‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 114 sur 374 · I. Lenni^, au congrès catholique de Mayence, en · texte numérisé non relu

I. Lenni^, au congrès catholique de Mayence, en

a. Déjà, en 1802, la grande littérature catholique s'était enrichie de la Symbolique de Mœhler, œuvre capitale, qui mettait en regard, pour en faire une antilhèsô vivanlo, la logique calholique et la logique protestante. Tout le plan de cet ouvrage puissamment construit, se trouvait dans cette phrase de son auteur : « Pourquoi l'Eglise catholique conçoit la justification comme elle la conçoit, et ne peut pas la concevoir autrement, et pourquoi, inversement, l'Eglise protestante doit concevcir la juslificcition comme elle la conçoit, c'est là ce que personne ne pénètre, faute de comprendre l'enchûtnement organique de toutes les doctrine!, ù

lique, OD du moins prenait une teinte plus confessionnelle. « Autour des premiers tableaux des « Nazaréens », les deux confessions chrétiennes semblaient s'être juré une sorte de trêve de Dieu : une ville aussi protestante que Francfort conviait le catholique Veit à venir diriger son musée. Cette trêve est désormais dénoncée... En i845 et i846, Marlin Dcutinger, le prêtre philosophe de Munich, publie deux volumes d'esthétique, dans lesquels il montre comment la conscience esthétique a besoin, pour s'épanouir, de la révélation divine. Culte et art, pour Deutinger, sont les deux points culminants de la civilisation ; et l'esthétique elle-même invite l'art à devenir le dévot de la révélation^. »

La vie rayonnante du catholicisme exerçait son influence sur les protestants eux-mêmes. L'historien Frédéric Hurter, auteur d'une son influence Vie d' Innocent III qui avait enthousiasmé Montalembert, se conver-

sur

lei! protestants tissait à Rome en 1 844 • Plusieurs de ses coreligionnaires, tout en eux-mêmes, restant en dehors de l'Eglise romaine, faisaient admirer sa majesté, sa beauté, la fécondité de ses œuvres à travers l'histoire. Le poète Novalis chantait la Sainte Vierge, et l'historien Boehmer, l'éditeur des Regestes du vieil empire, saluait dans la papauté un préservatif souverain coiilre le <( despotisme militaire ».

La renaissance

catholique

exerce

L'Eglise en France,

En racontant l'histoire du réveil catholique eu Allemagne, nous avons eu plus d'une fois lieu de constater l'écho qu'il rencontrait en France, parmi la jeune école dont le comte de Montalembert était l'organe le plus éloquent. Là aussi une génération nouvelle, ardente, passionnée pour la liberté de l'Eglise, avait surgi et s'affirmait au grand jour. « Permettez-moi de vous le dire, Messieurs, s'écriait Montalembert à la Chambre des Pairs, le i6 avril i844, il s'est élevé parmi vous une génération d'homrhes que vous ne connaissez pas. Quon les appelle néo-catholiques, sacristains, uitramontains, comme on voudra, le nom n'y fait rien, la chose existe... Au milieu d'ua peuple libre, nous ne voulons pas être des ilotes. Nous sommes les successeurs des martyrs, et nous ne tremblons pas devant les succes-

l. GOTA.U, op. cil., p. 323-2^4.

L*ÉGLTSE EN ANGLETERRE, EN ALLEMAGNE ET EN FRANCE 2\5

seurs de Julien l'Apostat. Nous sommes les fils des croisés, et nous ne reculerons pas devant les fils de Voltaire *. n

Commentée mouvement catholique s'était-il formé en France, an milieu de quelles difficultés et de quels écueils avait-il grandi, quelle était son action, vers quel but marchait-il ? C'est ce qu'il nous reste à exposer, pour donner sa physionomie complète au grand pontificat de Grégoire XVI.

Bien que les débuts de la monarchie de Juillet eussent été marqués Politîqu©

. , • I • ru •!• religieuse d«

par des attaques violentes contre la religion, le roi Louis-Philippe LouJ,. n avait pas inauguré une politique ouvertement hostile à l'Eglise. Philippe. Personnellement sceptique, ou, tout au moins, peu soucieux des questions religieuses, n'en percevant aucunement la vraie portée 2, il comprenait, par instinct et par expérience, le danger qu'il y aurait pour le pouvoir à s'aliéner une puissance telle que celle du clergé, à troubler la conscience des catholiques. « Il ne faut jamais, disait-il, mettre le doigt dans les affaires de l'Eglise ; il y reste. » Il aurait voulupratiquer,àrégarddu catholicisme, cette politique de non-intervenlion qui fut son programme dans les relations internationales, m Plein de bravoure personnelle, a écrit Guizot, Louis-Philippe était timide en politique ^. » Il laissa donc faire ses fonctionnaires, sea ministres, ses magistrats, ses préfets, lorsque ceux-ci, imbus de préjugés haineux contre l'Eglise catholique, exercèrent des vexations locales, permirent ou excitèrent des soulèvements populaires contre le (( parti prêtre », ainsi qu'on disait alors.

La lutte que l'Eglise avait à soutenir en France n'était vraiment .^^V^

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pas, comme en Allemagne, une lutte directe contre le pouvoir, mais 5^ lut^g

une lutte contre des doctrines et des passions envers lesquelles le gou- (lescatholic|uc# . ... • r •! I r ' \ c^ Franc* :

vernement montrait une excessive faiblesse, parfois une secrète com- l'espn'i

plaisance. Ces doctrines et ces passions prenaient deux formes : celle voltairien

de l'esprit voltairien, très répandu dans les classes bourgeoises, et révoluiion-

celle du socialisme révolutionnaire, très en faveur parmi les classes nairo. pop nlc( ires.

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