Sio. Apoll.j XII
i42 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
de Godefroid Kuri.li, « oublièrent leur noblesse et leur littérature et leur vieille Rome, pour aller à cette plèbe barbare qui arrivait, qui allait avoir le sceptre du monde et qui tiendrait dans ses mains les destinées de l'Eglise catholique *. » TAnt^dn Cbm- L'Eglise catholique élait restée plus prospère dans le pays ïtts Francs au occupé par les Francs que dans les autres régions peuplées par la race germanique. Les terribles invasions du v« siècle n'avaient pu détruire les chrétientés du nord de la Gaule et l'arianisme n'avait pas franchi la Loire. Les souvenirs de saint Germain d'Auxerre, de saint Loup de Troyes, de saint Aignan d'Orléans et de leurs miraculeuses interventions, étaient encore vivants, et la plus pure sainteté se per- Saintê Gène- sonnifiait alors, à Paris même, dans sainte Geneviève. Née à Nanterre, vers 423, la vénérable vierge avait près de soixante ans quand le roi Clovis succéda à son père. Elle devait survivre quelques mois au roi franc. La sainte amie de l'évêque de Reims, la pieuse confidente de sainte Clotilde, la libératrice de Paris, ne devait pas être mêlée, d'une manière ostensible, aux grands événements de l'histoire que nous allons raconter. Mais, dans son ombre discrète, l'influence de Geneviève ne doit pas être oubliée. Par l'influence bienfaisante qu'elle exerça sur la reine Clotilde et sur le roi Clovis, non moins que par son dévouement héroïque au milieu de l'invasion barbare, sainte Geneviève de Paris doit conserver devant l'histoire ces titres de mère de la patrie, de mère de la France chrétienne, que la vénération populaire lui a décernés.
Vers 492, quand il eut étendu ses conquêtes jusqu'à la Loire,
le roi des Francs à qui le puissant roi des Ostrogoths, Théodoric,
li«riag« de venait de demander une de ses sœurs en mariasre, voulut s'unir,
à son tour, à une princesse de sang royal. Son choix se porta
sur la fille de Gondebaud, roi des Burgondes, Clotilde.
Clotilde était catholique. Cette union réalisait les vœux de l'épiscopat des Gaules, en particulier de l'évêque de Reims, saint Rémi, et de l'évêque de Vienne, saint Avit. ^lais supposer, comme on l'a fait, que ce mariage a été l'ouvrage de la politique des évêques *, c'est une hypothèse qu'aucun do-