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2. Voir les Conciles d'Orlé.ins en 511, do ('arpentraa en 527, et d'Orléans •n 538.
3 Preihyter rt'jen^ errles'am.. tresbuter àiieesanus, presbyter plebiuif^ Dict. ft" Th<'olnpie de Vacikt. au mot ««)•<?. 4. ImdaRt 01 LA Toun, ''^U'^'ion^ 'l'Iiifioi^-f. xoc'.a'e ^t reliffieure. p. 27'
160 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉCLISE
Ils furent les à instruire les barbares et à les édifier par leurs vertus. Ces prcuijpis arli- ] i i , « .
«su» df-n liber- aumbles prêtres furent aussi les premiers artisans des libertés
B pu iquo!*. publiques. C'est dans les « assemblées de paroisse », présidées par le curé, que le peuple s'initia à la gestion des deniers publics et à la discussion des intérêts généraux de la communauté. Le mouvement communal du ÎSIoyen Ag-e doit plus à la paroisse chréticime qu'au muuicipe romain. Héros inconnus, dont les noms ne figurent [>as même au catalogue des saints, comme si l'humilité devait les envelopper dans la vie et dans la mort, ces pasteurs laborieux des vi°,vii^ et viii® siècles, qui, e\ix aussi, à leur manière, ont « fait la France )),ne méritent-ils pas que le clergé du xx^ siècle se tourne vers eux comme vers les plus nobles des ancêtres et leur offre avec émotion l'hommage que l'histoire a trop souvent oublié de leur rendre ?
Action fift la Au-dessus de l'œuvre des moines, des prêtres et des évoques, nous ne saurions oublier celle do J.i Papauté. La période qui précéda l'avènement de saint Grégoire le Grand nous oiï're, il est vrai, peu de témoignages directs attestant l'intervention des Papes dans la discipline de 1 Eglise de France. Mais on connaît la pénurie des documents concernant celte époque. On sait que toutes les lettres adressées au Saint- Siège par l'épiscopat franc et la royauté ont péri ', et on ne peut mettre en doute la perte d'un grand nombre de lettres pontificales de celte époque. Il est naturel, du reste, que la publication faite aux v^ et vi® siècles de plusieurs codifications de règles canoniques ait rendu pendant un ou deux siècles moins fréquentes les demandes d'intervention disciplinaire adressées au Saint-Siège. Qtielques traits cités par saint Grégoire de Tours montrent toutefois suffisamment dans quels rapports de respectueuse dépendance se trouvait l'épiscopat franc à l'égard du Saint-Siège *. Des considérations analogues doivent être faites sur la période mérovingienne qui a suivi
1. Le Hegistrt! do Paint Gr»5goire sicT<n'» pli^ienrs do ces loltrss, V, 58; VI, 65 ; VIII. 4 ; \l. 10. VJ, 44. 4:, 49, 5U ; .\iU, 7. 9. 2 M. G. H.. II, 1 ; V, 20; X, 1.
l'église chez les peuples barbares 161
la mort de saint Grégoire le Grand. Après Grégoire de Tours, on ne trouve p'us d'histoire à vues quelque peu générales. Quelques chronif|ueurs et quelcjues hagiographes à l'horizon très borné par la province ou par le monastère où ils écrivent : telles sont les seules sources auxquelles nous pouvons nous renseigner ' . D'ailleurs le vu" siècle est marqué par une action puissante des moines bénédictins sur la société, et l'on sait les liens étroits qui ont toujours relié l'ordre bénédictin au Saint-Siège.
Mais la correspondance de saint Grégoire le Grand, malgré Action pp/^ri*ses grandes lacunes, montre surabondamment combien fut goireJ-*. •j:»-!! efficace l'action de la Papauté sur l'Eglise franque. « Saint ""ranoue.^ Grégoire, dit M. Vaes, exerce les pouvoirs qm avaient affirmé l'autorité du siège apostolique au \'* siècle, et avaient été précisés encore au début du vi" dans le sud des Gaules *. » Il veille à la stricte observation des lois ecclésiastiques ' ; il rappelle dans une lettre adressée à l'épiscopat franc les lois concernant les nominations épiscopales, la cohabitation des femmes avec des clercs, et la tenue des conciles provinciaux*. Il juge et censure la conduite de plusieurs membres de l'épiscopat *.
La paternelle sollicitude de samt Grégoire ne contribua pas seulement à faire de la nation franque une nation chrétienne, elle réussit à en faire une nation apôtre. Quand, en 596, il La France, o*envoya le moine Augustin évangéliser l'Angleterre, saint ^^^'^ ai«6.rt. Grégoire le recommanda aux évêques d'Aix, de Lyon, d'Autun, de Tours, et demanda pour lui la protection des princes francs • ; c'est en Gaule qu'Augustin reçut la consécration
1. MoLiNin, Les touraes de V histoire de trance, tome V, p. tiii-xx. Dom PiTRA, Hist. '/« saint Léger, p. ti, tu.
2 Vaïs, La papauté et l'égltst- franque, dans Rev d'hist. eccl., t. VI, p. 782, 1905). La page ci dessus ne (ait que résumer deux savants articlea de M. Vaes, parus en lJ05 daus la Revue d'histoire ecclésiastique, da Louvain.
3. Il est généralement admis qu'an v« siècle le Pape exerçait en Gaule une anto.-ité législative et judiciaire suprême. Lcbsiho, Gesohichte de* deutsehen Kirchenrerhts. tome II, p 62.