I. iMoNTALEMBERT, ŒuvreS, t. I, p
a. La portée de la lutte des catholiques pour la liberté de renseignement lui ^cha[)pa toujours. 11 ne comprit jamais les convictions religieuses de Monlalemberl, hillant à la Clhambre pour détendre sa foi. Il avait coutume de demander quand M. (le ^fontalembc^l entrerait dans le» ordres. Il appellera la discussion sur !a liberté d'enseignement « une querelle de cuistres et de bedeaux ».
3. l-onis-Philippe assistait chaque dimanche à la messe daus une chopclle, mail lani bruit et sans cérémonie.
Rïanife» talions
diverses
de l'esprit
voluirien.
Le
chansonnier Béranger.
Le tLéâtre.
Lt presse.
C'est à partir de i83o que les plus grands poètes de l'époque, Lamartine et Victor Hugo, tournèrent au rationalisme déiste ; et de bons critiques ont pensé qu'entre l'émancipation de l'imagination qui s'exprima par le romantisme d'alors, et l'émancipation de la raison individuelle qui ressuscita le voltairianisme, il n'y eut point simple coïncidence, mais intime relation *. Un homme d'un talent médiocre, au style « incolore et banal » ^, et, en même temps, d'une telle popularité que « nul écrivain de ce temps, pas même Victor Hugo, ne put rivaliser alors avec sa gloire » 3, le chansonnier Déranger, que Chateaubriand lui-même, cédant au courant général, osa comparer à La Fontaine, à Horace et à Tacite *, exprimait à merveille l'esprit sceptique, gouailleur et satisfait de la bourgeoisie triomphante. Dans son Dieu des bonnes gens, souriant et facile, Sainte- Beuve, sceptique à son tour, reconnaissait u un Dieu comme Voltaire le rêvait en ses meilleurs moments o ^. « Béranger exprimait de son mieux les idées du bourgeois de son temps ; de là son succès ^. Autour de lui, ce fut un déchaînement de caricatures outrageantes pour le clergé, de pièces de théâtre dont les titres seuls étaient une injure à la religion. « A la Gaîté, on jouait le Jésuite ; au Vaudeville, k Congréganiste ; à l'Ambigu, les Dragons et les Bénédictines, de Pigault-Lebrun ; à la Porte Saint-Martin, les Victimes cloîtrées '^. » Dans la presse, le Constitutionnel, le Temps, le Courrier, le Commerce, avaient disparu avec le gouvernement qu'ils avaient renversé, et le Globe ne lui avait pas survécu plus de deux ans. Mais, du Journal des Débats, qui se faisait déjà gloire de réunir dans sa rédaction les talents littéraires les plus remarquables, au Charivari, pamphlet périodique plein de verve et d'insolence, la presse la plus répandue, dans le camp constitutionnel comme dans le camp libéral, sous le style plus mesuré des uns, plus violent des autres, n'avait pas répudié l'esprit de Voltaire ; elle l'exprimait seulement d'un ton plus
1. F. BuuRETiÈRE, Manuel de Vhist. de la lUt. française, p. 454 et s.