‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 220 sur 374 · Ibid., p. 36o-36a · texte numérisé non relu

Ibid., p. 36o-36a

HISTOIRE G^VÉRALE DE l'^GLISE

Napoléon IH {il octobre

Mgr Donnet,

archevêque

de Bordeaux

Son portrait.

Il harangue l'empereur, et lui rappelle courageusement ses promesses louchant la souveraineté temporelle du pape.

entier ^ dénoncèrent à leur tour, dans des mandements, dans des lettres publiques, les injustices et les violences dont le chef de l'Eglise venait d'être l'objet.

Le II octobre 1869, l'empereur, traversant la ville de Bordeaux, dut entendre, de la bouche du prélat qui occupait le siège archiépiscopal de cette ville, une protestation qui, par les circonstances au milieu desquelles elle se produisit, fut plus retentissante encore. L'opinion publique, avertie qu'à la réception des autorités officielles, des discours allaient être prononcés, attendait impatiemment les paroles que ferait entendre le chef de l'important diocèse de Bordeaux, Mgr Donnet.

C'est une singulière figure que celle du cardinal Ferdinand Donnet, archevêque de Bordeaux. Les légendes, les fictions, les mystifications étranges dont il plut à ce prince de l'Eglise d'agrémenter son existence quotidienne, défraieront longtemps les conversations du clergé bordelais. On eût dit que sa nature puissante, se trouvant à l'étroit dans le domaine du réel, avait besoin de déborder dans l'imaginaire. Mais les singularités de sa vie entretinrent sa popularité sans nuire à son prestige. Pendant quarante-huit ans d'épiscopat, trente ans de cardinalat, les constructions d'églises, les manifestations du culte, le recrutement des vocations sacerdotales, furent les objets constants de son zèle infatigable. H eut le sens avisé des situations, des opportunités, et, plus d'une fois, celui des interventions courageuses- Pour le diocèse de Bordeaux, qui se glorifie d'avoir vu passer sur son siège métropolitain plusieurs princes de l'Eglise d'un mérite éminent, le cardinal Donnet est resté, par excellence, « le cardinal 0.

Appelé à haranguer le prince, le prélat commença par le louer de ses récentes victoires. Il le félicita ensuite d'avoir « rendu au Vicaire de Jésus-Christ sa ville, son peuple et l'intégrité de sa puissance temporelle )).I1 lui souhaita enfin « de rester fidèle à cette politique chrétienne ». « Nous prions, s'écria-t-il, avec une confiance qui s'obstine, avec une espérance que n'ont pu décourager des événements déplorables, de sacrilèges violences. Le motif de cet espoir, dont la réalisation semble aujourd'hui si difficile, après Dieu, c'est vous, Sire, qui avez dit ces paroles mémorables : La souveraineté temporelle du chef vénérable de l'Eglise est intimement liée à

la CuA^ïuEL, Annales, p. 366 cl s«

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DE LA nuLLE IncffabUls a l'encyclique Quanta cura 4Gi

l'éclat (lu catholicisme comme à la liberté et à riiulépendaiice de

l'Italie *.)) L'empereur, visiblement embarrassé, répondit que « le Réponse

. . I f 1 r. • r^» * évasivc de

gouvernement qui avait rappelé le Samt-1'ere sur son troue ne pou- l'empereur, vait lui faire eniendre que des conseils imposés par un sincère et respectueux dévouement à ses intérêts » ^.

Deux mois plus tard, le 22 décembre iSSq, paraissait une bro- Apparition

1 , 1 ., 1, 1 1- • '1 A • de la brochui

chure que tout le monde attribua, des sa publication, a la même ins- ^g p^^g piration et à la même rédaction que la brochure de février intitulée «' le Congrès Napoléon III et L'Italie. L'œuvre nouvelle avait pour titre : LePape et i85y). le Congrès. Elle avait été effectivement inspirée par Napolcoi III luimême et rédigée par M. de la Guéronnière 3. Avec un n.éldnge singulier de formules respectueuses et de hautaine pitié, l'auteur conseillait au pape de réduire son domaine à la ville de Rome et à la campagne voisine. Le pontife gouvernerait ainsi sa petite famille en père. Etait-il capable, du reste, d'administrer une nation? Bref, l'auteur prétendait, comme on l'a dit, « réduire le Saint-Père à la vigne de Naboth, sans réprimer chez ses voisins les convoitises d'Achab » *.

La publication de cette brochure, dont le retentissement fut immense, marquait une date dans la politique religieuse du second empire. Le i^' janvier 1860, Pie IX, recevant le général de Goyon et les officiers du corps d'occupation, exprima l'espoir que l'empereur

« condamnerait les principes contenus dans la bi'ochure », qu'il Profestaiion

in ^ • . iM • • r Al w 1 de Pie IX

qualiiia de « monument insigne d hypocrisie » ^. rsapoleon, dans une contre les idées

lettre au pape, qu'il data du 3i décembre, mais qui ne fut publiée que exprimées

, . . . . , par

le n janvier suivant, exposa, en termes empreints de respect, la brochure

qu'« il s'était trouvé impuissant à arrêter l'établissement du nouveau (^^^ janvjcr

régime » et laissa entendre que, si le pape consentait a taire le sacrifice des Romagnes, le reste de l'Etat pontifical lui serait garanti. Lettre de

^.,, •. , 1 > 1 r • 1 1 • 1 1 I 1 • Napoléon III

L était abandonner a la tois le ton hautain de la brochure et une partie ^ Pie iX. de ses prétentions ^. Pie IX répondit « qu'il ne pouvait pas céder ce qui appartenait, non pas à lui, mais à tous les catholiques » ; que,

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