HÉFBLB, nht. des Conc, t. IV, p
2 « Vous êtes assis sur la pierre ferme de la foi, disent les Pères en transmettant au pape Agathon les actes du concile, nous vous laissons le soin de voir ce qui ie?te à faire Nous avons la profession de foi que votre Béatitude a envoyée à notre très pieux empereur ; c'est en nous inspirant de cetlo lettre, écrite par celui qui est au sommet de la hiérarchie apostolique, quo noDS avons chassé l'erreur hérétique et sectaire » (Maasi, XI, 633). Un fait trop peu remarqué, et qui nous paraît avoir une très grande imporlance pour l'éclaircissement de la « question d'IIonorius », c'est que, dans tout le cours de la dispute ronnothélite, 1 1 foi de l'Eglise d'Orient, comme de celle d'Occident, en l'indéfectibilité de la chaire de Pierre s'affirme aussi fort que jamais. Le fléchissement d Ilonorius ne l'a nullement troublée ; on ne la sent pas atteinte par la déplorable faib'esse du pontife. En 643, cinq ans après la mort d'Honorius. l'évèque de Chypre, Sergius, écrit au pape Théodore : « Vous êtes Pierre... destructeur des hérésies profanes... docteur de la foi orthodoxe et immaculée » (Marsi, X, 913). Trois ans plus tard, les évoques d'Afrique, alors province byzantine, écrivent au même Pape : « Votre siège apostolique a reçu, par décret divin, la charge d'examiner et de scruter les saints dogmes de l'Eglise » (Mafsi, X, 921, 922). En 648, Sophrone de Jérusedem conduit au calvaire Etienne de Dora et lui dit : « Jurez moi d'aller tout de suite jusqu'au siège apostolique où sont les fondements de la doctrine orthodoxe • {P. G., t. LXXXllI, col. 3U1 et Bolland , II, 65 et s). On multiplierait facilement les citations. Contentons-nous d'ajouter que les Pères du Concile qui condamna Donorius disaient à l'empereur dans une adresse : « Le chef suprême des apôtres nous assistait. C'était Pierre qui parlait par Agathon ■• (Ma.'^si, XI, 6'i5). A l'issue du Concile, c'est devant le pape Léon II, que le patriarche Macaire et ses amis condamnés veulent plcûUer leur cause (^Lib, Pont., I, 35A-359).
Sur la question d'HoMorius, voir surtout HépÉLé, Hist. des Cono., t. IV, et HiRGiRROBTHiR, Hùt. de l'Effl-, t. II, trad. Bêle t. Le traducteur français d'Héfélé, l'abbé Delarc, a ajouté en appendice da t. IV de VHist. des Conciles, tontes les pièces originales qui ont trait à cette question. Ces pièces sont empruntées & la collection générale des Conciles de Mansi. Voir aussi M'eil et Lot, La cause d'IIonorius, documents originaux avec traduction, Paria, 1870, in-4». Pour la littérature complète de cette question qui a donné lieu à un très grand nombre de publications & l'époque du Concile du Vatican, voir Ulysu» Cbitaluh. Répei-toire des sources historiques du Moyen Agt, Bibliograpliia, T* Honorius.
3. Quelques monothéliles insoumis se réfugièrent dans les montagnes d« Liban Ces monothéliles ^^ont ils les ancêtres des Maronites 7 Les témoignages de saint Germain de Constantinople et du patriarche neetorien Timothée aa Tiii» siècle (P. Q., XCVIII, 82. J. Labodkt, De Timotheo I patriarcfia.
L'Orient, où étaient nées la plupart d'entre elles, avait vu siépfer tous les grands conciles qui les condamnèrent. Les patriarches de Byzance, en s'élevant contre l'orthodoxie catholique,n'avaient fait que grandir l'autorité spirituelle des évêques de Rome. Nous allons voir les empereurs, en s'attaquant à leur personne et à leur territoire, manifester aux yeux de tous et raffermir plus que jamais leur puissance temporelle.
iQ8iiDi«o II. En passant des mains de Constantin IV à celles de Justinien II, le pouvoir impérial avait fait une chute profonde. Justinien II fut un empereur détestable. Présomptueux et malhabile, il passa les dix années de son règne à rêver les plus gigantesques entreprises et à subir les plus retentissants revers. Les plus humiliantes de ses mésaventures lui vinrent de sa politique religieuse. Infatué du titre de Souverain Pontife, que ses canonistes officiels prétendaient justifier en alléguant qu'il avait légalement appartenu à ses prédécesseurs païens, Justinien II prit au sérieux, et même au tragique, ces noms de « docteur de la foi orthodoxe », d' « arbitre du ciel et de la terre », que lui prodiguait la flagornerie de ses courtisans. On le vit ressusciter, pour défendre la foi orthodoxe, les sanglants édits que les empereurs païens avaient jadis portés contre les chrétiens, soumettre à la question et punir de la peine du bûcher les manichéens conformément aux lois de l'empereur Dioclétien '. Le zèle intempestif du monarque oriental ne se
Paris, 1904, p. 18), de Théodore Aboukara au ix« siècle et d'Eutychins d'Alexandrie au xe siècle (P. <?., CXI. 107S, 1091, 1095, 1096, elc! 1 affirment. Mais la vaillante nation maronite, si jalouse de la pureté de sa foi catholique, si lière d'avoir défendu la chrétienté contre les Sarrasins avec un couragj ludoni])lable, se défend d'avoir une pareille ascendance. Et de fait des savanti comme Fauste Naiuor, Dissertatio de origine Moronit ;rum, Simon Ass^cmni, (Bibliotheca Orientulis, t II), Woutfrs (JHst. erc/cv., t. Il, p. 4 5: cnl: '•nnle-t.i les conclusions que l'on lire des ancifiis auteurs La tiièse qui fait descendre la nation maronite d'hérétiques monolhôlites a été soutenue réceinment par le P. Pargoirb VEglise byzantiïKi. p. 109, et par le P. WiHHé {Kchos d'Orient, 1906. p. 257 et s., 344 et s), qui invoque saint Jean Damascène, P. G , XCIV, 143. Elle a été combattue par Mgr Debs, archevêque maronite de Beyrouth (Echos d'Orient, t. V. p. 285).
1. {'btiu.s SicciDS, HUtoria Manichiorutn, c. XI, Miqri, P.. O., t. CiV, ©ci. 12S1-1282,
contenta pas de défendre par le fer et le feu les dogmes existants, il prétendit les compléter. Poxir parachever l'œuvre des V* et VI* conciles œcuméniques, qu'il trouvait insuffisante, Justmien convoqua, de sa propre autorité, un nouveau concile général, que l'on appela, de sa prétention à continuer le V" et le VI® concile, le GDncile Quinisexte (quini-sextum) ou penthecte (itev- ^ coneW» ecxTT)). On le nomme aussi Concilium trullense, ou concile in Qainiêext». Trullo, du nom du palais impérial où il se tint. Les latins lui donnèrent, dès le début, le sobriquet de Synodus erratica^ synode erratique, pour indiquer qu'il ne pouvait prétendre à
f rendre rang dans la série des conciles et synodes légitimes de Eglise. Des cent deux canons de ce pseudo-concile, plusieurs trahissaient la prétention, non-seulement d'accentuer certams usages propres à l'Eglise orientale, mais encore de les imposer à l'Eglise imiverselle. Telles étaient les prescriptions relatives au mariage des prêtres et des diacres (canon XIII et suivants), au jeûne du carême (canon LV), à l'abstinence du sang des animaux (canon LXVII). Le canon XXXVI semblait mettre sur le même rang le siège de Constantinople et celui de « l'ancienne Rome ». Mais ce qui révoltait surtout la conscience chrétienne, c'était la prétention de faire accepter la règle byzantine sous les peines les plus sévères. « Excommunication pour les laïques romains qui se permettraient de jeûner les samedis de carême ; destitution pour leurs clercs qui se mettraient dans le même cas. Déposition encore pour les prêtres et diacres qui refuseraient de cohabiter avec leurs femmes et pour ceux qui le leur interdiraient. Dans ces deux cas, la menace de déposition s'étend évidemment au Pape comme aux autres et même plus qu'aux autres. S'il ne se hâte pas de sacrifier aux prescriptions byzantines les antiques usages de l'Eglise romaine, on le dépossédera de son siège et de sa dignité sacerdotale \ » On était en 692. Le Saint-Siège était occupé depuis cinq ans par le pape Sergius I*"". Après les pontificats très courts de Léon II (682-G83), de Be.noit II (G8i-G8o), de Jean V (685-680) et de CoNON (686-687), qui avaient duré chacun un an à peine, entrecoupés d'interrègnes pleins de troubles, Sergius avait été élu au § , . « milieu de scènes tumultueuses. Mais des deux compétiteurs que (•87-701;.