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On sait que l'Ethiopie est le noia ancien de l'Abjssinie

320 HISTOIRE GÉMÉRALE DE l'ÉGLISE

ne tardèrent pas à lui gagner la sympathie du peuple et même de plusieurs chefs. Malgré les multiples obstacles élevés par le respect Immain et les liens de famille, deux petites communautés de fidèles se formèrent bientôt près de Massaouah et dans la ville d'Adoua. En i846, un modeste séminaire fut fondé à Gouala, et quatre églises paroissiales furent érigées dans l'Agamié. « Un soufïle de grâce irrésistible passait sur cette région. De plus, des aides arrivaient au gecours de l'ouvrier faiblissant sous le surcroît de labeur: le P. Biancheri, lazariste, et, en 1846, Mgr Massaia, vicaire apostolique de la nouvelle mission galla, avec plusieurs Pères Capucins, qui lui prêtèrent leur concours, en attendant que la route des pays galla leur fût ouverte ^. » Mais, à ce moment, un évêque copte, l'abouna ^ Salama, connu par la dissolution de ses mœurs et la violence de son fanatisme, avait déjà, par ses critiques, soulevé une persécution contre les missionnaires. Poursuivies, traquées par des hordes de brigands, les communautés catholiques furent obligées de se disperser. Toutefois les efforts des ennemis de l'Eglise romaine furent impuissants à détacher des missionnaires la sympathie respectueuse des populations. De nouveaux centres d'apostolat se formèrent, qui furent la consolation de Mgr de Jacobis, sacré évêque par Mgr Massaia, en i85i.

L'évangéli- L'Algérie et l'Abyssinie furent les points de départ d'où les mis-

du centre sionnaires du xix* siècle, suivant ou devançant les explorateurs et les de l'Afrique, armées d'Europe, s'élancèrent à la conquête du continent africain. Le pape Grégoire XVI n'en vit pas les résultats j mais il put en saluer les prémices.

« La Providence, en effet, écrit un des apôtres de ce pays, Mgr Le Roy, préparait une ère nouvelle pour le grand continent noir. En même temps que les puissances d'Europe allaient se le partager, il fallait que de nouveaux apôtres surgissent pour les précéder ou pour les suivre. Ce mouvement, qui allait marquer la fin du xix^ siècle, fut des plus modestes à son origine, et partit du séminaire de Saint- Sulpice. Il y avait alors en cette maison deux jeunes créoles, Frédéric Le Vavasseur, originaire de l'île Bourbon, et Eugène Tisserand, d'Haïti. Ayant vu de près le lamentable abandon dans lequel vivait la race noire, ils firent part de cette situation à l'un de leurs aînés,

I. CouLBEAUx, dans les Missions catholiques de Piolet, t. II, p. 31, a. Abouna, métropolitain dans l'Eglise éthiopienne.

GRÉGOIRE XVI 827

François Libermann, né à Saverne en i8o3 et récemment converti Le Vénérable du judaïsme à la foi chrétienne. Peu après, en i84i, une nouvelle et la

congrégation se fondait, la Société du Saint-Cœur de Marie, qui, Congrégaiioa réunie sept ans plus tard à celle du Saint-Esprit, a depuis porté ce Saint-Esprit, double titre. Le premier soin du fondateur, mort en i852 et depuis déclaré Vénérable, fut d'évangéliser les noirs des colonies, alors encore soumis à l'esclavage, et de les préparer doucement à la liberté. L'apostolat du P. Laval à l'île Maurice est resté justement célèbre. Plus tard, par les soins du P. Libermann, les colonies françaises de la Réunion, de la Guadeloupe et de la Martinique furent érigées en diocèses, et la nouvelle Société fit son entrée sur la terre africaine. Celle entrée se fît sous le patronage de l'évéque de Cbarlestown, Mgr England. Ce prélat, excité par l'activité des protestants d'Amérique, qui venaient de fonder Libéria, avait appelé, dès i833, l'attention delà Propagande sur cet état de choses, et le concile de Baltimore avait appuyé sa démarche. Sept ans après, son vicaire général, M. Barron, visita lui-même la côte d'Afrique, et fut nommé, à son retour, vicaire apostolique des Deux-Guinées. Mais où trouver des missionnaires ? Ce fut alors que, dans le sanctuaire de Notre- Dame- des-Victoires, à Paris, il fut mis providentiellement en relations avec le P. Libermann, qui se demandait où envoyer ses fils, et lui fournit immédiatement sept coopérateurs. Les missions d'Afrique étaient reprises, et ne devaient plus être abandonnées *. »

L'Amérique elle-même avait alors grand besoin d'être évangé- Les missionf

lisée. de l'Amérique

du ISord.

Le Native Amerlcanism, dont nous avons parlé plus haut *, essayait de soulever, contre les catholiques des Etats-Unis, une véri- Persécutions table persécution. « On tenta de les exclure des charges civiles. A sou e>ec5 Philadelphie, en i843, des églises furent détruites et le sang coula* catholiques. à Boston, en i844, le couvent des Ursulines fut livré aux flammes et la ville menacée de guerre civile. La même année, New -York

I. Mgr Le Rot, dans le Dict. do Vaca:«i , l. I, col. 544-5^5. Pour plus de détails, voir Gard. J.-B. Pitra, Vie du /?. P. Libermann, un vol. in-80, Paris, a« édition,

a. Voir plus haut, p. 157.

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HISTOIRE GÉNÉRALE DE i/ÉGMSB

Organisation de l'Eglise

des Etats-Unis :

!• par

la réunion

de conciles

provinciaux,

3° par

la création

de nouveaux

diocèses,

3o par

la fondation

de nouvelles

missions.

n'échappa qu'à grand'peine à de sanglantes collisions. Une presse haineuse répandait partout les soupçons et les calomnies. La question des écoles surexcitait encore davantage les sentiments anticatholiques de la population protestante. L'Eglise se trouvait sérieusement menacée dans son existence sociale ; elle avait besoin de réunir toutes ses forces contre les dangers, sans cesser pour autant de se développer au milieu du prodigieux accroissement de la nation *. » Trois moyens principaux furent employés pour remédier à la situation : la réunion de fréquents conciles provinciaux, la création de nouveaux sièges épiscopaux et l'organisation de nouvelles missions, généralement confiées à des religieux. De i833 à 1849, six conciles provinciaux se tinrent à Baltimore. C'est dans la seconde de ces assemblées que fut adopté, avec l'approbation de Rome, un mode de nomination des évêques, complété, en i884,p<ir les décrets du troisième concile national *. Les principaux évêchés érigés aux Etats-Unis par Grégoire XVI furent ceux de Vincennes, de Détroit, de Pittsburg, de Nashville, de Dubuque, de Natchez, de Little- Rock, de Chicago, de Milvyraukee, de Hartford, de Buffalo, d'Aïbany, de Cleveland. Le premier évêque de Vincennes fut Mgr Brute de Rémur, prêtre de Saint-Sulpice, qui avait accompagné Mgr Flaget en Amérique en 1808. « Quand Mgr Brute prit possession de son siège, tout était à créer. Son clergé se composait de quatre ou cinq prêtres. Il n'avait qu'une cathédrale en bois, non achevée, une autre église en planches et quelques chapelles provisoires. Son peuple, compose de 26 à 3o.ooo catholiques, était dispersé sur ua territoire vaste comme le quart de la France ^. » Grâce à son zèle, à celui de son digne successeur, Mgr de la Hailandière, et au dévouement des missionnaires qui se firent les collaborateurs de l'un et de l'autre, les Pères Petit, Desseville, Buteux, Benoît, Schoeffer, la statistique du diocèse de Vincennes put énumérer, à la fin de l'année ï84a, trente-six missionnaires, cinquante-trois églises ou chapelles, un collège tenu par les eudistes, trois écoles dirigées par les Sœurs de la Providence, deux écoles fondées par les Frères de Saint-Joseph. En i844, l'évêque avait le bonheur de constater que presque tous les catholiques remplissaient leur devoir pascal et assis-

I. G. AnDRié, dans \e Dict. de Ya.gawt, t. I, col. io57-io58. a. Sur le mode de nomination des évêques aux Etats Unis, voir ibid,, col. ioG3» lo64-

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