‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 137 sur 374 · r 1 T 111.- (aojuin i · texte numérisé non relu

r 1 T 111.- (aojuin i

sammeut libérale, comme son auteur. Le monopole de 1 enseignement primaire était supprimé, la concurrence ouverte. Les Frères dea Ecoles chrétiennes bénéficiaient de lexemption du service militaire au même titre que les instituteurs laïques. La capacité d'enseigner élait reconnue à tout cougréganiste qui présentait une kttre d'obédience de ses supérieurs. Cette dernière disposition était un témoignage de confiance donné aux supérieurs des congrégations enseignantes, qu'on supposait justement préoccupés de répondre aux légitimes exigences des familles et aux besoins de l'enseignement par le bon choix de leurs instituteurs.

Ce témoignage de confiance n*était pas, d'ailleurs, un fait isolé. Amélioration

. . . . Q6S rapports

Li ne amélioration notable s'était produite dans les rapports de l'Eglise entre l'Eprise

cl de l'Etat en France. En celte même année i833, le gouvernement ^^ lEui.

laissait, sans élever aucune protestation, l'abbé Guéranger restaurer

à Solesmes l'Ordre bénédictin, reconnaissait hautement les droits du

clergé catholique sur les bâtiments affectés au culte ^, et n'apportait

aucune entrave aux œuvres des Pères de la Compagnie de Jésus : si

bien que le chargé d'affaires du Saint-Siège à Paris, Mgr Garibaldi,

1. LACORDiinB, CELwrfs, édll. Poussielgue, t. VTI, p. i63-i64. a. Monileur de janvier et de mai i833. — Guizol donnait une allocation anniicllo âui bénédlcliiis de Solesmes pour la continuation de la Gallia cliristia'ia.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

disait : « Nous obtenons du roi Louis-Philippe ce que tout autre

gouvernement nous aurait refusé *. »

Toutefois Cette assertion, en tant qu'elle visait la personne de Louis-Phi-

le roi se , . " • . • j , . , , , ,

montre hostile "PP^^ ^ était vraie que d une manière générale. Il était une question

au sur laquelle le roi se montrait particulièrement réfractaire aux rccla-

mouvement . i t w • i . i i i-,

dirigé contre mations cattioliques : c était la question de la liberté d'enseignement ;

le monopole et la loi du 28 juin i833, si justement nommée loi Guizot, était bien en effet l'œuvre du ministre et pas celle du roi, qui ne l'avait acceptée qu'à son corps défendant. Aussi, lorsque, en i84o, une société ecclésiastique se forma « pour dénoncer le monopole universitaire à la France libérale et à la France catholique » sous la présidence d'un ancien disciple de La Mennais, l'abbé Rohibacher, et même lorsque, l'année suivante, le nouvel archevêque de Paris, Mgr Affre, dans son premier mandement, se prononça, en des termes pleins de mesure, pour « une liberté d'enseignement soumise aux seules restrictions réclamées par l'intérêt de la religion, des mœurs et de l'instruction )),le roi manifesta qu'il désapprouvait ces démarches^. D'autre part, il se défiait d'une Université trop puissante ; il n'était point fâché de la contrebalancer par une concurrence prudemment réglée. Un projet de loi sur l'enseignement secondaire, présenté aux Chambres en i84i parle ministère Guizot, répondait à ces préoccupations ; mais, loin d'apporter la paix, il déchaîna la bataille.

Page 1