‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 224 sur 374 · CUANTHEL, p · texte numérisé non relu

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HISTOIRE GliNKRALE DE L EGLISE

Echec de cette «combinaison ».

Traité

de Turin,

cédant

le comté

de Nice

et la Savoie

à la France

(34 mars

Portée

politique

de ce traité.

L;i présence

d'un corps

de troupes

françaises

à Kome ne

garantit pas

suffisamment

riiiclépendance

du Saint-Siège.

Le monde

cherche à pourvoir

à cette

Saint-Siège K Ce plan ayant été rejeté, comme il était facile de le prévoir, et l'empereur faisant mine de contrecarrer d'une autre manière les projets du Piémont, Cavour ne s'effraya pas. « Dans quelques jours, disait-il, nous recevrons de France, sur tout cela, une sorte « d'ultimatum à l'eau de rose ». « L'empereur montre les dents, disait un autre Italien ; mais ce sont des dents artificielles. » Comme conclusion de tous ces pourparlers, le 24 mars i86u, le représentant de la France, Benedetti, et le comte de Cavour signèrent à Turin un traité par lequel l'Italie cédait à la France le comté de Nice et la Savoie, sous la condition d'une ratification de cette cession par le suffrage populaire. Le mois suivant, le vote des habitants de ces contrées ratifia le traité. On dit qu'en signant l'acte qui détachait de l'Italie le berceau de la dynastie de son pays, Cavour eut un instant d'émotion. Mais il reprit aussitôt sa sérénité. « Cette cession était, au fond, comme une sorte de paiement qui dispensait de la gratitude et autoriserait peut-être de nouvelles entreprises ^. » En se retirant, le ministre sarde souligna la signification du traité. S'approchaut du chargé d'affaires de France, M. de Talleyrand 3, il lui glissa ces mots à demi-voix : « Eh bien, monsieur le baron, désormais nous voilà complices. »

Un corps de troupes françaises était toujours à Rome, officiellement chargé de défendre, contre toute attaque, les Etats pontificaux. Mais « d'abord la protection n'était que partielle : 1res ellicace à Rome et dans l'ancien patrimoine de saint Pierre, elle ne couvrait ni matériellement ni même moralement les territoires situés au delà de l'Apennin... Puis, le protecteur s'autorisait de ses services pour donner ses avis, pour conseiller des réformes... En outre, les Français avaient une manière à eux de soutenir le pouvoir pontifical ; ils ne manquaient aucune occasion de témoigner leur respect à Pie IX ; mais, avec une affectation très marquée, ils séparaient le pontife de son entourage... Le Saint-Père et ses conseillers étaient trop fins pour ne pas sentir ces nuances *. » Il était visible que le gouvernement pontifical ne jouirait d'une entière indépendance que lorsqu'il pourrait disposer, d'une part, d'un budget suffisant à son entretien et

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