L EGLISE EN PORTUGAL, ESPAGNE, RUSSIE, SUISSE ET ITAI-IK :2 1 Q
liou. Nous espérons au contraire qu'elle continuera de prospérer et portera des fruits de plus en plus abondants ». *
En réalité Rosmini avait fondé deux œuvres distinctes : l'Institut des Frères de la Charité et celui des Sœurs de la Providence. Les Les Frères Frères de la Charité devaient avoir pour but, « tout d'abord leur delà Charité, propre sanctification, et, par le moyen de cette sanctification, toutes les œuvres quelconques de charité, avant tout, celles qui ont pour objet le salut éternel des âmes » ^. La souplesse de ce but devait permettre à la Société de s'adapter, suivant les circonstances, aux besoins des temps et des lieux. Le pieux fondateur avait voulu introduire, dans l'organisation de sa Société, une plasticité pareille. Caradèro
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Vivant en commun comme des religieux, pratiquant comme eux jg i^ nouveiia une stricte pauvreté dans leur manière de vivre ^, les Frères de la fondation. Charité conserveraient, comme les prêtres séculiers, la propriété de leurs biens individuels, à la condition de ne les employer qu'à des œuvres de piété ou de charité *. Les Frères de la Charité se répandirent bientôt, non seulement en Italie, mais aussi à l'étranger, surtout en Angleterre, oii ils provoquèrent beaucoup de conversions au catholicisme.
Les Sœurs de la Providence, approuvées par les mêmes Lettres Les Sœur.< apostoliques, en iSSg, que l'Institut des Frères, à titre de commu- ^^^^dTla'^^ nauté agrégée, avaient été d'abord réunies par l'initiative du Père Providence, Lœwenbriich, un des premiers disciples de Rosmini, qui en remit bientôt la direction spirituelle et temporelle entre les mains de son supé-
I. LocKHART, Vie de Rosmini^ Irad Segoud, p. 557-558. — Voir U condamnation des erreurs rosnolniennes dans Di-Nzi.iGER-BANHWART, n. iSgi-igSo. Le but de Rosmini était de combattre le sensualisme et le subjectivisrae par l'exposé d'une philosophie reposant, d'une part, sur l'observation positive des faits, et atteignant, d'autre part, la réalité intellectuelle au delà de la réalité sensible, le non-moi er Dieu au deli du moi Rosmini remarque que, si l'on observe avec attention les phéuuiXfènes ,de connaissance, on trouve forcément, au fond de chacun d'eux, un éléoicrl ccnrmun : l'élre, l'être indéterminé et universel : les choses sont ceci ou ctio, mais ellas sont quelque chose. Or l'être se présente à nous sous trois formes • sous la forme d'un sentiment, sous la forme d'une idée ou sous la forme d'uik lapport entre le sentiment et l'idée. D'où trois grandes divisions de la philosophie rosmi,.ienne : réalité, idéalité, moralité. La doctrine de Rosmini a été condamnée comme entachée d'ontoiogisme. Sur la philosophie de Rosmini, voir Palhoriès, liosnim-, un vol. in S», Paris, 1908 ; E. Second, Œuvres de Rosmini, traduites en français, 3 vol. inrSo, Paris, 1888 ; Trlllet. Examen des doctrines de Rosmini, trad; SUve.tre de Sacy, un vol. in-80, Paris, 1898 ; Dullelin critique, t. XIV, 1698; p. 3o9-3i3 ; Revue du clergé français, t. LIX (1909). p. 309-818. 2. Art. 3 de la règle (Behnasconi, U, 303).
3 Art. a3-a8 (Bernasconi, 11. 365).
4 Art. ai (Bernasconi, II, 365).
rieur. Les succès qu'elles obtinrent dans les diverses œuvres qui leur furent confiées, notamment dans l'éducation des jeunes filles, fit demander de tous côtés les maesire rosminiane^ comme on les appela. On en comptait plus de six cents en 1888. Introduites en Angleterre, en 1843, par lady Mary Arundell, fille de la pieuse marquise de Buckingham, elles y ouvrirent plusieurs pensionnats déjeunes filles appartenant à la haute aristocratie et à la bourgeoisie anglaise, et plusieurs écoles pour la classe pauvre ; elles se chargèrent également du L'œuvre soin des malades dans les hôpitaux, de la visite des malades chez /n Angleterre ^^^' pratiquant, selon les instructions de leur fondateur, « l'union de la vie contemplative avec la vie active et avec le genre de vie active qui est à la fois le plus simple, le plus humble et le plus laborieux » *. Le bien qu'elles réalisèrent 4ans ces différentes oeuvres, l'estime qu'elles y acquirent secondèrent puissamment le travail des missions que prêchèrent les Pères Gentili et Furlong dans tous les centres catholiques d'Angleterre, et contribuèrent beaucoup au progrès de la renaissance religieuse dans ce pays.