‹ Histoire générale de l'Église (volume 3)Chapitre 91 sur 284 · César, Comment., V · texte numérisé non relu

César, Comment., V

t. u Les Bretons, dit Tacite, pouvaient k la rigueur supporter les vexations» mais, quoique domptés, ils préféraient la mort & la servitude. » Si injuries mdsint, has ce^re tolérant, jim. domiti, «t pereant, nonlun ut serviant (^Julii Agy-v oLœ vila, .VUi, 9/.

3. IMuïiieurs savants, cjnjectarent que Pelage a constrait son système à Kouie Dom (^ABnot, L'Angleterre chrétienne, Paris, 1909, p 32.

K Une grande partie des Jutes s clait f.xért sur la presqu'île appelée depuis Jutland. Quatre chefs saxons fondèrent quatre royaumes : ceux de Kent, de Sossex, de W essex et d'Essex. Les Angles fondèrent trois royaumes: ceux de Rorttiumbrie, d'Est-Anglie et de .Mercie ou We«t Aaglie. Les sept royaumes constituèrent ce qu'on a appelé dans l'histoire l'Hcptarchie nnglo-saxonre. El'e

foulé les Bretons devant eux. « Juste châtiment des anciens crimes I s'écrie, dans son style étrange, un des témoins de ce désastre, le moine Gildas. D'une mer à l'autre mer s'étala l'incendie, dévastant les villes et les campagnes, et ne s'arrêtant que lorsque sa langue rouge et sauvage eût léché à peu près toute la surface de l'île, jusqu'à l'océan occidental » *, « Les prêtres étaient massacrés, dit le Vénérable Bède, on pourchassait par le fer et le feu l'évêque et son troupeau, et personne n'était là pour ensevelir les cadavres mutilés *. » L'évêque de Londres, Théonus, et l'évêque d'York, Tadioc, gagnèrent les montagnes galloises avec les débris de leurs chrétientés. Beaucoup, s'entassant dans des barques de cuir, avec leurs prêtres et leurs bardes, parvinrent en Armorique* et jusqu'en Espagne. Des nombreux monuments de la foi chrétienne élevés par les vieux Bretons sur le sol de leur pajs il ne subsista guère que la petite église, plus tard dédiée à saint Martin, que la piété vénère aujourd'hui encore à Cantorbéry.

Mœnrg «îps L^ race nouvelle apporta en Grande-Bretagne les mœurs des Anglo Saxon?, peuples de Germanie, leur organisation politique et leur mythologie, avec quelque chose de particulièrement âpre et brutal, mais aussi de singulièrement viril. Ces grands hommes aux yeux bleus *, aimaient à répéter les vers de leurs poètes, célébrant « les champs de bataille où le sang ruisselle, et les repas où l'on mange le cœur de son ennemi, et les lieux maudits où la vague noire monte jusqu'aux nuages », mais ils aimaient aussi les poèmes où la grave pensée de la mort n'a rien qui épouvante, et quand ils chantaient l'amour, c'était un

comprenait l'Argleterre actuelle, moins le paya de Galles, plus la partie mi* tiO' .aie de l'Ecosse.

1 Gildas, De excidio Britannice. Migri, P. L., t. LXIX, p. 329. Pmii, M uumenta britaniiica histortra, p. 14.

2 BàDi, Hist. eccl Mioni, t. XCV, col. 44.

3. Ce fut un bienfait pour notre Bretagne française, qui conserve avec vénération le culte des saint évoques qui lui ont apporté la foi : saint Brieuo, saint Pol, saint Corentin, saint Malo.

4. Coerulei oculi, maijna corpcra, dit Taciti, Le mor, Germ , c. rr.

l'église chez les peuples barbares 165

amour sérieux et fidèle, qui deviendrait facilement l'amour

chevaleresque '.

C'est pourquoi leur aspect, farouche dans l'ardeur de la

bataille, éveillait, au repos, de profondes sympathies. Saint

Grég^oire. rencontrant au Forum déjeunes Anglo-Saxons. avait

regretté « que la grâce de Dieu n'habitât pas sous ces beaux

fronts ». Ne pouvant les évangéliser lui-même, il avait dési- '>» nais^anci» • 1 o • * 1 11 <^* iaint An-

gne quarante mornes au ceuvent de Samt-Andre, pour aller gusiin.

porter à ces peuples la lumière de l'Evangile. Ces moines étaient tous d'origine modeste. « C'était des hommes craignant Dieu », dit simplement le Vénérable Bède. On ne connaît rien de particulier sur l'origine et sur la vocation de celui qui, prieur du couvent de Saint-Andié, devint le chef de la mission. Il s'appelait Augustin. Nous savons, par la correspondance de saint Grégoire, que la petite troupe, en traversant la Gaule, où le Pape l'avait recommandée à plusieurs saints évêques, se trouva subitement découragée. Des bruits effrayants circulaient autour d'eux, parmi le peuple, sur ces terribles conquérants de la Grande-Bretagne, que l'historien Procope lui-même présente comme des êtres à moitié fantas- Saint Anjrii»tiques et très malfaisants. Les bons moines, habitués à la tranquille vie de leur monastère, se troublèrent. Augustin, leur chef, fut obligé d'aller demandera Rome de nouvelles instructions. Il en revint avec la lettre suivante, dont la calme et confiante énergie réconforta les missionnaires : « Avec grand soin, mes très chers fils, disait le Pape, vous devez mener à bonne fin ce que vous avez entrepris, par la grâce du Seigneur. Que ni la fatigue du voyage, ni les langues méchantes ne vous effiaient. Obéissez en toute humilité à votre chef Augustin, qui revient à vous... Je ne puis travailler avec vous : puissé-je, du moins, me trouver, pour prix de mes désirs. dans la joie de la récompense ! Mes très chers fils, que Dieu a^ous garde * » !

Augustin était porteur d'autres lettres de saint Grégoire. L'une de ces lettres était adressée à la reine Brunehaut, alors

i. Voir plusieurs de ces cliants dans Auçu lin TaiïB'T. IJLtoire de la, con» qvAtf d-- l'Aiiglet. par Un Normands, t I, p. 1^;1 de la 3» édition.

v; M r, H. /î«7. Greffor.,\[,ib. Miosi, t. LXXVIl, col. 8J6. B4di, ^wt. KiOPi, XCV. col. 53.

à l'apogée de sa puissance. Le Pape, en des termes pleins de déférence ', recommandait à la haute protection de la reine d'Austrasie ses quarante missionnaires. Tout l'hiver de .^96- 597 fut employé f» traverser la Gaule. Au printemps de l'année 597, un navire, monte par Augustin, par ses moines et par quelques prêtres de race franque destinés à lui servir d'interprètes, remonta l'embouchure de la Tamise et aborda à l'île de Tanet. Une lettre fut aussitôt envoyée au roi de Kent, Ethelbcrt,lui annonçant que des messagers venus de Rone lui apportaient, à lui et à son peuple, la bonne nouvelle du royaume de Dieu.

Ethelberi roi Augustin, renseigné en Gaule, connaissait l'histoire de ce reiaa'Berihe.^ jeune roi Anglo-Saxon, ardent et fier, ambitieux et droit, qui, sept ans auparavant, était A-^enu chercher une alliance parmi les princesses catholiques de la cour des rois de France. Une arrière-petite-fille de sainte Clotilde, digne descendante de l'épouse de Clovis, Berthe, fille unique et orpheline du roi de Paris, Caribert I", et de l'infortunée reine Ingoberge, avait consenti à unir sa destinée à celle du monarque païen. Elle avait emmené avec elle comme chapelain le pieux évêque de Senlis, Luidhard. Dans la petite chapelle de Cantorbéry, dernière relique de Téglise bretonne, que le roi mit à sa disposition et qu'elle dédia au patron des Gaules s;iint Martin, la reine Berthe trouva, avec le souvenir de sa patrie, la consolation du culte de nos pères.

Le roi, que ses entretiens avec la reine et l'évêque Luidhard avaient sans doute déjà prévenu en faveur du christianisme, jugeait encore toutes ces questions de religion avec ses préjugés de barbare. 11 accepta une conférence avec les messagers de Rome, mais en plein air, de peur, dit-il, d'être victime t!e quelque maléfice que pourraient lui jeter ces inconnus *. Le

i. Le ton général de la correspondance de sa'nt Grégoire le Gvûiid aver !« reine BruTi' haut a étonné plusieurs historiens Comm nt, dit on, un pape a til pu prodiguer les élog s à Ia terrible et -a!ij;uiiiaire reine d'Auslrnsie? Mais une criliquo mieux inforniée a rôlmhi!i!é. s non la politique de Pnuieh.iut, qui fut celle de 1 atiboluti?me royal, au moins sou cj-ractère, qui fut unMe. et sa vie privée, qui fut sons tache. V Kohtb, lirv,.cliaiii. ila:i> R des qu. '<;>( . t L, p 5 et sniv., 1891, et I'FI^T^■H, dans IJixi de h', de l.AViïi», t. II. l" pîirtie, p. 14S U9. Dfiillours la lettre de saint Gegoi.e a é!é ccrilo avant l'époqi.e où 8e placeraient le3 crimes rcruoehéi à la reine d'Ansha-ie.

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