‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 152 sur 374 · Voir plus haut, p. i3o · texte numérisé non relu

Voir plus haut, p. i3o

J^PiONKAU, Vie de Mgr Dupuch, premier évéque d'Alger, un vol. in 8» Paris.

5 Paroles d'Abd-el-Kader à l'un de ses prisonniers. (Thlreau-Dahgin. Hist d* la Mon. de Juillet, t. 111. p. 5\i).

0 Moniteur du i-y ioùt i83a. Le Journal des Débats ayaU dit gravement que,

Erection

de 1 evêché

d'Alger

Mgr Dupuch, évêque d'Alger.

de la religion

catiiolique

dans le diocèse

d'Alger.

Utile pour bien des raisons, entre autres pour conquérir l'estime des indigènes, d'organiser en Algérie le culte catholique. Des pourparlers engagés avec la cour de Rome aboutirent à l'érection à Alger d'un évêché, qui dépendrait de l'autorité métropolitaine de l'archevêque d'Aix. Une bulle de Grégoire XVI, datée du 9 août i838 et promulguée en France par le Moniteur du 5 août, consacra olïiciellôment cette érection. Peu de temps après, le pape désignait, pour occuper le nouveau poste, un jeune vicaire général de Bordeaux, i'abbé Antoine Dupuch.

Né dans l'ancienne capitale de la Guyenne en 1800, d'une honorable famille de négociants, Antoine Dupuch avait d'abord été, comme étudiant en droit et comme avocat, un des membres les plut zélés de la Congrégation que dirigeait alors le P. Ronsin. Gomme pour plusieurs de ses jeunes camarades, la pratique des œuvres de charité avait été pour lui le prélude d'une vocation plus haute. En «82a, il était entré au séminaire de Saint-Sulpice, et, une foie prêtre, il avait dépensé, dans son diocèse d'origine, soit comme mis- •ioniiaire, soit comme directeur d'oeuvres, soit comme vicaire Ifénérai, une activité apostolique qui le désignait pour les plus hautes et les plus délicates fonctions. « M. l'abbé Dupuch, disait, au lendemain de sa nomination, VAmi de la Religion, est très propre à créer à Alger tout ce qui manque. » Or les lacunes du nouveau diocèse étaient immenses, a Quand Mgr Dupuch débarqua en Algérie, il ne trouva à Alger qu'une seule église, desservie par un seul prêtre, dépourvue des objets nécessaires au culte, et un établissement de Sœurs ; à Cran, un prêtre âgé et épuisé ; à Bône, une chapelle misémble, un prêtre zélé, mais sans ressources, cl le commencement d'une communauté de Sœurs. Rien autre dans toutes ces possessions ^ » a Evêque sans clergé, au milieu d'un peuple infidèle ou incrédule ; appuyé a Paris par le roi, à Alger par le gouverneur général, mais ayant contre lui une bureaucratie intraitable; repoussé par l'indifférence des riches ; trop pauvre, malgré les dons nombreux des fidèles de France », Mgr Dupuch ne fut d'abord que

par suite de la conversion des Arabes, la couleur locale disparaîtrait, ce qui serait bien dommage. « Il est sûr, répliqua Louis Veuillot, que nous y perdrions ces pittoresques coups de fusil qui accidentent U marche de nos troupes. Car on devrait comprendre que les Arabes ne seront à la France que lorsqu'ils seront Français ; ils ne seront Français que lorsqu'ils seront chrétiens; et ils ne seront pas chrétiens tant que nous ne le serons pas nous-mêmes. » I. Thureau-Damcim, op. cit,^ t. III, p, 54i.

GREGOIRE XVI

« le plus tracassé des administres * ». Mais son zèle fut infatigable. Un an après son arrivée, il avait vingt-cinq prêtres, huit églises, sept chapelles, un séminaire, huit écoles, deux orphelinats et un hôpital indigène. En i8/|0, une mosquée lui fut concédée pour être transformée en cathédrale. La fondation de plusieurs maisons d'enseignement et de charité par les Religieuses Trinitaires de Valence, dans la ville d'Oran ; celle d^une maison du Bon-Pasteur aux environs d'Alger en i8/i3; celle d'un pensionnat des Dames du Sacré- Cœur à Mustapha, peu de temps après ; et la bienfaisante fondation de la Trappe de Staouéli en i845 ^, comptent parmi les œuvres les plus fécondes du zélé prélat. Quand, abandonné par le gouvernement, il dut, au bout de dix ans d'apostolat, rentrer en France, il laissait derrière lui quatre-vingts prêtres, cent quarante religieuses^ soixante églises ou chapelles, un séminaire, des écoles chrétiennes, des hôpitaux militaires, des pénitenciers, des associations de dames de charité, toute une floraison d'œuvres évangéliques, et il avait posé les bases des principales fondations auxquelles ses deux grands successeurs, Mgv Pavy et le cardinal Lavigerie, devaient donner un si grand éclat.

Pendant l'année qui suivit l'entrée de Mgr Dupuch en Algérie, une autre vieille terre chrétienne d'Afrique, l'Abyssinie, perdue pour l'Eglise et tombée dans le schisme depuis deux siècles, recevait à son tour un grand missionnaire, le P. de Jacobis.

Un explorateur français, Antoine d'Abbadie, qui avait pu, en 1837, pénétrer au cœur de l'Ethiopie ^, et qui avait été frappé de la profondeur et de la délicatesse des sentiments religieux des habitants, s'était rendu à Rome afm de communiquer à la Congrégation de la Propagande le résultat de ses observations. La création d'une mission en Abyssini^ fut décidée, et la direction en fut confiée à un prêtre de la Mission, originaire de Naples, le P. de Jacobis, qui débarqua à ^L1ssaouah, en 1839, avec le titre de préfet apostolique. La douceur, la patience, l'inépuisable charité de ce véritable apôtre,

Fondations

diverses réalisées par

le zèle de Mgr Dupuch»

La Trappe

de Staouéli

Les missioQi d'Abjssinie.

Mgr de Jacobis.

I. Louis VBUtLLOT, les Français en Algérie ^ un vol. in-80, Paris, 6' édition, i863, p. 397 Les soldats firent génàralemenl bon accueil au nouvel évêque. Un capitaine quelcjue peu lettre lui adressa même un compliment en vers, qui débutait ainsi : Illustre successeur du grand saint Augustin, Qui fut martyrisé, dit-on, sous Constantin.

-. Bbrsakgb, Dom François-Ri'gis, fondateur de la Trappe de Slaouéli^ un vol u-8«, Paris.

Page 1