut qu'on punisse ceux qui, dans le patrimoine de saintPierre, '^Jfjjrœ^e ^leT
sont tombés dans le manichéisme, afin de les rendre à di^^^i^set les ^ . . ' . . . rlevoirs de
l'Eglise '. Il presse les évêques africains de poursuivre les rL:>;l!rf pt dej.
donatistes, et encourage 1 exarque d Atncjue a les réprimer vi- cK-ni à lu régoureusement. Les hérétiques, ce sont, suivant une exprès- ''"'îiéféeiot^** sion qui se rencontre souvent dans ses écrits, « des lépreux* spirituels » qui contaminent le troupeau des fidèles *. Toutefois il paraît bien résulter de plusieurs de ses paroles et de ça manicre générale d'agir qu'il n'entendait appliquer ces principes qu'aux hérétiques de mauvaise foi^. Grégoire reconnaît que « la pureté du cœur peut exister en ceux qui professent des dogmes pervers », et alors il faut agir, dit-il, à leur égard avec beaucoup de douceur ®. Même avec les plus malintentionnés, il pense qu'il n'est pas toujours à propos de sévir, et que « mieux
l'attrihner If'gèrement à saint Grégoire. L'hypothèse la plus vraisemblable est que le Pape ne connaissait pas la vérité sur l'avènetnent de Phocas ou qu'elle ne lui était parvenue que par de vagues rumeurs, qui ne lai permettaient pas de donner un démenti à la lettre officielle de l'empereur. Les nouvelles de iConstantinople mettaient longtemps à parvenir h Rome. Au milieu du II' siècle, l'auteur de la notice sur le pape saint iNicolas, insérée au Liber Pon'ifvalis, ne connaît pas encore l'assitssiûat de l'empereur Michel l'Ivrogne et la déchéance de Photins, qui avaient eu lieu treize jours avant la mort de saint Nicolas. La nouvelle oïlicieiie de ccb évéuements, survenus en septembre S67, ne parvint à Rome, selou Ljs calculs de Mgr Duchesue, qu'au printemps de 868. Libev Ponti/icalis, II, p. 172, note 80.
1. Quod in religionem 'iii-in<tm commutitur, ui, omnium ftriur iujuriam. Cod. 'u-.t., I. 5, de hereiic, 1. lii. Ep. IX. 11, M. G.. H. riefj. VIII, 4.
2. Ep. IX, 65, M. G. H., IX. 204. Décr. Grut,. XXVI, qu. 5, cap. 10.
3 Ep. V, «, 'M. G. U., Rey. V, V. Ep. Vlll, 18, M. G. U., Reg. yUl, 19. Ep. III. 62, M. G. H., Reff. III, 59,